Diaspo #433 : Meriem Kouis, du Sahara à la poésie aux Émirats arabes unis

Diaspo #433 : Meriem Kouis, du Sahara à la poésie aux Émirats arabes unis

La poétesse marocaine Meriem Kouis est originaire de la ville de Guelmim. Dans son entretien à Yabiladi, elle a affirmé être fière de ses « racines qui portent une profondeur historique, culturelle et spirituelle, d’autant que le Sahara n’est pas simplement un espace géographique, mais aussi une mémoire, une pulsation unique qui habite la langue en lui conférant clarté et ampleur » .

Son enfance et son éducation ont eu lieu dans d’autres villes du Maroc, loin du sud, ce qui lui a permis d’acquérir une double expérience entre l’esprit du Sahara et l’ouverture des centres urbains.

À son actif, Meriem Kouis compte de nombreuses spécialités. Elle détient un master en littérature arabe, qui a approfondi sa connexion avec les textes et élargi sa vision critique et esthétique, et un diplôme en programmation informatique de France, qui a ajouté une dimension différente à son éducation. Elle a également étudié le droit public.

Cette diversité l’a amenée à la conviction que « la créativité ne s’oppose pas à la science mais la complète, en façonnant un esprit ouvert et équilibré » .

Meriem Kouis a migré aux Émirats arabes unis en 2004. « Lorsque je suis passée du Maroc aux Émirats arabes unis, je n’ai pas eu l’impression de quitter une patrie pour un endroit étranger, mais plutôt comme si je passais d’une maison à une autre » , nous dit-elle.

Avec le temps, « cette frontière imaginaire entre ‘là-bas’ et ‘ici’ s’est estompée » . « La distance n’est plus mesurée par la géographie, mais par la familiarité que l’on crée dans son cœur » explique-t-elle. « Par conséquent, je n’écris pas sur l’éloignement autant que j’écris sur la continuité, sur la capacité de l’humain à se faire un foyer là où il trouve sécurité et appréciation, et à porter ses racines avec lui, sans abandonner ses nouveaux horizons » .

Quand la poésie a choisi Meriem Kouis

La relation de Meriem Kouis avec la poésie n’est pas un fruit du hasard. Tout a commencé dès son jeune âge, lorsqu’elle a découvert que les mots « ne sont pas des lettres rigides, mais des êtres vivants habiles à écouter » . Elle a alors écrit de petites pensées dans des cahiers et avec le temps, cette passion s’est transformée en un projet de sensibilisation et de formation par une lecture attentive et différentes expériences. Aujourd’hui, elle affirme avec confiance : « La poésie n’était pas un passe-temps éphémère, mais un destin esthétique que j’ai choisi… et qui m’a choisie. » Meriem Kouis y aborde plusieurs thèmes, principalement « l’identité comme une question ouverte » , en mettant en avant « la femme en tant qu’entité humaine où coexistent force et fragilité, silence et rébellion, rupture et élévation » .

Ses textes font également la part belle à l’amour, aux questions existentielles et aux petits détails qui créent un grand sens dans la vie d’une personne.

En plus de la poésie arabe, Meriem Kouis écrit de la poésie Nabati, une combinaison entre le langage classique et les dialectes de la péninsule arabique.

Meriem Kouis a reçu de nombreux honneurs reflétant son statut dans la scène littéraire et culturelle. Elle a été distinguée lors de la 14e édition du Festival coranique de Sharjah pour les enfants en 2023, ainsi qu’à la 14e édition du Festival de poésie arabe de Sharjah en 2023.

Elle a également été honorée dans le cadre de l’initiative « Notre patrimoine » en marge de la campagne « L’hiver le plus beau du monde » aux Émirats arabes unis, en 2022.

En reconnaissance à ses contributions littéraires, elle a par ailleurs reçu le titre d’ambassadrice de la littérature arabe au Forum culturel et artistique Al Bassam. Elle a également eu une médaille d’excellence de l’Académie Al Huda Diamond pour la poésie et la littérature. « Je porte l’esprit du Maroc dans ma langue, mes images et ma mémoire. Je trouve dans ma résidence aux Émirats arabes unis un vaste espace de dialogue et de rencontre, où les expériences se croisent et les visions se complètent. » Meriem Kouis

Un recueil et un tournant : Confessions Nabati

Meriem Kouis travaille actuellement sur un premier recueil de poèmes qui constitue un tournant dans son expérience. Pour elle, il s’agit d’une collection avec « une langue plus condensée et une vision plus audacieuse, un texte équilibré entre confession personnelle et horizon humain » . « Ma première collection est une œuvre poétique Nabati qui reflète mon expérience personnelle et ma vision de la vie, à travers des poèmes entre sentiment émotionnel et réflexions humaines. Dans cette collection, j’ai tenu à présenter un style qui combine simplicité et profondeur, accessible au lecteur, faisant écho à ses sentiments et à ses préoccupations. » Meriem Kouis

La collection aborde plusieurs thèmes, notamment l’amour, la perte et la nostalgie, en plus de certains textes qui touchent à la réalité et reflètent des situations vécues ou inspirantes. Elle tente de concilier la nature classique de la poésie Nabati et la modernité du style.

Son ambition plus large est que ses poèmes traversent les frontières et « laissent un impact authentique dans le cœur du lecteur, comme un murmure qui ne s’éteint jamais » . En plus de la littérature, Meriem Kouis occupe le poste de directrice d’un showroom automobile dans l’émirat d’Ajman.

Source de l’article : Yabiladi.com

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