À Tétouan, le Nippon JTI inaugure sa première usine de cigarettes au Maroc
Après 18 mois de chantier, l’usine du cigarettier Japan Tobacco International, implantée à Tétouan, est désormais opérationnelle. D’une capacité de 5 milliards d’unités par an, extensible à 10 milliards, le site illustre autant l’expansion stratégique du groupe nippon que la montée en puissance du Royaume comme hub industriel régional
À l’intérieur de l’usine flambant neuf du cigarettier Japan Tobacco International (JTI), implantée dans la zone de Tétouan Park, au cœur de la plateforme industrielle de Tanger Med, les machines tournent à plein régime. Chaque minute, près de 12 000 unités sortent des trois lignes de production, soit l’équivalent de 600 paquets, dans un flux continu six jours sur sept. Une cadence qui donne la mesure de l’ambition portée par ce nouveau site industriel, inauguré jeudi 15 janvier par le groupe japonais basé en Suisse. « L’usine que nous inaugurons aujourd’hui reflète la qualité des standards industriels qui encadrent cet investissement. Le Maroc a su développer une vision industrielle claire, traduite par des investissements concrets, durables et à forte valeur ajoutée » , a souligné Valentin Zellweger, ambassadeur de Suisse au Maroc.
Sortie de terre en 18 mois et étendue sur 48 000 mètres carrés (m2), dont 19 000 m2 bâtis, l’usine est le fruit d’un investissement de 931 millions de dirhams (MDH). Pour le Maroc, cette implantation s’inscrit pleinement dans les orientations publiques actuelles, à l’instar de la nouvelle Charte de l’investissement et de la politique de substitution aux importations. Accompagné par le Centre régional d’investissement de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (CRI-TTA), le projet coche toutes les cases d’un partenariat qualifié de gagnant-gagnant par les parties prenantes.
Pour le marché local, en attendant l’export
Avec cette nouvelle usine, JTI a opéré un virage stratégique majeur, en mettant fin aux importations de cigarettes pour le marché marocain pour produire localement l’essentiel de la demande nationale. Sur ses chaînes, la production concerne principalement les cigarettes de la marque Camel, suivie de celles des marques Winston, LD et Monte Carlo, bien établies sur le marché local. La capacité de production initiale est fixée à 5 milliards de cigarettes par an, un volume destiné à couvrir presque l’intégralité du marché domestique. « Cette capacité pourra être portée à 10 milliards de cigarettes par an, en fonction des opportunités d’exportation, notamment vers l’Afrique de l’Ouest » , a expliqué John Freda, président régional de JTI pour le Moyen-Orient, le Proche-Orient, l’Afrique et la Turquie.
Le site tétouanais est justement destiné à augmenter rapidement sa production. Ses espaces ont été dimensionnés pour accueillir de nouveaux équipements, notamment une quatrième ligne qui viendra renforcer dès 2026 sa capacité de production. Une montée en puissance progressive qui confirme l’ambition de JTI de faire de cet outil industriel une porte d’entrée vers les marchés africains.
Car au-delà du marché local, l’usine de Tétouan est voulue comme une plateforme régionale. Depuis Casablanca, le groupe gère déjà une douzaine de marchés africains. Mais avec cette nouvelle structure, il entend élargir ce périmètre. « Le Maroc est appelé à devenir notre centre de gestion pour l’Afrique du Nord, avant une extension vers l’Afrique de l’Ouest. Le Royaume réunit tous les ingrédients nécessaires : infrastructures, partenaires, talents et climat d’investissement attractif » , poursuit-il.
Une production 100 % locale
Sur le plan industriel, l’ensemble du processus est désormais installé sur place, à l’exception du tabac, importé (préalablement découpé) depuis la Pologne, la Turquie et l’Allemagne. JTI prévoit toutefois de développer à terme une production de tabac au Maroc, afin de réduire les coûts logistiques, les délais et l’empreinte environnementale.
Depuis son entrée en activité, le site emploie 133 collaborateurs, un effectif appelé à atteindre les 170 personnes à l’horizon 2027. Majoritairement issus de la région, ces recrutements s’inscrivent dans la volonté de JTI de contribuer au développement économique local. Les postes techniques ont nécessité un important dispositif de formation, à travers des allers-retours entre l’usine marocaine et l’une des plus grandes unités de JTI en Turquie, dont le modèle industriel est similaire, mais déployé à une échelle plus importante. De la même manière, des cadres de JTI accompagnent, sur une durée limitée, le transfert de compétences aux cadres locaux, avec pour objectif final la constitution à terme d’une équipe 100 % marocaine.
Une Green factory neutre en carbone d’ici 2030
Au-delà de la capacité industrielle, JTI a voulu faire de son usine de Tétouan un modèle en matière d’efficacité énergétique et de durabilité. Un positionnement qui a une nouvelle fois conforté le choix du Maroc, engagé depuis plusieurs années dans le développement des énergies renouvelables. « Cette usine illustre parfaitement notre vision de l’usine du futur. Elle a été pensée dès sa conception pour optimiser l’efficacité énergétique, et elle est prête à atteindre la neutralité carbone » , a assuré Phil Livingston, vice-président senior de la chaîne d’approvisionnement mondiale de JTI. Sur le site, des panneaux solaires seront installés d’ici le milieu de l’année 2026, afin de couvrir environ 30 % des besoins en électricité de l’usine, traçant la voie vers l’objectif de la neutralité carbone d’ici 2030. L’efficacité énergétique passe également par une isolation thermique renforcée ou encore un éclairage LED intelligent.
L’usine a été également conçue pour réduire la consommation d’eau, grâce à des technologies permettant la collecte et le recyclage des eaux pluviales et des eaux usées. Une approche dont le but est de « construire une usine durable, non seulement pour nous, mais aussi pour les générations futures » , a rappelé Phil Livingston.
Source de l’article : Le Desk



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