Youssef Essabban : « L’ambition du CPA est de dépasser les modèles traditionnels et académiques de formation en s’appuyant sur le partage des expériences »
Youssef Essabban
Directeur du campus CPA de Casablanca
Comment le CPA adapte-t-il sa pédagogie au contexte marocain tout en conservant son niveau d’exigence français ?
Le CPA est un parcours unique et référent en France, fort de 90 ans d’expérience dans la formation continue de cadres dirigeants. A l’origine, le CPA a été créé par la Chambre de commerce de Paris et Harvard Business School pour introduire la pédagogie par l’action. Le profil d’un dirigeant est universel quel que soit le pays avec évidemment des spécificités locales.
Les dirigeants doivent tous affronter les mêmes difficultés de l’entrepreneuriat et, selon les pays, les conditions changent en fonction des habitudes et des mentalités. Étant moi-même un lauréat de ce diplôme, je n’ai pas senti que le programme ait été contraint de s’adapter à notre groupe d’une vingtaine de cadres et responsables marocains.
Le programme est universel et c’est le groupe, avec l’expérience et la pédagogie des intervenants, qui crée une alchimie positive et dynamique tout au long du cycle d‘étude. Autrement dit, l’intelligence de l’encadrement additionnée au niveau des participants donne lieu à une exigence qui rejoint la majorité des niveaux d’exigence des plus grandes écoles de formation. Cependant, il faut souligner que la spécificité principale du CPA est que la formation est assurée par des dirigeants professionnels et non des professeurs. On est à tout moment dans le réel de l’entreprise.
Quel rôle le CPA peut-il jouer pour renforcer les compétences des dirigeants et entrepreneurs marocains tout en stimulant l’innovation locale ?
Cet entraînement de haut niveau pour dirigeants ou entrepreneurs développe la capacité à se remettre en cause, à discerner, à affiner son jugement et mieux décider. L’ambition du CPA est de dépasser les modèles traditionnels et académiques de formation en s’appuyant sur le partage des expériences.
Le CPA, c’est la passion, une aventure humaine transformante, le goût d’apprendre autrement en s’appuyant sur des valeurs fortes. Ces valeurs sont le partage, l’engagement et la bienveillance. Le programme aide à comprendre et discerner, analyser et décider, déployer et piloter. C’est donc l’échange des techniques de travail de chaque participant qui enrichit le programme.
Ainsi, les participants, en retournant à leur entreprise, peuvent innover et adapter ce qu’ils ont appris de leurs collègues et formateurs. Le programme propose en majorité des études de cas réels qui sont travaillées en groupe. L’intérêt est qu’il n’y a pas une solution à chaque cas, mais que chaque participant apporte et argumente sa réponse. C’est cela la richesse.
Comment le programme CPA contribue-t-il concrètement à transformer les pratiques managériales dans les entreprises locales ?
Le capital humain est l’investissement qui fait la différence dans ce monde en pleine mutation. Le continent africain est plein de talents qui ne demandent qu’à être mieux « modelés » pour s’améliorer et développer l’économie du continent. Je rappelle que le CPA France a décidé de faire du campus Casablanca son hub africain. Ayant été moi-même témoin de cette expérience, je peux avancer que le CPA m’a apporté une ouverture d’esprit managériale et une façon différente d’appréhender les aléas et obstacles du dirigeant, ainsi que le recul nécessaire pour prendre des décisions.
Par exemple, le danger pour les dirigeants, c’est de s’installer dans une position de confort au point de ne pas vouloir voir des changements. Ne pas changer les choses car nous sommes dans le confort temporaire peut entraîner l’entreprise dans des situations dangereuses.
Le CPA aide à dépasser cette « peur » , à innover grâce au partage et à l’expérience, et à découvrir ce qui se fait ailleurs pour sortir du quotidien routinier. J’ajouterais enfin que le CPA offre également des expériences uniques en partenariat avec l’École Polytechnique, l’École de Guerre Saint-Cyr, HEC Montréal, la Commission de l’Union européenne et le Quartier général de l’OTAN.
Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



Laisser un commentaire