À Davos, Akhannouch défend le modèle marocain de développement
À Davos, lors du Forum économique mondial, le Chef du gouvernement a défendu la trajectoire marocaine fondée sur l’articulation assumée entre protection sociale, discipline macroéconomique et attractivité de l’investissement. Face aux crises globales, Aziz Akhannouch a affirmé que la solidité économique demeure la condition de pérennité du chantier de l’État social et de la projection géopolitique du Maroc
Intervenant ce mardi 20 janvier à Davos, en marge de la 56e réunion annuelle du Forum économique mondial (World Aconomic Forum – WEF), le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a exposé la vision stratégique portée par le Maroc, articulant ambition sociale assumée et rigueur économique durable. Dans un contexte international marqué par l’instabilité, la succession des crises et l’érosion des repères économiques classiques, il a défendu l’idée que performance macroéconomique et protection sociale ne sont pas antagonistes, mais au contraire indissociables.
Le chantier royal de l’État social « On ne bâtit pas un destin géopolitique sur une société fragilisée » , a-t-il résumé devant les participants réunis à Davos, lors d’une session animée par André Hoffmann, co-président du Forum économique mondial. Pour Aziz Akhannouch, le Maroc a fait un choix clair : protéger d’abord, réformer en profondeur, puis se projeter avec confiance. Cette orientation s’est traduite, dès la sortie de la crise sanitaire, par la mise en place d’un véritable bouclier social, mobilisant plus de 13 milliards de dollars (MM $) pour stabiliser les prix des produits de première nécessité et 1,7 MM $ supplémentaires afin de contenir l’impact de la hausse des tarifs de l’eau et de l’électricité sur les ménages.
Selon le Chef du gouvernement, cet effort massif n’a pas compromis les équilibres macroéconomiques. Bien au contraire, il a contribué à ramener l’inflation de plus de 6 % en 2023 à un niveau inférieur à 1 % en 2024 et 2025, tout en maintenant une trajectoire de croissance proche de 5 % et en engageant une réduction progressive du déficit budgétaire et de l’endettement. Des indicateurs qu’il juge décisifs, car seule une économie solide et résiliente est capable de financer et de pérenniser le premier grand projet de l’actuel exécutif : le chantier royal de l’État social.
Dans ce cadre, le Maroc a généralisé l’assurance maladie obligatoire à plus de 32 millions de citoyens et déployé l’aide sociale directe au profit de près de 4 millions de familles. Cet élargissement de la protection sociale s’est accompagné d’un effort budgétaire inédit en faveur de la santé et de l’éducation, avec une hausse d’environ 20 % des crédits alloués à ces secteurs stratégiques. Pour Aziz Akhannouch, « protéger sans transformer serait une promesse inachevée » , d’où la nécessité de refonder simultanément les fondamentaux économiques.
Sur ce terrain, il a rappelé que le Maroc a retrouvé la confiance de ses partenaires internationaux : sortie de la liste grise du GAFI, retrait des listes européennes associées et reconquête du statut « Investment grade » auprès des grandes agences de notation. Ces avancées, a-t-il souligné, sont le fruit d’une discipline budgétaire rigoureuse, de réformes fiscales conduites dans la durée, d’une gouvernance renforcée de la dépense publique et d’un effort constant de transparence. En parallèle, la mise en œuvre de la Charte de l’Investissement a permis d’accélérer l’investissement productif, portant les recettes brutes d’investissements directs étrangers à un niveau record dépassant 5 MM $ en 2025, malgré un contexte mondial marqué par la contraction des flux de capitaux.
Positionné à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et de l’Atlantique, le Maroc entend également capitaliser sur ses atouts logistiques et énergétiques. Aziz Akhannouch a mis en avant le rôle structurant de Tanger Med, désormais parmi les premiers ports mondiaux, ainsi que la montée en puissance du Royaume dans la décarbonation, avec plus de 46 % de sa capacité électrique issue des énergies renouvelables à fin 2025 et des projets structurants dans le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert.
Une lisibilité politique à long terme
Le Chef du gouvernement a par ailleurs insisté sur l’importance de la lisibilité politique pour l’investissement de long terme, estimant que l’année 2025 constitue un tournant. À cet égard, il a évoqué l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui, selon lui, « envoie un signal sans ambiguïté à la communauté internationale » en reconnaissant l’Initiative marocaine d’autonomie comme base des négociations sur les provinces du Sud.
Enfin, Aziz Akhannouch a abordé la co-organisation de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, qu’il a qualifiée de symbole à la fois sportif, économique et civilisationnel. Loin d’être une fin en soi, cet événement s’inscrit, selon lui, comme un jalon dans une stratégie de transformation plus large, déjà illustrée par l’organisation de la CAN 2025, présentée comme une réussite « world class » . Le Mondial 2030 doit ainsi agir comme un accélérateur de développement, tant pour les infrastructures sportives que pour les réseaux ferroviaires, aéroportuaires, routiers, mais aussi pour la santé et l’éducation.
De son côté, André Hoffmann a salué la stabilité du Maroc, sa capacité à bâtir un État social fonctionnel et l’engagement de sa population, soulignant que l’amour du football constitue un puissant facteur fédérateur et un levier d’unité entre les deux rives de la Méditerranée. Autant d’éléments qui, selon le co-président du WEF, rendent le Royaume « fascinant » et durablement attractif pour les investisseurs.
Source de l’article : Le Desk



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