Aquaculture : trois plans régionaux soumis à l’évaluation environnementale

Aquaculture : trois plans régionaux soumis à l’évaluation environnementale

L’ANDA a lancé l’évaluation environnementale de trois plans d’aménagement aquacole des régions de Laâyoune-Sakia El Hamra, Marrakech-Safi et Casablanca-Settat. Au total, une somme de 1,5 MDH sera mobilisée pour la réalisation de cette opération qui aboutira à la création d’un Plan-cadre de gestion environnementale et sociale pour chaque région. Parallèlement, l’Agence procède aussi à l’actualisation du premier plan national à Dakhla-Oued Eddahab.

En vertu des dispositions de la loi n° 84-21 relative à l’aquaculture marine, la publication des Plans d’aménagement aquacole (PAA) par décret est conditionnée par la réalisation préalable d’une Évaluation environnementale stratégique (EES) selon l’article 18 de cette loi.

À ce titre, et dans le cadre de la préparation de la publication des PAA des régions de Laâyoune-Sakia El Hamra, Marrakech-Safi et Casablanca-Settat, l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) a lancé la réalisation de l’évaluation environnementale stratégique de ces trois plans régionaux d’aménagement aquacole.

Au total, une somme de 1,5 MDH sera mobilisée pour la réalisation de cette évaluation. Outre la nécessaire conformité juridique, la réalisation de cette EES constitue une composante essentielle pour se conformer aux exigences des bailleurs en matière de principes de sauvegarde environnementale et sociale, et un aspect fondamental pour veiller à ce que les PAA soient intégrés à la durabilité sociale et environnementale au niveau stratégique ainsi qu’au niveau des investissements.

Sur le plan technique, l’évaluation aboutira à la création d’un Plan-cadre de gestion environnementale et sociale (PCGES) pour chaque région. Ce document propose des indicateurs de suivi pour mesurer l’évolution de la biodiversité et de la qualité des eaux à proximité des zones d’exploitation, en plus de l’élaboration d’un Plan d’engagement des parties prenantes (PEPP).

Dakhla : actualisation du 1er plan aquacole au niveau national

Pour rappel, la mise en œuvre de ces PAA, qui a porté sur huit régions littorales du Royaume, a fait l’objet d’appels à manifestation d’intérêt lancés par l’ANDA pour la sélection des projets à autoriser pour l’exploitation des espaces propices identifiés.

À noter que près d’une décennie après le lancement des Plans régionaux d’aménagement et de gestion aquacoles (PAA), l’ANDA a procédé à l’actualisation du premier plan aquacole au niveau national, notamment celui de la région Dakhla – Oued Eddahab. Une révision qui s’inscrit en droite ligne du décret n° 2.23.1032 relatif aux plans régionaux d’aménagement et de gestion récemment publié au Bulletin officiel, lequel a clarifié les procédures d’approbation et d’évaluation des projets aquacoles avec la mise en place d’un cadre juridique et réglementaire de nouvelle génération.

L’étude, estimée à 4,7 MDH, porte sur l’élaboration de ce PAA de la région de Dakhla – Oued Eddahab incluant son évaluation environnementale stratégique, ainsi qu’un projet des structures aquacoles et son étude d’impact sur l’environnement.

Une production estimée à plus de 210.000 tonnes

Rappelons que l’activité de l’aquaculture a enregistré, au cours de l’année 2024, une production de 4.271 tonnes pour une valeur avoisinant 308 millions de dirhams, avec la création de plus de 1 000 emplois directs. Grâce à 324 projets aquacoles autorisés, dont 122 à caractère social destinés aux jeunes entrepreneurs et aux coopératives de pêche artisanale, la production visée s’élève à 210.000 tonnes, pour un investissement de 2,8 milliards de dirhams, avec la création d’environ 14.000 emplois à terme.

Aussi, les plans aquacoles ont identifié, pour leur part, un potentiel important, avec une superficie totale propice à l’activité aquacole d’environ 24.000 hectares destinée à la culture de coquillages, de poissons et d’algues. Complémentaire à la pêche, l’aquaculture avec ses plans régionaux représente une production attendue supérieure à 300.000 tonnes. Ces plans ont mobilisé une enveloppe de 17 millions de dirhams et ont permis de donner une visibilité aux investisseurs et aux jeunes entrepreneurs sur les opportunités d’investissement en mer dans les différentes filières aquacoles.

Atteindre 500 MDH de CA à l’horizon 2027

Par ailleurs, dans la feuille de route 2025-2027 du secteur de la pêche au Maroc, l’aquaculture est identifiée comme un gisement de croissance pour diversifier l’économie bleue. Les ambitions chiffrées prévoient de faire passer le chiffre d’affaires des exploitations aquacoles de 41 MDH actuellement à 500 MDH à l’horizon 2027. En termes d’emplois, l’objectif est d’atteindre 8.000 postes (directs et indirects), contre 1.100 aujourd’hui.

L’aquaculture devrait ainsi apporter une contribution de 0,5 MMDH de valeur ajoutée supplémentaire au secteur halieutique global. Pour soutenir cette dynamique, cet axe bénéficie de l’enveloppe budgétaire la plus importante des quatre piliers de la stratégie, avec un investissement total de 609 millions de dirhams sur trois ans. Les projets structurants se concentrent sur la mise en place d’incitations financières, le développement du « clustering » à terre et une recherche active pour diversifier la production (pisciculture, conchyliculture et algoculture).

La feuille de route prévoit également la création d’une interprofession dédiée et le renforcement de l’amont productif, notamment via la recherche sur l’aliment piscicole et l’installation d’écloseries locales, afin de garantir la souveraineté et la compétitivité de la filière sur les marchés nationaux et internationaux.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

Source de l’article : LesEco.ma

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