Chronique Hebdo. Un pas en avant, un pas en arrière… et le pétrole en arbitre
La Bourse de Casablanca a passé la semaine à essayer de se relever sans jamais vraiment se redresser. Les séances ont encore ressemblé à ce que le marché offre depuis le début de la guerre, à savoir des mouvements brusques, des reprises qui paraissent solides sur le moment, puis des dégagements rapides dès que la nervosité reprend le dessus. Mardi, le MASI a terminé quasi stable à 17.236,40 points (-0,04%). Mercredi, il a repris 2,05%. Jeudi, il a reperdu 0,84%, avant d’abandonner encore 1,27% vendredi à 17.221,05 points. Au bout du compte, l’indice boucle la semaine sur un repli limité de 0,13%. Une légère baisse qui ne dit pas grand-chose de la tension qui continue de traverser la cote.
Certes, le marché ne décroche plus franchement, mais il ne parvient pas non plus à reconstruire un courant acheteur digne de ce nom. C’est tout le problème du moment. Les investisseurs ont les yeux rivés sur le pétrole. Et tant que celui-ci ne montre pas de détente claire et durable, la pression sur les actions restera difficile à évacuer. Le raisonnement est devenu très simple: un baril élevé maintient vivants les doutes sur l’inflation, sur les taux, sur les coûts et les marges, et finit par peser sur l’appétit pour le risque. Dans ce climat, les opérateurs ont cessé de prendre des paris audacieux. Il leur faut du concret. Pas des commentaires rassurants, pas des mots de circonstance, mais un début de normalisation visible.
Pourtant, sur le volet micro, les publications continuent d’apporter de la matière. La saison des résultats annuels n’est pas encore complètement refermée, et beaucoup d’émetteurs rendent des copies plus qu’honorables, avec des bénéfices en hausse à deux chiffres, parfois davantage, et quelques bonnes surprises à la clé. HPS, par exemple, a publié des résultats 2025 en forte hausse, avec en prime un discours davantage tourné vers l’amélioration de la rentabilité en 2026. Managem a également signé une publication robuste, portée notamment par la montée en puissance de Boto et Tizert. En temps normal, ce type d’annonces aurait probablement nourri un courant de reprise plus consistant. Pour l’instant, le marché regarde ailleurs. Ou plus exactement, le prix du baril.
C’est ce décalage qui résume le mieux la physionomie du trimestre. Nous arrivons à la fin des trois premiers mois de l’année avec un marché qui s’apprête à afficher une performance négative (-8,62 %), alors même que plusieurs paramètres internes lui étaient plutôt favorables il y a encore peu (la pluviométrie en tête). Il faut dire que depuis le début du conflit, ce ne sont plus les seules perspectives bénéficiaires qui donnent le tempo tandis que le marché s’est clairement remis à raisonner en mode défensif.
Par ailleurs, le fait marquant de la semaine est venu de CMT. La société a annoncé qu’Ayrad Group Limited allait acquérir indirectement 37,04% de son capital pour un montant global de 130 millions de dollars, via le rachat de 100% des parts d’OSEAD Fund. Cette opération déclenche mécaniquement une offre publique d’achat obligatoire sur les titres CMT. Sa réalisation est attendue, sous réserve des préalables d’usage, au cours du mois d’avril 2026.
Dans le même mouvement, CMT a indiqué que son Conseil d’administration avait autorisé la conclusion d’un accord transactionnel avec l’Office des changes, moyennant le paiement de 182 MDH, ce qui doit permettre l’extinction des poursuites judiciaires engagées dans les deux dossiers contentieux visant la société. Pour une valeur minière déjà très suivie, ce n’est pas un détail.
Au final, cette semaine n’aura rien réglé. Elle a simplement confirmé que le marché reste suspendu à un facteur extérieur qui l’écrase encore. Tant que ce verrou ne saute pas, les bonnes publications resteront reléguées au second plan, les rebonds seront fragiles, et les investisseurs continueront d’exiger des preuves avant de revenir franchement. En Bourse, les phases de tension finissent toujours par passer. Mais pour l’instant, le marché ne croit que ce qu’il voit.
Source de l’article : Boursenews.ma



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