Après le microdosing, les tech bros américains ont une nouvelle passion : s’injecter des peptides
Longtemps cantonnés aux crèmes anti-âge pour lisser angoisses et ridules, les peptides passent à la vitesse supérieure. Désormais, des biohackers et membres de la tech américaine se les font injecter pour tout optimiser, de leur croissance musculaire à la qualité de leur sommeil, comme le relate un récent article du New York Times.
Un internaute, familier de la pratique dans le milieu du bodybuilding, s’est dit surpris de la voir surgir du côté de l’intelligence artificielle lors d’un week-end passé à San Francisco, en juillet dernier. « Ce que j’ai appris durant ce long week-end à San Francisco, c’est que toutes les élites ont un fournisseur de peptides chinois » , affirme-t-il sur le réseau social X.
Peptides : mode d’emploi
Les peptides sont de courtes chaînes d’acides aminés, à la base des protéines, qui agissent comme des messagers dans le corps. Ils donnent des instructions aux cellules et orientent leur comportement. Naturels à l’origine, ils peuvent aussi être reproduits en version synthétique et la médecine s’appuie dessus depuis un peu plus de 100 ans. L’insuline a ainsi ouvert la voie dès 1921 dans le traitement du diabète, et aujourd’hui, des traitements pour la perte de poids comme Ozempic utilisent un peptide qui imite le GLP-1, une hormone intestinale pour aider à réguler la glycémie.
Ces chaînes d’acides aminés auraient aussi bien envahi des communautés de hackers que des bureaux de startups, rapporte le quotidien américain qui évoque des raves dédiées aux peptides rencontrant un large succès. Ainsi en a-t-il été d’une soirée organisée le 13 décembre 2025 dans un bâtiment de San Francisco dédié aux nouvelles technologies – la Frontier Tower, avec un DJ animant la rave sur des rythmes techno et des injections à gogo de poudres mélangées à de l’eau stérile.
Des substances à risque
Depuis 2023, la Food and Drug Administration – l’équivalent de l’ANSM en France – a durci l’accès à plusieurs peptides populaires en les classant comme substances jugées à risque. Malgré les critiques publiques de ce classement par Robert F. Kennedy Jr., l’actuel secrétaire américain à la Santé, rien n’a changé côté règles : une partie des biohackers et des technophiles se rabat sur des fournisseurs chinois, via des flacons destinés à la recherche, au mépris de la réglementation.
Ces substances non éprouvées sont donc vantées sur la base de témoignages sur les réseaux sociaux pour leurs propriétés : le BPC-157 pour la récupération articulaire, le GHK-Cu pour la peau et les cheveux, le TA-1 pour l’immunité, le Selank pour calmer le stress, le Semax pour un coup de fouet cognitif, et la liste est encore longue.
Dans une partie de la Silicon Valley, les peptides incarnent l’idée de l’expérimentation ultime, sans besoin d’un aval médical ou fédéral avec un objectif d’auto-optimisation sans limite. Ainsi va la nouvelle promesse du rêve américain : non plus seulement réécrire le monde, mais retoucher le corps à coups de protocoles.
Source de l’article : Numerama



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