Accord de pêche UE-Maroc : Bruxelles enclenche un nouveau cycle de négociations
Rédigé par L’Opinion Jeudi 15 Janvier 2026
Après plus d’un an de paralysie juridique, l’Union européenne amorce une reprise formelle du dialogue avec le Maroc sur la pêche. Les États membres ont donné mandat à la Commission européenne pour négocier un nouvel accord avec Rabat, dans un contexte marqué par des enjeux économiques, politiques et juridiques majeurs pour les deux partenaires.
L’Union européenne s’apprête à tourner la page du vide juridique créé par l’annulation des accords agricole et de pêche conclus avec le Maroc. Réunis mercredi à Bruxelles, les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE ont autorisé la Commission européenne à ouvrir de nouvelles négociations avec Rabat en vue d’un accord de pêche entièrement renouvelé.
Cette décision intervient après l’arrêt rendu en 2024 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui avait invalidé les accords existants, estimant qu’ils ne répondaient pas aux exigences du droit européen. Ce jugement avait entraîné la suspension totale des activités de la flotte européenne dans les eaux marocaines, à la suite de l’expiration du protocole de pêche en 2023.
Contrairement à l’option retenue pour l’accord agricole — que Bruxelles a choisi de réviser afin de le rendre juridiquement conforme — la Commission européenne opte, pour la pêche, pour une refonte complète du cadre de coopération. Le mandat accordé couvre ainsi deux volets : la négociation d’un accord de partenariat pour une pêche durable, définissant les principes généraux de coopération, et l’élaboration d’un nouveau protocole opérationnel précisant les conditions d’accès des navires européens aux zones de pêche marocaines.
L’enjeu est de taille pour l’Union européenne. Avant l’interruption du partenariat, les eaux marocaines constituaient un espace stratégique pour la flotte communautaire. Des rapports européens indiquent que plus de 90 % des captures réalisées dans le cadre du précédent accord provenaient des eaux du Sahara Marocain, un élément qui avait nourri les recours juridiques à l’origine de son annulation.
Du côté marocain, la relance des négociations s’inscrit dans une logique de souveraineté et de valorisation durable des ressources halieutiques, dans un cadre contractuel clarifié et conforme aux standards internationaux. Pour Bruxelles, il s’agit également de sécuriser des débouchés essentiels pour plusieurs États membres fortement dépendants de ces zones de pêche.
Les professionnels du secteur suivent cette évolution avec attention. Europêche, principal lobby des armateurs européens, a salué l’initiative et appelé à une reprise rapide des discussions. L’organisation souligne que l’absence d’accord avec le Maroc intervient dans un contexte déjà contraint, marqué par la réduction progressive de l’accès aux eaux européennes et par les limites posées à la coopération avec certains pays tiers, en raison de pratiques jugées non durables.
Source de l’article : L'Opinion Maroc



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