« Je ne suis pas que la maladie » . Malgré un cancer, une Girondine court le Rallye Aïcha des Gazelles au Maroc

« Je ne suis pas que la maladie » . Malgré un cancer, une Girondine court le Rallye Aïcha des Gazelles au Maroc

Cette course d’orientation, à la boussole, dans le Sahara marocain, est une aventure 100 % féminine où l’entraide l’emporte sur la performance. Du 27 mars au 11 avril, sans GPS, sans téléphone, Céline va « vivre l’instant présent, sans injonction » , « prendre [sa] dose, apprendre de soi, se délester de tout » , avec les dunes pour seul horizon. Un « virus » énergisant dont elle a craint devoir se priver cette année.

Refuser la double peine

Noël 2025, la sportive amatrice apprend qu’elle a un cancer du sein, alors que son buggy est de nouveau engagé pour la 35e édition de la course. Une récidive pour Céline qui a déjà subi une mastectomie totale il y a cinq ans et enchaîné chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie et hormonothérapie pour venir à bout d’un cancer de grade 3. Cette mère de deux grands jeunes hommes sait alors le « tsunami émotionnel » et médical qui va bouleverser sa vie et celle de ses proches. Mais elle refuse d’être « dépendante de la maladie » comme elle rejette la perspective de « n’être que la maladie » .

La chirurgienne et l’oncologue vont alors se coordonner et s’adapter au planning de Céline pour lui permettre de prendre sa « bouffée d’oxygène » dans le désert

Puisqu’en ce mois de mars elle ne pourra pas « annoncer sur les réseaux sociaux la fin de l’hormonothérapie, comme Carla Bruni » , elle entend plus que tout « être actrice de [ses] choix » , malgré le cancer. Sa détermination est telle qu’elle embarque l’équipe médicale de l’Institut Bergonié de Bordeaux, qui la suit. « Par chance, ose-t-elle déclarer, ce nouveau cancer est très localisé et pas trop agressif. » Reste qu’il doit être opéré et suivi, huit semaines après l’intervention, d’une série de séances de radiothérapie. La chirurgienne et l’oncologue vont alors se coordonner et s’adapter au planning de Céline pour lui permettre de prendre sa « bouffée d’oxygène » dans le désert et ne pas lui infliger « une double peine » .

La date d’entrée au bloc de Céline est décalée d’un mois, en février dernier, pour que les dates du rallye correspondent à la période d’attente avant la phase secondaire de la prise en charge de son cancer. Dans cette situation « où on ne choisit pas les traitements que l’on va subir » , Céline salue avec gratitude l’aubaine offerte par l’équipe de Bergonié. « Ils ont fait passer l’humain avant la maladie » , s’enthousiasme l’universitaire bien consciente que c’est aussi parce que son cancer le permettait. La compétitrice qu’elle demeure se souvient alors : « Là, je revivais ! » « La course à la vie » Dès lors, le cancer ne sera plus un sujet de conversation dans son entourage. Sa participation au Rallye des Gazelles monopolise les attentions. Et toute l’énergie de l’Agenaise d’origine, alors qu’il faut préparer les caisses de matériel et le buggy qui précéderont son départ. Pourtant, le cancer est bien là ; avec son lot de coups de fatigue et d’examens de repérages pour la radiothérapie qu’elle débutera le 14 avril. Deux jours seulement après son retour en France. Mais pour Céline, l’heure est « à la course à la vie » .

Source de l’article : Sud Ouest

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