Coupe d’Afrique des Nations : la diaspora africaine va vibrer pendant un mois

« Ce sera un rêve de voir le Bénin en finale […] ne serait-ce que passer les demi-finales. » Ulysse Gnidokponou d’origine béninoise, parle avec passion de son équipe qu’il prévoit de suivre tout le long de la CAN depuis le Canada.

Il a hâte de voir les « Guépards du Bénin » , surnom de l’équipe nationale, joués sur le sol marocain : on a eu l’opportunité de se qualifier, donc pour nous c’est un grand événement.

Avec le décalage horaire, le Torontois s’adapte pour suivre les matchs : au boulot, je mets le match sur mon téléphone ou sinon sur mon double écran. Quand je télétravaille, je le mets sur ma télé.

Les fêtes ne nous empêchent pas de regarder les matchs. On va célébrer, mais on va laisser le match sur la télé en arrière-plan.

Cédric Engone, originaire du Gabon, a un seul regret : ne pas pouvoir assister au premier match du Gabon pour des raisons logistiques.

[Le soccer] c’est tout simplement une partie de ma culture en tant qu’Africain.

Cet amateur de soccer regardera aussi les matchs à Toronto d’abord depuis chez moi avec mes garçons, puis avec d’autres membres de la diaspora africaine : j’ai beaucoup d’amis dans la communauté sénégalaise, congolaise, camerounaise. Donc oui, on va essayer de voir ça ensemble.

Originaire de la République démocratique du Congo (RDC), Espoir Masiala espère profiter de ses vacances d’étudiant pour regarder les matchs le matin avec un très bon café avec des amis. Je pense que ce sera de meilleurs moments.

Samir Trabelsi suivra l’équipe nationale de Tunisie. Cet habitant de St. Catharines regardera les tours préliminaires chez lui avant de rejoindre les cafés, les clubs de communauté arabe pour le reste de la compétition.

On va regarder [les matchs] ensemble. Il y aura de la bouffe soudanaise, libyenne, tunisienne, algérienne, marocaine.

Charles Cho a une affection particulière pour le continent africain qu’il visite régulièrement. Mais difficile pour lui de choisir qui soutenir : J’ai des amis tunisiens, des amis camerounais, des amis béninois […] donc ça va être un peu par choix personnel.

Le décalage horaire n’est pas un problème pour Charles Cho, ni le temps des Fêtes : je ne suis pas un grand fêtard de fin d’année […] Franchement, le fait que la CAN soit pendant les fêtes, moi, ça m’arrange beaucoup.

Bien plus qu’un sport, une démonstration d’unité

Même s’il n’y aura qu’un seul vainqueur, pour la diaspora africaine, la Coupe d’Afrique des Nations est un moyen de rester unis sur un continent où plusieurs pays sont secoués par les instabilités politiques.

Le football, ça permet d’unir et d’oublier tous les moments difficiles.

Ulysse Gnidokponou a beaucoup d’espoir après que les autorités du Bénin ont déjoué une tentative de coup d’État début décembre. On a pas mal d’espoir sur cette CAN et elle peut nous aider à sortir de ce moment qui est assez compliqué, soutient-il.

Pour moi [le soccer] c’est l’un des sports les plus égalitaires.

De même pour Espoir Masiala dont le pays, la RDC, est meurtri par une guerre civile depuis plusieurs années : c’est un canal par lequel le joueur, la nation passe un message fort pour tout ce qui se vit dans mon pays à travers la guerre.

Le soccer est un sport démocratique, affirme Cédric Engone, et accessible à tous : il faut juste avoir un ballon et un terrain pour jouer ensemble. On n’a pas besoin d’être grand ou costaud ou super rapide. Tant qu’on sait utiliser ses deux pieds, c’est toujours possible de gagner.

La CAN n’est pas seulement du football, c’est une vitrine culturelle, sociale, émotionnelle du continent africain.

Les favoris de cette année

Tous s’accordent pour dire que le Maroc est le grand favori de cette année : mais, comme tout favori, ils vont avoir la pression, relativise Charles Cho. Le Maroc, de toute façon, a une très bonne équipe. Ils l’ont déjà montré. C’est une équipe de jeunes et moins jeunes qui monte en puissance.

Le Maroc sera très probablement le premier favori et le principal favori de cette compétition.

Cependant, Espoir Masiala pense que l’équipe de la RDC a toutes ses chances : j’ai regardé les tactiques, j’ai regardé le jeu que nous avons développé au sein de l’équipe. C’est parfait, c’est meilleur.

Ma nation [la RDC] se positionne, je pense, comme étant la meilleure équipe

Pour Samir Trabelsi, c’est la Tunisie qui serait la favorite de la CAN 2025. C’est pas seulement un souhait de supporteur, mais c’est une conviction. C’est une équipe qui a une base solide, une culture et une intelligence tactique très forte et une génération capable de créer la surprise.

Source de l’article : Radio-Canada