Accrochage Beye-Samba, Al-Tamari ému par une réflexion de son coach : la soirée mouvementée de l’élimination rennaise à Marseille
Décidément, les confrontations entre l’OM et Rennes sont sources d’agitation. En août, le vestiaire marseillais s’était fissuré après le déplacement au Roazhon Park (0-1). Mardi, c’est côté Rouge et Noir qu’il y a eu de l’animation en marge du revers (0-3) au Vélodrome. Le club breton considérait ce match avec importance en raison de l’élimination précoce du PSG, mais il a déçu dans les grandes largeurs alors qu’il affrontait un Marseille pas si reluisant.
Rennes n’a pas donné l’impression de jouer un match de Coupe et ses intentions n’en finissent plus de poser question. 9-0, c’est ce qu’il vient d’endurer en trois matches, de Lorient (0-2) à Marseille en passant par Monaco, samedi (0-4). Pour une équipe qui était à 2 points de l’OM et du podium en L1 après son voyage réussi à Lille (2-0, le 3 janvier), à la fin de la phase aller, cela interpelle. On l’avait souligné, elle avait surperformé en termes de réussite offensive dans sa période faste fin 2025. Mais elle ne marque plus et ne sait plus défendre. À Monaco, Beye avait changé son système en 3-5-2 pour un 4-4-2 losange à la pause, et mardi soir, il est passé en 5-4-1. Sans que cela n’évite un nouveau gadin.
Le mercato vient de passer par là, Quentin Merlin avait le droit de ne pas se planter au bout de deux minutes, Valentin Rongier était insuffisamment remis pour démarrer (il aurait pu l’être, d’où son déplacement, mais les derniers tests n’ont pas été concluants) et la vie est plus dure sans lui. Przemyslaw Frankowski et Djaoui Cissé étaient eux aussi blessés, Abdelhamid Aït Boudlal est moins bien depuis son retour de la CAN et Ethan Nwaneri aurait dû être expulsé, ce qui s’apparente à des circonstances atténuantes.
Al-Tamari particulièrement affecté, le vestiaire interloqué
Mais des signes de tension ont émergé mardi, notamment autour de Mousa al-Tamari. Avec des retours qui divergent. Selon certaines sources, il a fait l’objet de vives remontrances de son entraîneur Habib Beye à la pause, décrite comme nerveuse. Le Jordanien se serait senti, en quelque sorte, humilié et ne se serait pas détaché de cet épisode après la rencontre, visiblement encore affecté. Le vestiaire a pu être interloqué car Al-Tamari est plutôt considéré comme calme, habituellement. Il se dit aussi que Beye a simplement appuyé une consigne, à savoir prendre la profondeur pour exploiter les failles marseillaises.
Après le deuxième but de l’OM, au bout de trente-deux secondes en seconde période, un accrochage s’est également fait jour entre Brice Samba et Beye. L’entraîneur a adressé une remarque à son gardien, a priori sur son dégagement, option privilégiée à une relance courte, qui a précédé un but semblable au premier à Monaco samedi. Samba lui aurait répondu, ce qui a pu agacer Beye, qui n’aurait pas reçu de soutien sur cet épisode. Bien sûr, les relations coach-joueurs ne sont pas toujours linéaires, mais il y a donc de l’irritabilité dans l’air, et ce n’est pas la première fois.
Blas encore remplaçant alors que Rennes a besoin de créateurs
On se souvient que Beye avait écarté en début de saison Mikayil Faye et Al-Tamari pour raison disciplinaire, puis Seko Fofana et Ludovic Blas avant Toulouse-Rennes (2-2, le 29 octobre) pour un problème d’investissement à ses yeux. Fofana a été prêté au FC Porto et Blas vit une saison frustrante, titulaire seulement 9 fois, à différents postes, et encore remplaçant mardi alors que Rennes aurait bien besoin d’un créateur, même si Sebastian Szymanski a été recruté… Nantes a essayé d’attirer Blas en janvier et d’autres clubs se sont manifestés, sans que cela aille plus loin.
La question de la relation de Beye avec Djaoui Cissé peut également se poser. Il a parfois été reproché au milieu des efforts défensifs insuffisants. Mais sans sa blessure, il aurait joué au Vélodrome, comme dernièrement. Reste que le vestiaire rennais était dégoûté de la tournure du match mardi, et que si quelques joueurs ont serré Beye dans leurs bras près de la zone du car en fin de soirée, la jubilation observée après le succès à Lille (2-0, le 3 janvier) paraît déjà loin.
Les prochaines échéances à Lens, samedi, et contre le PSG, vendredi 13, diront s’il reste soudé et tourné vers l’objectif européen, ou s’il s’égare. Tard mardi soir, le directeur sportif Loïc Désiré a surtout appelé à « une remise en question rapide des joueurs » et évacué la question du sort de l’entraîneur, qui avait été proche de la sortie fin octobre : « Il n’y a pas de débat. »
Source de l’article : L'Équipe



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