Dhafer L’Abidine récompensé à Manchester pour son film Sofia
Le thriller tuniso-britannique Sofia de Dhafer L’Abidine remporte le prix du Meilleur Réalisateur au Festival International du Film de Manchester. Un prix qui confirme que son œuvre touche aussi bien le public au-delà des frontières.
Manchester International Film Festival 2026 : Dhafer L’Abidine sacré Meilleur Réalisateur pour « Sofia » Par la rédaction
Ce succès n’est pas le premier. Le film avait déjà été très bien reçu au Festival International du Film de Marrakech. Il a ensuite continué son chemin en Amérique du Nord, en passant par le Festival International du Film de Santa Barbara. Partout, le constat est le même : le public est touché par l’histoire forte et le lien émotionnel avec les personnages. « Sofia » : un drame personnel et intense
L’histoire de « Sofia » semble simple au début, mais elle prend vite un tour dramatique. Emily quitte Londres pour la Tunisie dans l’espoir de réparer la relation difficile entre sa fille Sofia et son mari Hicham. Ce voyage, prévu pour se réconcilier, se transforme en un drame brutal quand la jeune fille disparaît.
Le film suit alors une mère confrontée à l’inconnu. Elle cherche, interroge, doute. Le récit avance sans détour, entre silence, tension et zones d’ombre. Les repères se fissurent peu à peu, laissant place à une réalité instable faite de mensonges et de non-dits.
Le film suit alors une mère face à l’inconnu. Elle cherche, pose des questions et doute. L’histoire progresse de façon directe, entre moments de silence, de suspense et de mystère. La situation devient de plus en plus incertaine, pleine de mensonges et non-dits. Cette approche, qui met l’humain au centre au lieu des effets spéciaux, explique en partie pourquoi le public aime le film. Il ne cherche pas à épater, mais à provoquer des émotions.
Un film qu’il porte entièrement
Dans « Sofia » , Dhafer L’Abidine s’est complètement impliqué. Il est à la fois le réalisateur, le producteur, il a écrit le scénario et y a joué. Cette implication montre une volonté de raconter une histoire qui lui est chère.
Pour cela, il a travaillé avec des acteurs internationaux comme Jessica Brown Findlay et Jonathan Hyde. La photographie de Willie Nel renforce l’ambiance tendue avec une lumière simple, et la musique de Selim Arjoun qui reste discrète, en arrière-plan. La distribution du film est également internationale : MAD Distribution pour les pays arabes et MAD World pour le reste du monde.
Le parcours : acteur et réalisateur
Avant Sofia, Dhafer L’Abidine s’est déjà lancé dans la réalisation avec Ghodwa (Demain), sorti en 2021. Connu d’abord comme acteur, il a construit sa carrière entre productions arabes et britanniques, passant d’un univers à l’autre avec facilité.
Avec Sofia, il poursuit ce chemin. Le film circule entre la Tunisie et le Royaume-Uni, mêlant langues et regards différents. Une manière pour lui de raconter des histoires ancrées dans plusieurs réalités, sans se limiter à un seul territoire.
Le cinéma tunisien
Au-delà de sa réussite personnelle, le succès de « Sofia » contribue à un mouvement plus large. Le cinéma tunisien est de plus en plus présent dans les festivals internationaux, avec des films qui racontent des histoires vraies et profondes.
Le prix de Manchester n’est pas une révolution, mais une étape supplémentaire. Il prouve qu’un film créé par plusieurs pays et avec une vision personnelle peut plaire à un large public.
Pour Dhafer L’Abidine, ce succès ne marque pas une fin ou un sommet. Il s’inscrit plutôt dans la suite de son parcours : un travail qui avance doucement, film après film, avec l’envie de raconter les choses telles qu’elles sont, sans les simplifier.
Source de l’article : Souffle inédit



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