Londres, Bruxelles, Dublin, le Maroc… Comment les aéroports de la région choisissent-ils leurs destinations touristiques pour l’été ?
Dans une enquête réalisée en 2023 par l’office de tourisme de Béziers, 75 % des passagers interrogés déclaraient que l’aéroport a été déterminant dans le choix du voyage. C’est exactement le genre de (douce) déclaration qu’aiment entendre les aéroports de la région. Et avec un peu plus de 40 %, les voyageurs anglais arrivaient en tête des origines des passagers, dont, à 80 %, la venue est liée à une motivation de vacances. Mieux : trois visiteurs sur cinq foulaient le tarmac biterrois pour la première fois. « Lorsque nous regardons les destinations, nous choisissons d’abord celles qui nous permettent d’aller chercher des touristes avec des paniers moyens de dépenses intéressants » , commente Isabelle Roumagnou, directrice (par intérim) de l’aéroport Béziers Cap d’Agde. « Nous prenons en compte plusieurs paramètres, notamment des provenances qui favorisent l’économie du territoire » . Pour Romain Wino, directeur de projets exploitation au sein d’Edeis, l’opérateur en charge de l’aéroport de Nîmes, « deux critères » sont pris en compte au moment du choix des lignes à accueillir.
Londres et Bruxelles, des destinations « très robustes » Le premier ? « Si l’on prend l’exemple d’une ligne vers le Maroc, c’est d’abord la capacité du marché local à générer des flux touristiques vers le Maroc » . C’est ce que l’on appelle les « flux sortants » . Le second ? « Le besoin exprimé par les gens localement pour des motifs affinitaires, c’est-à-dire les amis et les familles » . Il prend également l’exemple de la cible britannique. « Là, le principal critère sur ce marché, c’est l’attractivité de Nîmes, du Gard, de la Provence en général » . Ce sont les « flux entrants » .
Romain Wino précise également que « des destinations comme Londres Stansted ou Bruxelles Charleroi sont réputées être très robustes du point de vue marché car elles portent une demande forte dans les deux sens » . Ce n’est pas un hasard « si on les retrouve un peu partout » . Comme, outre Nîmes, à Rodez, Carcassonne, Perpignan ou encore Béziers. Ce qui ne manque pas parfois d’interroger sur la pertinence d’avoir les mêmes lignes à quelques dizaines de kilomètres de distance…
L’atout des hubs
Parfois, le choix de certaines destinations est l’occasion d’ouvrir l’aéroport sur le monde. Ainsi, avec les aéroports d’Amsterdam, Dublin et de Zurich, par exemple, Montpellier offre une fenêtre sur le monde. KLM (Amsterdam), Aer Lingus (Dublin) et Swiss (Zurich) permettent de voyager sur des lignes long-courriers sans passer par Roissy Charles de Gaulle, le hub d’Air France. « Dublin offre aujourd’hui un atout non négligeable, dans la mesure où il sert de prédouane aux services américains de l’immigration, lorsqu’on veut aller vers New-York ou Boston » , insiste Pascal Bigot, directeur du développement de l’aéroport Montpellier Méditerranée. « C’est dire l’importance, pour nous, de revenir vers Dublin et d’intégrer cette destination dans notre programme d’été » . Aer Lingus opérait, en effet, au départ de Montpellier jusqu’en 2019. Il s’agit donc d’un retour. Tout comme Stockholm, une destination proposée par la low cost Norwegian (qui ouvre aussi vers les pays scandinaves, avec Copenhague et Oslo).
Source de l’article : Midi Libre



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