Ayoub El-Kaabi, l’attaquant du Maroc roi des retournés acrobatiques
Les prochaines fois, Neil El-Aynaoui saura. À la 74e minute du match d’ouverture de la CAN entre le Maroc et les Comores (2-0) dimanche, le milieu de terrain de l’AS Rome s’est pris la tête entre les mains, comme un signe d’incrédulité. Non, l’ancien Lensois (7 capes) ne pouvait pas croire qu’à moins d’un mètre de lui, Ayoub El-Kaabi venait d’inscrire l’un des buts de l’année, d’un retourné acrobatique fantastique sur un centre d’Anass Salah-Eddine.
Ce geste spectaculaire – et un brin anachronique – constitue pourtant la signature de l’attaquant fantasque de l’Olympiakos (32 ans). Et pour s’en persuader, une compilation sans équivoque de ses gestes acrobatiques tourne ces dernières heures sur les réseaux sociaux. D’une durée de 3 minutes, on y voit El-Kaabi multiplier les exploits avec ses différents clubs et avec les Lions de l’Atlas, dont le dernier en date contre le Bénin en match amical au mois de juin (1-0). Il s’était aussi distingué de cette façon en octobre 2021, lors d’une victoire fleuve devant la Guinée-Bissau (5-0).
4 buts acrobatiques rien qu’en 2020-2021
Ces 3 minutes exquises ne sont pas exhaustives – il en a par exemple marqué 4 rien que sur la saison 2020-2021 avec le Wydad – et il paraît de toute façon impossible de chiffrer avec précision le nombre de bicyclette de l’attaquant marocain. Mais la vidéo suffit à faire ressortir la technique bien rodée de l’attaquant marocain.
À chaque fois, on le voit reprendre le ballon par le haut, et non par le côté, et bien souvent, un arrêt sur images au moment de l’impact permet de constater que son pied se situe à hauteur du crâne du défenseur adverse. Une bicyclette, une vraie, à croire qu’El-Kaabi aurait aussi pu y mettre la tête. « C’est vraiment un tueur devant les poteaux, je le vois comme une sorte de Robert Lewandowski, indiquait en 2021 Issoufou Dayo, son ex-coéquipier au RS Berkane (2017-2018). Il est mobile et capable de mettre des buts très spectaculaires. Mais ce que j’ai surtout remarqué c’est son relâchement dans le dernier geste. Il ne panique pas. » « Il est très spontané et très attiré par le but. Il ne va pas chercher à se mettre en bonne position pour frapper, tenter d’éliminer, complétait en mai 2024 son coéquipier en sélection Romain Saïss. Non, dès qu’il le peut, il frappe, que ce soit un pointu, un retourné si le ballon arrive en l’air. Il prend tout le temps sa chance. C’est sa force. Il n’est pas avare d’efforts, non plus, que ce soit devant ou défensivement. » Un joueur formé comme latéral gauche au parcours cabossé
Lorsque la FIFA lui demandait, avant le Mondial 2022, son but préféré, le spécialiste ès bicyclettes citait pourtant… un coup franc de Cristiano Ronaldo contre l’Espagne en 2018. Car El-Kaabi ne fait rien comme les autres, comme en témoigne le parcours de ce latéral gauche de formation révélé sur le tard.
Avant de devenir un artificier prolifique avec le Maroc (30 buts en 61 capes) et le principal artisan de la victoire de l’Olympiakos en Ligue Europa Conférence 2024 (16 buts sur l’ensemble de la saison européenne, record pour un Africain), son histoire a démarré dans les banlieues populaires de Casablanca. Il y apprend le football dans la rue, dans une jeunesse marquée par des « travaux dans les charpentes, du nettoyage de tapis ou du colportage de sel » , racontait-il au site de l’UEFA.
Révélé après une superbe saison avec le Racing de Casablanca, en D2 marocaine, à 23 ans, il a fait un crochet par la Chine, est revenu au Wydad puis a atterri en Grèce après des passages furtifs en Turquie et au Qatar. Entre-temps, son CHAN 2018 exceptionnel (9 buts) lui a ouvert les portes de la sélection pour le Mondial 2018 et a accru sa renommée sur le continent.
Mais sept ans plus tard, soumis à une rude concurrence, il ne faisait pas l’unanimité au poste de numéro 9 avant la CAN et était remplaçant au coup d’envoi face aux Comores. Son bijou lui a indéniablement fait gagner des points face à Soufiane Rahimi, l’attaquant titulaire dimanche mais en échec sur penalty (11e). De là à briguer une place de titulaire pour le reste de la compétition ? Verdict vendredi contre le Mali.
Source de l’article : L'Équipe



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