À grands problèmes, vraies solutions !
Chaque année, les autorités marocaines déjouent des milliers de tentatives de migration irrégulière vers l’Europe. En 2024, plus de 78.600 tentatives ont ainsi été mises en échec, tandis qu’entre janvier et août 2025, ce sont pas moins de 24.000 opérations qui ont été avortées. Une actualité qui résonne particulièrement cette semaine, alors que le débat sur les conditions des mineurs clandestins à Sebta et Mellilia fait rage. Une situation qui en dit long sur l’efficacité du dispositif national de lutte contre le « Hrig » , mais qui renseigne surtout sur la détresse persistante dans l’esprit de nos jeunes, encore et toujours éblouis par le mirage de l’eldorado européen. Preuve en est l’épisode du 15 septembre 2024, où des milliers de Marocains se sont donné rendez-vous, via les réseaux sociaux, pour un « happening » spontané, afin de forcer le passage frontalier de Sebta. Une tentative suicidaire, alimentée par la précarité d’un contexte socio-économique qui écrase les rêves d’une jeunesse prête à embarquer dans le « zodiac de la mort » pour tenter sa chance ailleurs.
Les mesures gouvernementales, telles que la couverture sociale universelle et les aides directes aux ménages, permettent certes de limiter les velléités d’émigration, mais elles ne parviennent pas à dissiper l’image idéalisée de la vie de l’Outre-Mer, si ancrée dans l’esprit de millions de jeunes sans emploi. Pour comprendre véritablement ces perceptions, il faut s’éloigner des grandes métropoles et se rendre dans des régions frappées par une précarité extrême, surtout les zones agricoles qui souffrent d’une septième année de sécheresse ravageuse. Pour ne prendre que l’exemple de Béni-Mellal et ses environs, là, l’idée du « Hrig » est presque inscrite dans l’ADN, inculquée dès le plus jeune âge.
Bon nombre de mères et de pères, loin de dissuader leurs enfants de risquer leurs vies, les encouragent à chercher « zeh9a » (la faille), tout en les couvrant de « Rda » et de très souvent vaines prières salvatrices et de succès. C’est là le véritable visage de l’immigration qui rappelle l’urgence de la mise en œuvre d’initiatives aussi louables que celle prônée et voulue par le Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, concernant un nouveau contrat entre l’État, les forces vives de la société et les jeunes, qui ont une place centrale dans la construction du présent et de l’avenir du Maroc.
Source de l’article : L'Opinion Maroc



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