Le Maroc retrouve des couleurs dans les agrumes

Le Maroc retrouve des couleurs dans les agrumes

La filière agrumicole marocaine aborde la campagne 2025-2026 avec des perspectives de production en reprise, après plusieurs saisons marquées par le stress hydrique et la baisse des rendements.

Les dernières estimations disponibles situent la production nationale autour de 1,9 à 2,0 millions de tonnes, un niveau en légère progression qui reste toutefois inférieur aux années les plus performantes du secteur. Cette évolution s’explique principalement par l’amélioration des conditions climatiques enregistrées durant l’hiver et le début du printemps, qui ont favorisé la nouaison et le développement des fruits dans plusieurs bassins agrumicoles.

Selon les données publiées par le Département américain de l’Agriculture, les petits agrumes continuent de dominer la structure de production nationale. Les mandarines et clémentines devraient atteindre environ 1,15 million de tonnes, en hausse d’environ 4 % par rapport à la campagne précédente. Les oranges resteraient autour de 970 000 tonnes, affichant une progression limitée, tandis que les citrons et limes progresseraient à près de 48 000 tonnes. Cette configuration confirme la mutation progressive du verger marocain en faveur des variétés de petits agrumes, mieux adaptées aux marchés d’exportation.

Sur le plan commercial, les exportations de mandarines sont attendues à environ 550 000 tonnes. Cette performance serait liée à l’amélioration des calibres et à une qualité jugée plus homogène. En revanche, les exportations d’oranges devraient rester limitées, autour de 85 000 tonnes, confirmant la perte de compétitivité de ce segment face à la concurrence internationale, notamment égyptienne. Cette situation renforce l’importance stratégique de la diversification variétale et du positionnement sur les créneaux à forte valeur ajoutée.

À ce stade de la campagne, les opérateurs observent une amélioration des rendements dans les zones bénéficiant d’apports pluviométriques plus réguliers. Toutefois, la disponibilité en eau reste un facteur déterminant pour la consolidation des volumes. La reprise attendue demeure donc modérée et ne devrait pas entraîner une saturation du marché, ce qui constitue un élément favorable pour les prix à l’export.

Dans ce contexte, la filière agrumicole marocaine entre dans une phase de stabilisation progressive, portée par les petits agrumes mais toujours confrontée aux défis structurels liés à l’eau, à la compétitivité et à la logistique export.

Sources : USDA et Freshplaza

Source de l’article : AgriMaroc

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