Cyberattaques, une menace à 9.500 milliards de dollars: réunion d’experts pour alerter et agir

Dans un contexte mondial marqué par l’explosion des attaques numériques et la sophistication croissante des cybercriminels, le Crédit agricole du Maroc et Mastercard ont organisé, le 5 décembre au Four Seasons de Casablanca, une grande matinée de sensibilisation dédiée à la cybersécurité. Intitulée « Cyber awareness corporate talks » , cette rencontre a réuni clients, institutionnels, experts nationaux et internationaux autour d’un constat sans équivoque: la cybercriminalité n’est plus une menace diffuse, mais une réalité quotidienne dont le coût global a atteint 9.500 milliards de dollars en 2024, faisant de cette activité criminelle l’une des plus lucratives au monde, devant même le narcotrafic.

L’ambition de l’événement était claire: comprendre l’ampleur des risques, partager les bonnes pratiques, présenter des outils concrets de protection et démontrer, à travers une simulation grandeur nature, les réflexes à adopter face à une attaque. Cette initiative s’inscrit au cœur de la stratégie du Crédit agricole du Maroc pour renforcer la confiance numérique, alors que les usages digitaux explosent dans le Royaume.

Dès l’ouverture des travaux, le ton a été donné. Pour Mohammed Fikrat, président du directoire du Crédit agricole du Maroc, il ne fait aucun doute que « la sécurité numérique est devenue un sujet extrêmement important » . Les faits lui donnent raison: depuis 2020, le nombre de cyberattaques a quasiment doublé et 20% de celles-ci ciblent désormais le secteur financier, l’un des plus sensibles pour les cybercriminels en quête de gains.

Le Maroc se trouve d’ailleurs au cœur de la tempête. « Nous faisons partie des trois pays africains les plus ciblés, avec l’Afrique du Sud et le Kenya » , a rappelé Mohammed Fikrat. Une vulnérabilité confirmée par les services de la DGSSI et les différents organismes de supervision. Et dans un pays engagé dans une transformation numérique accélérée, l’exposition aux risques ne peut que progresser. « La cybercriminalité n’est plus une menace théorique » . Ce constat alarmant a été largement développé par Yasmine El Himdi, chef du département Gouvernance, risque et conformité à la banque. Selon elle, la montée en puissance des attaques est indissociable de la sophistication croissante des technologies et de la généralisation des usages numériques, professionnels comme personnels. Le Maroc, affirme-t-elle, est devenu la première cible africaine des virus visant les organisations bancaires, notamment les trojans bancaires qui dérobent des accès confidentiels. Il est également le deuxième pays africain le plus touché par les attaques ransomware, des logiciels d’extorsion qui paralysent les systèmes d’information en échange d’une rançon.

L’affaire récente ayant touché la CNSS a illustré l’ampleur des dégâts possibles. « Aucune organisation n’est épargnée: petites ou grandes, publiques ou privées » , insiste-t-elle. Car la faille la plus exploitée n’est pas technique, mais humaine. Le phishing, sous toutes ses formes (faux emails, SMS frauduleux, notifications de livraison, fausses urgences) reste le mode opératoire numéro un.

Source de l’article : Le360