Dans la presse : Mickey Mouse, de la musique sur ordonnance et du Football !
Convaincre, cela n’a pas de prix… Et c’est ce qu’a dû se dire Jean Peyrelevade en 1985 quand il se retrouve cul par-dessus tête dans les montagnes russes du Parc Disneyworld à Orlando. « Ça montait, ça descendait, je passais dans des tunnels » raconte l’ancien envoyé spécial du Premier ministre d’alors Laurent Fabius… Il a fallu donner de soi pour convaincre Disney de sélectionner la France plutôt que l’Espagne pour implanter ce qui allait devenir Disneyland Paris : « Je devais jouer comme un gamin, et dès le début, j’ai compris que le groupe à qui j’avais affaire était, à maints égards, insupportable. » , raconte l’ancien émissaire au journaliste Michael Moreau qui signe ce grand récit passionnant pour M, le magazine du Monde.
C’est peu dire que cette discussion entre Mickey et le pouvoir socialiste de l’époque fut un choc des cultures. Mais le 18 décembre 1985, il y a 40 ans, Laurent Fabius et la firme américaine annonçaient la naissance d’Eurodisney en Seine-et-Marne. Géographiquement, ces champs de betteraves de Marne-la-Vallée « sont au centre de l’Europe » . Et dans une France en pleine désindustrialisation, à quelques mois des élections législatives, il faut tout faire pour enrayer les pertes d’emploi. « À l’époque, on fermait tout. Les chantiers navals, la sidérurgie, les charbonnages, il fallait recréer quelque chose » se souvient le directeur de cabinet d’Édith Cresson.
40 ans, plus tard, Jacques Sallois, le patron de la DATAR l’admet : il fallait « des parcs de loisirs à défaut d’usine. » L’État et les collectivités promettent alors une pluie d’investissement : RER, TGV, sortie d’autoroute, « pour moi, ce seul élément distinguait la France de tous les autres sites possibles » , se souvient Michael Eisner, ancien PDG de Disney. À l’image du tunnel sous la Manche, ou du quartier de la Défense, Eurodisney est le symbole d’une politique de grands travaux et d’une France planificatrice.
Mais Mickey Mouse est dur en affaires et percute les valeurs socialistes. La firme pose des exigences : une TVA à 7 %, des modifications du droit du travail pour les dimanches et jours fériés. Les négociations sont arides. Alors à quoi ça tient ce choix de la France ? La veille de la signature, Michael Eisner raconte qu’il marche sur les Champs-Élysées, « passant devant un cinéma où trois hommes et un couffin étaient à l’affiche, je suis entré, la salle était bondée. Le public éclatait de rire quand les trois célibataires changeaient les couches du bébé et qu’ils étaient aspergés par le jet de pipi. Chaque minute de ce film était une réussite. J’ai senti s’envoler un poids de mes épaules : nous nous ressemblions, à bien des égards. » . Pourtant, au lendemain de la signature, les meilleurs ennemis n’ont pas enterré les querelles ni les dissensions interculturelles… La France ne veut pas d’attraction en anglais, les Américains lâchent sur le rasage obligatoire des collaborateurs. « La seule chose que nous ne voulions pas, c’est servir de la bière et du vin, reconnaît l’ancien PDG. Monsieur Chirac insistait fermement pour que nous proposions au moins de la bière. » Un an après, Jacques Chirac, grand amateur de mousse sera exaucé !
Et puis il y a les faux pas… Quand l’ancien PDG de Disney arrive à l’Élysée pour un entretien avec François Mitterrand, affublé d’un acolyte déguisé en Mickey Mouse. La metteuse en scène Ariane Mnouchkine, parlera d’un « Tchernobyl culturel » . L’implantation de la firme américaine qui façonne nos imaginaires depuis des décennies était-elle un signe de l’affaiblissement culturel de la France ? La polémique a jalonné cette fin de siècle… En décembre 2007, rappelle Michael Moreau dans M le Mag, Nicolas Sarkozy officialisera sa relation avec Carla Bruni dans les travées du Parc d’attraction… Et depuis, Disneyland Paris est devenue la première destination touristique d’Europe.
Et c’est un traitement d’un nouveau genre !
Au Québec, vous pouvez-vous faire prescrire de la musique sur ordonnance. Et c’est La Croix qui nous en parle. On le sait : écouter de la musique fait baisser votre taux de cortisol, l’hormone du stress, augmente la dopamine, la molécule du plaisir et stimule la mémoire. Alors, en octobre dernier, des médecins volontaires ont reçu un carnet de prescription un peu particulier qui donne droit à deux billets gratuits pour un concert de l’Orchestre symphonique de Montréal. « Nous sommes allés voir les données probantes qui démontrent que la musique a des bienfaits sur la santé mentale et physique » expose la directrice générale des médecins francophones du Canada. En 2018, déjà, la corporation avait lancé les prescriptions muséales en partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Montréal. Une trentaine de médecins ont déjà commandé leur carnet de prescriptions. Si les Américains ont exporté Mickey… Il serait bienvenu que les Québécois nous exportent cette ordonnance d’un nouveau genre. Et à l’instar de la musique, il y a encore d’autres façons de vibrer… Évidemment… Il y a le football !
A partir de lundi, vous pourrez vibrer devant la Coupe d’Afrique des Nations
Et pour vous plonger dans l’ambiance, le magazine So Foot vous propose un numéro collector. Il y a ces 15 dates du foot africain : ce 16 juin 1982, où l’Algérie l’emporte 2-1 contre la RFA. Vivacité, technicité, créativité, « l’Algerian Touch » , lirez-vous, fait merveille contre la Mannschaft, 20 ans après son indépendance.
Il y a cette finale Afrique du Sud – Tunisie du 3 février 1996 où Nelson Mandela fête les deux buts dans son maillot des Bafanas Bafanas. Et il n’y a pas de football sans ses mythologies, ses grigris et ses malédictions… Herve Renard, sélectionneur de la Côte d’Ivoire et vainqueur de la CAN 2015, raconte dans un reportage à Abidjan cosigné par notre confrère emprisonné en Algérie Christophe Gleizes comment il a fallu collaborer avec les sorciers du village d’Akradio, connu pour être le repère des meilleurs marabouts du pays. « Je suis allé leur rendre visite avant le début de la compétition, pour mettre toutes les chances de notre côté » . Puis ce portrait du premier ballon d’or africain, Mister George Weah devenu président du Liberia, qui a connu le ghetto, la faim, la guerre civile, les menaces de mort puis les bancs de l’université en Floride… Et enfin, le seul, l’unique Roger Milla, 73 ans aujourd’hui, Lion indomptable pour l’éternité. En 1994, il marque contre la Russie à l’âge de 42 ans et reste encore aujourd’hui le plus vieux buteur de l’histoire de la Coupe du monde. Et le meilleur danseur ! « Si tu as une très bonne hygiène de vie et que tu ne cours pas derrière les petites, qui dit que tu ne peux pas jouer jusqu’à 50 ans ? » !
Source de l’article : Radio France



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