Agriculture : la région Fès-Meknès engage un virage résilient sous des auspices pluviométriques favorables
Après plusieurs années de sécheresse, la campagne agricole 2025-2026 s’ouvre sous des horizons favorables dans la région Fès-Meknès. Portée par un cumul pluviométrique de 275,7 mm au début janvier, la dynamique de semis s’accélère avec 78% du programme automnal déjà réalisé. Ce rebond s’accompagne d’un regain d’optimisme notable chez les producteurs.
La campagne agricole 2025-2026 dans la région Fès-Meknès marque une rupture avec les années de sécheresse précédentes. Portée par une pluviométrie généreuse et une adoption croissante des techniques de conservation des sols, l’activité agricole régionale affiche des indicateurs de performance en nette progression. L’état des lieux à début janvier confirme une dynamique de reprise pour les principales filières végétales.
78% du programme automnal déjà réalisé
Les opérations de semis des cultures d’automne connaissent un avancement soutenu qui tranche avec les difficultés des exercices antérieurs. La Direction régionale de l’agriculture rapporte un taux de réalisation global de près de 78% sur un programme total fixé à 790.505 hectares. Les surfaces emblavées atteignent ainsi 618.495 hectares en début janvier.
Les céréales d’automne conservent leur prédominance dans l’assolement régional avec 519.085 hectares semés dont une part importante de 265.775 hectares consacrée au blé tendre. Le compartiment des légumineuses alimentaires affiche également une progression notable. Il couvre désormais 34.370 hectares et atteint 69.% des objectifs fixés. La culture de la fève porte principalement cette dynamique. Les cultures fourragères totalisent quant à elles 64.820 hectares.
Ce chiffre correspond à 82% du programme prévisionnel et permet de reconstituer un stock vital pour le cheptel régional. La préparation des sols a concerné une superficie massive de 793.474 hectares. L’exécution mécanique de ces travaux sont réalisés grâce à l’engagement technique des producteurs dès l’arrivée des premières précipitations.
Un cumul pluviométrique moyen de 275,7 mm
Le retour des pluies constitue le facteur déterminant de l’amélioration de la situation agricole régionale. La moyenne des précipitations cumulées au 5 janvier s’établit à 275,7 mm à l’échelle de la région. Ce volume dépasse largement les 219,0 mm enregistrés à la même date lors de la campagne précédente.
La répartition spatiale de ces apports hydriques favorise particulièrement les zones à haut potentiel céréalier. La province de Meknès enregistre un cumul de 424,4 mm tandis que la province d’Ifrane atteint 350,5 mm. Les zones plus arides comme Boulemane bénéficient aussi d’apports importants de l’ordre de 133 mm.
L’impact agronomique de ces précipitations s’avère immédiat sur le développement des cultures. Les pluies de début janvier ont permis une levée homogène pour les variétés semi-tardives et favorisent un tallage dense des céréales précoces. La biomasse fourragère connaît une reprise rapide et réduit ainsi la nécessité pour les éleveurs de recourir à l’achat d’aliments de bétail sur le marché.
59.000 hectares convertis au semis direct
L’un des faits marquants de cette campagne réside dans l’adoption massive des pratiques de l’agriculture de conservation. La technique du semis direct couvre désormais 59.231 hectares dans la région. Elle s’applique principalement aux céréales sur une superficie de 57.308 hectares.
Ce chiffre illustre une transition structurelle des exploitations vers des méthodes préservant la structure du sol et son humidité. L’irrigation de complément joue par ailleurs un rôle de sécurisation pour une partie de la production. Plus de 20.000 hectares de grandes cultures bénéficient de ce mode de conduite dont 12.000 hectares de céréales et 6.900 hectares de fourrages.
La diversification des assolements se poursuit avec l’introduction de cultures comme le colza sur 220 hectares et le développement des plantes aromatiques et médicinales en semis direct. L’ensemble de ces paramètres techniques et climatiques configure une campagne agricole placée sous le signe de la réhabilitation du potentiel productif régional.
Bassin du Sebou : Un taux de remplissage de 51,22% sécurise les ressources
L’amélioration des indicateurs hydrologiques se confirme au niveau des infrastructures de stockage du bassin du Sebou. Selon la situation arrêtée au 5 janvier 2026, le volume global des retenues s’établit à 2.845,06 millions de m³. Le taux de remplissage moyen du bassin atteint ainsi 51,22%, enregistrant une hausse significative par rapport aux 37,39% observés à la même date l’année précédente.
Cette embellie hydrique concerne les ouvrages stratégiques pour l’irrigation régionale. Le barrage Al Wahda affiche un taux de remplissage de 54,49%, cumulant près de 1,9 milliard de m³. Le barrage Idriss Ier, infrastructure clé pour les périmètres agricoles, voit ses réserves passer d’un taux de 23,94% en 2025 à 41,10% actuellement. Le barrage Allal Al Fassi maintient, quant à lui, un niveau optimal de 99,23%. Ces réserves confortent la capacité de la région à assurer les dotations nécessaires aux cultures irriguées.
Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



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