Pavillon français à la Biennale d’art de Venise 2026 : les contours du projet d’Yto Barrada se précisent
Le catalogue
En parallèle du Pavillon, cette publication rendra compte des recherches menées par Yto Barrada pour son projet Comme Saturne. Sa parution à l’été 2026 permettra d’y intégrer des vues d’exposition et de témoigner de manière précise des toutes dernières expérimentations conduites par l’artiste dans les domaines du langage, de la couleur, et de la culture matérielle.
L’ouvrage s’ouvre par un glossaire présentant les termes liés à la teinture, aux tissus et techniques textiles à partir desquels Yto Barrada a développé les œuvres et dispositifs créés pour le pavillon. Dans ce glossaire, des termes polysémiques – attrister, épuise- ment, dévoré, lacune ou doublure –, dont le sens change en fonction du contexte d’énonciation et de production, sont mis en avant, donnant le ton d’une certaine liberté vis-à-vis de l’autorité des savoirs.
Le cœur de la publication est constitué de « planches » où, chaque fois, l’image est centrale et le texte situé dans les marges afin de renverser les codes livresques occidentaux et le primat académique du textuel sur le visuel.
À la manière dont les marges se retrouvent au centre dans le pavillon, les illustrations et les notes de bas de page sont ici premières, accompagnées de commentaires. Le détail d’une œuvre, une vue d’atelier ou d’exposition, une référence iconographique, un instantané de production dialoguent avec des notations, des citations, des mémoires orales afin de mettre en pratique une esthétique de la relation, de l’arborescence et de la pensée en mouvement. Dans cette « encyclopédie subjective » , le lecteur bifurque et dérive au gré des associations et des renvois, notamment au glossaire introductif. Ce faisant, l’ouvrage est tissé de nombreuses perspectives et lignes de fuite qui prolongent l’expérience de l’exposition de Venise.
L’ouvrage comprend également une introduction de Myriam Ben Salah, directrice de la Renaissance Society (Chicago) et commissaire du pavillon, un essai d’Arnaud Dubois, anthropo- logue de la couleur (CNRS) et conseiller scientifique du pavillon, et une contribution inédite de l’historien et écrivain oulipien Marcel Bénabou.
À Paris, deux résonances ont été planifiées. À l’automne, une rencontre de l’artiste et de sa commissaire avec des directeurs et directrices de grands musées internationaux participants au programme Focus arts visuels de l’Institut français pendant la semaine d’Art Basel Paris.
En fin d’année 2025, l’artiste est intervenue à l’occasion du festival franco-indien au Mobilier national « Ce qui se trame – Histoires tissées entre l’Inde et la France » , un événement exceptionnel dédié à la création textile, à la croisée de l’art contemporain et de l’artisanat d’art. A cette occasion, une oeuvre textile de l’artiste a été présentée dans l’exposition et une conférence s’est déroulée entre Yto Barrada et l’éditeur et critique d’art Clément Dirié, le 7 décembre 2025.
Une nouvelle résonance est prévue à Tanger du 10 au 12 juillet 2026, à l’occasion des 20 ans de la Cinémathèque co-fondée par Yto Barrada avant l’itinérance internationale du Pavillon français à l’issue de la 61e Exposition Internationale d’Art de La Biennale di Venezia.
Source de l’article : Institut français



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