Agence du Bassin Hydraulique de l’Oum Er-Rbia : alerte à la pollution hydrique causée par les margines
Face à la recrudescence des rejets polluants issus des huileries et à leurs effets dévastateurs sur les ressources hydriques, l’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia intensifie sa mobilisation. Entre campagnes de sensibilisation, mesures techniques et menace de sanctions sévères, l’institution entend faire barrage à un phénomène devenu préoccupant.
Alors que la saison des récoltes d’olives bat son plein dans plusieurs régions du Royaume, l’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia intensifie son action contre une menace environnementale souvent sous-estimée mais aux conséquences dramatiques : la pollution des ressources hydriques par les margines, ces résidus liquides issus du processus de trituration des olives.
Dans un communiqué officiel, l’Agence alerte sur les risques écologiques graves liés aux rejets non contrôlés de ces effluents par certaines huileries. Ces pratiques, qualifiées d’ « irresponsables » , sont à l’origine de la pollution des nappes phréatiques, de l’envasement des cours d’eau, de la dégradation des barrages, de la destruction de la faune aquatique et de l’obstruction des canaux d’irrigation. Elles détériorent aussi les paysages naturels et fragilisent des écosystèmes entiers.
Ce combat environnemental s’inscrit dans le cadre des Hautes Instructions royales, qui placent la préservation des ressources stratégiques, notamment l’eau, au cœur des priorités nationales. L’Agence agit également en cohérence avec la stratégie du ministère de l’Équipement et de l’Eau, qui fait de la sensibilisation à la protection des ressources hydriques une pierre angulaire de son action.
Consciente de l’importance économique croissante de la filière oléicole, l’Agence ne se contente pas de lancer l’alerte. Elle déploie chaque année, dans les provinces de sa zone d’action, des campagnes de sensibilisation à destination des propriétaires d’huileries, notamment à l’approche de la saison oléicole. Ces campagnes, menées en coordination avec divers acteurs locaux, visent à informer sur les dangers des rejets de margines dans le milieu naturel, tout en proposant des solutions concrètes pour y remédier.
Parmi les mesures recommandées figure l’installation de bassins imperméables permettant l’évaporation contrôlée des margines, ainsi que le traitement des résidus solides issus des olives. L’Agence affirme également apporter un soutien technique et financier à certaines stations de traitement, dans le cadre de conventions de partenariat avec les collectivités territoriales ou les groupements professionnels. Mais la prévention ne suffit plus face à l’ampleur des dommages.
L’Agence rappelle que les propriétaires d’huileries qui contreviennent à la législation risquent de lourdes sanctions, en vertu de la Loi 36-15 sur l’eau. Toute pollution des ressources hydriques, qu’il s’agisse d’un rejet direct dans les rivières ou d’une contamination des nappes, expose les contrevenants à des amendes pouvant aller de 10.000 à 500.000 dirhams. Une fermeté assumée, censée faire barrage à la multiplication des pratiques illégales. « Nous renouvelons notre appel à tous, et en particulier aux responsables d’huileries, pour qu’ils s’engagent dans les efforts de préservation de l’environnement et des ressources en eau » , souligne l’Agence dans son communiqué. Elle insiste aussi sur la nécessité de « réhabiliter le secteur de la production d’huile d’olive » , considéré comme un levier prometteur pour un développement inclusif et durable.
En toile de fond de ce combat, un enjeu plus vaste se dessine : garantir un équilibre durable entre croissance économique et préservation des ressources naturelles, à un moment où le Maroc fait face à un stress hydrique structurel et à des défis climatiques majeurs.
S.N / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



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