Soutenu par la France mais contesté, Hassan Moustafa vise un 7e mandat à la présidence de la Fédération internationale de handball

Depuis vendredi, 180 représentants des Fédérations nationales sont rassemblés au Caire, en Égypte, pour le Congrès électif de la Fédération internationale de handball (IHF). « C’est important que ce Congrès puisse se tenir physiquement pour la première fois depuis huit ans, que les gens retrouvent une relation que l’on a perdue du fait du Covid », se félicite Joël Delplanque, premier vice-président de l’IHF et ancien patron de la Fédération française (2008-2020).

Le clou du Congrès sera l’élection à la présidence, ce dimanche matin. À domicile, l’Égyptien Hassan Moustafa, inamovible président depuis 2000, vise un septième mandat, à 81 ans. Après trois dernières réélections sans adversaire, il fait face cette fois à pas moins de trois candidats, tous européens : l’Allemand Gerd Butzeck, le Slovène Franjo Bobinac et le Néerlandais Tjark de Lange.

Hassan Moustafa, le favori

Tous dénoncent les tares bien connues de l’IHF : absence de développement en dehors du Vieux Continent et immobilisme sur les règles du jeu notamment. Et évoquent à mots couverts l’autoritarisme du sortant et les accusations de corruption – jamais confirmées par la justice – envers ce dernier. « Le handball mérite plus d’ambition, plus de pratique féminine, plus de portée mondiale », résume Butzeck, qui se prévaut du soutien de nombreuses Fédérations européennes et de celui du Bahreïn.

Moustafa n’en apparaît pas moins favori, après un quart de siècle à financer des programmes de développement qui lui assurent la reconnaissance des petites nations. Il est notamment soutenu, selon nos informations, par les 52 membres actifs de la Confédération africaine (CAHB), mais aussi, entre autres, par la France.

Philippe Bana, le président de la Fédération française (FFHB), est candidat à la succession de Delplanque (qui, à 80 ans, a souhaité se retirer) au poste de premier vice-président. Il fera face au Bahreïnien Ali Eshaqi. Un revirement surprenant quand on se souvient des critiques acerbes formulées en 2019 dans Ouest France par ce même Bana, alors DTN, envers « une Fédération internationale du Moyen-Âge ». Cette sortie lui avait valu d’être temporairement suspendu de la commission des compétitions.

Philippe Bana pourrait assurer la présidence par intérim

Selon un dirigeant africain, le scénario serait déjà écrit : « Philippe Bana est parti pour prendre l’intérim si Hassan Moustafa n’allait pas au bout de son mandat. » C’est ce qui est prévu par les statuts de l’instance. « Si le Président quitte prématurément ses fonctions en cours de mandat, le premier vice-président assure l’intérim jusqu’à la prochaine élection », dispose l’article 14.2.

L’absence de Moustafa à la finale du Mondial féminin, dimanche dernier à Rotterdam (Pays-Bas), a suscité des interrogations sur sa santé. Mais il semble que le « Pharaon » ait surtout été accaparé par la préparation de ce Congrès stratégique dans son pays. En particulier la résolution des habituels problèmes de visa pour une bonne partie des participants. « Il a l’air en forme », témoigne un dirigeant présent au Caire. Paré pour garder les rênes quatre ans de plus ?

Source de l’article : L'Équipe