Onze jours après son retour à Nantes, Vahid Halilhodzic va enfin pouvoir tester son influence face à Strasbourg

Onze jours après son retour à Nantes, Vahid Halilhodzic va enfin pouvoir tester son influence face à Strasbourg

Ils étaient une petite centaine, vendredi matin, à assister à l’entraînement des Canaris à la Jonelière, et ils ont applaudi quand Vahid Halilhodzic s’est avancé vers eux avant la séance. Le charismatique coach franco-bosnien leur a dit que son équipe ne méritait sans doute pas leur soutien vu son parcours (0,68 point par match), mais qu’elle en avait vraiment besoin pour ce dimanche soir, déjà, si elle se montre à la hauteur face à Strasbourg (20 h 45).

Voilà onze jours que l’ancien coach de Lille et du PSG est à nouveau au chevet de son FC Nantes, après la mise à l’écart d’Ahmed Kantari, qui avait succédé à Luis Castro le 11 décembre. L’heure est donc toujours grave : Nantes, 17e et relégable, compte un match en moins après le report fin avril de son rendez-vous au Parc des Princes normalement prévu le week-end dernier, et il en a donc neuf pour finir devant Auxerre avant de jouer sa survie en barrage, car les autres, devant, apparaissent trop loin. « Il faut y croire, il y a un petit espoir, mais ça me paraît compliqué, observait Maxime, 32 ans. On va déjà voir contre Strasbourg si le coach a ramené sa patte. » Halilhodzic l’alchimiste qui peut tout changer ? « Je suis optimiste sur sa capacité à changer les comportements, relevait de son côté Gilles, 68 ans. Mais pessimiste par rapport aux échéances à venir. Enfin, les quatre prochains matches (Strasbourg, Metz, Auxerre, Brest) livreront sans doute la tendance. En espérant qu’il mette les joueurs à leur bonne place, qu’on développe un jeu d’attaque pour gagner plutôt qu’une défense renforcée, qu’on soit patron à la Beaujoire. » Lundi soir, « coach Vahid » a aussi rencontré les associations de supporters, et la reprise des encouragements du côté de la Brigade Loire, le 12e homme, n’est pas à exclure si l’équipe se démène. Pour ce faire, le technicien de 73 ans s’est employé à retaper son équipe, en poussant les curseurs physiques et tactiques. Sans séance aménagée pour un Francis Coquelin, par exemple, qui a rechuté (ischios), mais en s’adaptant aux 14 joueurs concernés par le ramadan avec des séances l’après-midi.

Vendredi matin, feuilles à la main, sifflet au cou et Copa Mundial aux pieds pour une copieuse séance, on l’a vu encourager, houspiller, replacer, s’attacher à pas mal de détails, même de base, comme sauter sans pousser pour disputer un ballon aérien. Il semblait s’orienter vers un 4-3-3 avec Matthis Abline côté gauche, Dehmaine Tabibou ou Rémy Cabella côté droit de l’attaque et une charnière centrale Chidozie Awaziem-Tylel Tati.

S’il lui arrive encore de mélanger les prénoms, il est à nouveau dans son élément, près de quatre ans après son dernier match sur un banc, avec le Maroc au Liberia (2-0), le 13 juin 2022, et s’est surpris à se remettre en route aussi rapidement. « Je suis satisfait de l’implication, a-t-il avancé au point presse. Il y a une progression sur la récupération, le pressing, les enchaînements rapides. » Il aura multiplié les entretiens, absorbé « des cassettes » (vidéos) de son équipe et du Racing, montré l’exemple Ousmane Dembélé sur le pressing et comme il aime si bien taquiner ses joueurs, ils l’ont chambré sur les pompes, « alors j’en ai fait trente » , a-t-il glissé. Ce dimanche soir, après une mise au vert classique, il sera un peu plus fixé sur l’espoir de maintien s’ils décrochent un cinquième succès, sur leur capacité à se bagarrer vraiment, à nager à contre-courant dans la vase, et il croit en eux à travers lui. « Tout passe par Strasbourg, dit-il. C’est un des moments les plus difficiles de l’histoire de Nantes, on n’a pas le droit de passer à côté. »

Source de l’article : L'Équipe

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