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Agadir : ce que prévoit la gestion déléguée de la Vallée des oiseaux

Le Conseil communal d’Agadir procèdera, ce jeudi, à la validation du cahier des charges relatif à la gestion déléguée du parc de la Vallée des oiseaux. Le vote, inscrit à l’ordre du jour de la deuxième séance de la session ordinaire de février 2026, fixe le cadre opérationnel pour le futur repreneur privé. Ce document technique définit les obligations de gestion pour cet espace de trois hectares, dont la rénovation a nécessité un investissement public de 70 millions de dirhams.

Faisant partie du troisième axe du Plan de développement urbain (PDU), dédié à l’aménagement urbain et à la promotion de la zone touristique d’Agadir, le réaménagement urbain et paysager de la Vallée des oiseaux est un projet dont la livraison est particulièrement attendue.

Objectif : améliorer l’offre d’animation touristique et culturelle de la destination Agadir et redynamiser la Vallée des oiseaux, sujette à de nombreux dysfonctionnements ces dernières années. Le Conseil communal d’Agadir examine, ce jeudi, lors de la deuxième séance de sa session ordinaire de février 2026, le cahier des charges relatif à la gestion déléguée de ce parc.

Ce document définit les conditions techniques, financières et juridiques qui encadreront l’exploitation de cet espace de trois hectares, dont la rénovation s’inscrit dans le cadre du Programme de développement urbain (PDU) 2020-2024.

Ce passage à la gestion déléguée du Parc de la Vallée des oiseaux marque un changement de mode de gouvernance pour ce site. Le contrat, d’une durée prévue de dix ans, impose au délégataire de se constituer en société de droit marocain avant la signature finale.

La grille tarifaire annexée au cahier des charges

Sur le plan financier, le modèle économique prévoit que le financement des opérations sera réalisé par le Délégataire, lequel se rémunérera par le biais des redevances perçues auprès des usagers, à travers le respect de la grille tarifaire. Celle-ci intègre les visites du parc, l’exploitation des cafés, restaurants, commerces et d’autres prestations des services ainsi que les recettes des activités d’animation.

En contrepartie, le versement d’une redevance à la commune peut également être envisagé. La grille tarifaire annexée au cahier des charges fixe le prix d’entrée à 30 DHS pour les adultes et 20 DHS pour les enfants âgés de 5 à 12 ans, tandis que l’accès demeure gratuit pour les moins de cinq ans. Des tarifs spécifiques sont instaurés pour les familles, soit 90 DHS pour deux adultes et deux enfants, ainsi que pour les étudiants (25 DHS). Les groupes scolaires de plus de dix personnes bénéficient d’un tarif de 15 DHS par personne. Toute révision ultérieure de ces prix reste soumise à l’accord écrit préalable de la commune.

Par conséquent, le Délégataire est tenu d’assurer, à ses frais exclusifs et pendant toute la durée du Contrat, la gestion et le maintien en bon état du patrimoine animalier du parc. À ce titre, il doit notamment assurer l’entretien quotidien des animaux, ainsi que les soins courants nécessaires à leur bien-être, dans le respect des normes nationales et internationales. Il doit aussi mettre en place et appliquer un programme de nutrition adapté aux besoins et régimes alimentaires de chaque espèce ou groupe d’espèces, en tenant compte des exigences de la captivité.

La distinction entre biens de retour et biens de reprise

Dans le détail, la gestion déléguée fait la distinction entre les biens affectés au service public en « biens de retour » et « biens de reprise » , chaque catégorie étant soumise à un régime juridique et comptable spécifique.

Les biens de retour comprennent l’ensemble des biens, meubles et immeubles, indispensables au fonctionnement du service et destinés à revenir obligatoirement au Délégant à la fin du contrat. Ils sont inaliénables, demeurent la propriété du Délégant et comprennent notamment les terrains, bâtiments, installations, équipements et aménagements du site, en plus des animaux du parc, y compris ceux nés ou acquis en remplacement durant la gestion. En font également partie les systèmes d’information, progiciels de base et infrastructures de communication ainsi que les études réalisées pour le service.

Pour ce qui est des biens de reprise, ce sont ceux acquis ou constitués par le Délégataire pour l’exploitation du service. Ils demeurent sa propriété, sous réserve de leur usage conforme aux orientations du Délégant. À la fin du contrat, ce dernier peut exercer une option d’achat sur tout ou partie de ces biens, à leur valeur nette comptable déterminée à l’amiable ou par expertise. En cas de biens pris en location, les contrats doivent prévoir la faculté pour le Délégant de se substituer au Délégataire.

Les observations du ministère de l’Intérieur

À noter que ce passage à la gestion déléguée a été appuyé par les observations du ministère de l’Intérieur, transmises par la wilaya de la région Souss-Massa. Elles sont à l’origine de la refonte de plusieurs dispositions visant à garantir la viabilité et la légalité de l’Appel à la concurrence ainsi qu’une mise en conformité du projet de gestion déléguée.

Sur le plan juridique, le ministère a exigé que le contrat soit régi exclusivement par la loi n° 54-05, précisant que le décret relatif aux marchés publics ne s’applique pas aux contrats de gestion déléguée. Sur le plan technique, il a été demandé d’intégrer les plans de masse, l’inventaire détaillé des espèces animales et le système de gestion des déchets incluant la collecte sélective.

Le ministère a également insisté sur la mise en place de programmes de désinfection validés par le ministère de la Santé, l’assurance de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite et l’obligation pour le délégataire de se constituer en société de droit marocain. Enfin, parmi les autres observations soulevées, l’Intérieur a imposé la séparation stricte entre le règlement de service (opposable au public) et le règlement intérieur (propre au délégataire).

Ouverture de la Vallée des oiseaux en mai 1989

La vallée des oiseaux, dont la réalisation a nécessité un investissement de près de 70 MDH par la SDL Agadir Souss-Massa Aménagement (SASMA), a été ouverte au public en mai 1989. Elle comptait plus de 500 espèces d’oiseaux ainsi qu’une cinquantaine d’animaux provenant de différents continents. Elle disposait de plusieurs points de vente (cafés, kiosque tabac/ journaux, boutique souvenirs, …).

Les espèces animales anciennement présentes dans la Vallée des oiseaux ont été transférées vers d’autres parcs relevant de la tutelle des Eaux et Forêts, lesquels ont assuré la conduite de cette opération. La quasi-totalité de ces animaux étaient d’un âge avancé et présentaient un état de santé fortement dégradé.

Ce projet est basé sur le concept de la zoo-immersion, qui entend plonger le visiteur dans six espaces différents, à la rencontre de plusieurs types d’oiseaux et d’animaux originaires des cinq continents avec plusieurs composantes : cafés, restaurants, lacs, cascades,deux grandes volières (africaine et américaine), un bâtiment technique, une passerelle aérienne et des loges pour 500 animaux de 69 espèces différentes.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

Source de l’article : LesEco.ma