Arboriculture : quelles cultures encaissent le mieux les années sèches au Maroc ?

Dans un contexte marqué par la récurrence des déficits pluviométriques, la question de la résilience des cultures arboricoles est devenue centrale pour les producteurs marocains. Les données FAOSTAT 2024 permettent d’apporter un éclairage objectif sur ce sujet, en analysant la capacité de certaines filières à maintenir un niveau de production malgré des conditions climatiques défavorables. En croisant surfaces récoltées, volumes produits et rendements moyens, les écarts de comportement entre cultures apparaissent nettement.

Arboriculture marocaine en 2024 : surfaces, production et rendements

Culture Surface récoltée (ha) Production (tonnes) Rendement moyen (t/ha) Olivier 1 238 815 1 079 874 0,87 Pommier 47 609 852 161 17,9 Oranger 45 051 719 208 16,0 Amandier 246 275 163 616 0,66

Source : FAOSTAT, données 2024 – FAO

L’olivier demeure la culture arboricole la plus emblématique du Maroc, tant par son extension territoriale que par son rôle socio-économique. En 2024, plus de 1,23 million d’hectares sont récoltés, pour une production avoisinant 1,08 million de tonnes. Le rendement moyen, inférieur à 1 tonne par hectare, peut sembler faible, mais il traduit avant tout la vocation extensive de la culture. Implanté majoritairement en zones de bour, l’olivier démontre une capacité remarquable à survivre et à produire, même en année sèche. Cette régularité relative, malgré des rendements modestes, constitue un indicateur clé de résilience.

L’amandier présente un profil comparable, mais avec une résilience plus fragile. En 2024, la surface récoltée atteint 246 275 hectares, pour une production de 163 616 tonnes, soit un rendement moyen d’environ 0,66 t/ha. L’espèce est bien adaptée aux zones semi-arides et de montagne, mais les données FAOSTAT confirment une forte sensibilité aux aléas climatiques, notamment aux gels tardifs et au stress hydrique pendant la floraison et la nouaison. La production reste possible en conditions difficiles, mais au prix d’une grande variabilité interannuelle.

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À l’opposé, le pommier affiche des rendements élevés, avec près de 18 t/ha en moyenne nationale en 2024. Cette performance repose sur des systèmes de production intensifs, souvent irrigués et techniquement bien maîtrisés. Toutefois, cette efficacité productive ne rime pas nécessairement avec résilience climatique. Les vergers de pommiers, principalement situés en zones de montagne, sont fortement exposés aux épisodes de gel et aux pénuries d’eau estivales. Les chiffres FAOSTAT montrent ainsi une filière performante, mais structurellement vulnérable dès que les conditions climatiques se dégradent.

Les agrumes, et en particulier l’oranger, confirment leur statut de culture à haut rendement, avec 16 t/ha en moyenne en 2024. Cette stabilité apparente s’explique par une irrigation quasi systématique et une technicité avancée. En revanche, la dépendance à l’eau constitue le principal facteur de fragilité de la filière. En période de restriction hydrique, la résilience des agrumes repose moins sur l’adaptation physiologique de l’arbre que sur la capacité des exploitations à sécuriser l’irrigation.

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L’analyse comparative des données FAOSTAT 2024 met ainsi en évidence deux formes distinctes de résilience. Les cultures extensives comme l’olivier et l’amandier affichent des rendements faibles, mais une capacité à maintenir une production minimale en conditions sèches. Les cultures intensives, telles que le pommier et les agrumes, génèrent des volumes élevés par hectare, mais leur résilience dépend fortement des intrants, en particulier de l’eau.

Source de l’article : AgriMaroc.ma