Art dégénéré : épisode du podcast Un hiver avec Matisse

Le couturier Jacques Doucet l’ayant jugée « trop avancée pour lui » , racontera Matisse, le collectionneur allemand Osthaus acheta La Fenêtre bleue en août 1913, doublant Chtchoukine. Sous un voile bleu all-over adopté après les séjours au Maroc de 1912-1913, c’est la fenêtre des Matisse dans leur chambre d’Issy-les-Moulineaux. « La Fenêtre bleue » , catégorisé ensuite art dégénéré par les nazis

En 1913, La Fenêtre bleue est la réponse de Matisse au cubisme analytique ; il joue avec le54 bleu de Cézanne, ainsi qu’avec sa division verticale de l’espace. Les objets, à la manière des miniatures persanes, ne se détachent pas du fond. Si Matisse utilise le miroir noir posé sur la cheminée, quelle vue de l’intérieur de la chambre reflète-t-il cependant ? La Fenêtre bleue fait la paire avec un tableau plus tardif et moins audacieux, La Courge (vers 1916), où l’on retrouve le montant vertical de la fenêtre, le triangle jaune du pignon de l’atelier, la lumière du soir, les ombres du jardin, et un potiron posé sur la cheminée.

La Fenêtre bleue a été confisqué au musée Folkwang de Essen en 1937 par le régime nazi, vendu aux enchères en juin 1939 parmi cent vingt-six peintures et sculptures d’art dit dégénéré par la galerie Fischer de Lucerne en Suisse, et acheté pour le MoMA par Alfred Barr, son visionnaire directeur.

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Source de l’article : Radio France