On a classé les « meilleurs films » des Oscars depuis leur création

On a classé les « meilleurs films » des Oscars depuis leur création

Avant de savoir lequel des grands favoris Marty Supreme et Une bataille après l’autre, sera récompensé cette nuit lors de la 98e cérémonie des Oscars, nous avons décidé au Point, de passer en revue tous ceux qui depuis la création de la cérémonie au début des années 1930 ont eu la chance de récolter l’oscar du meilleur film.

Chacun des participants – un peu plus de 70 – a donc voté (c’est dans l’air du temps) en proposant proposé un classement de ses 10 meilleurs films oscarisés, par ordre de préférence. La règle de calcul a été la suivante : 10 points ont été attribués au premier, 9 au deuxième, 8 au troisième et ainsi de suite. Il ne restait plus qu’à totaliser les points afin de dresser le top 50 que nous vous proposons ici.

Il y a dans l’exercice du classement une cruauté mathématique qui, souvent, révèle les petits arrangements d’une époque avec le bon goût. À scruter cette liste des cinquante films oscarisés les plus plébiscités par notre rédaction, on est d’abord frappé par une évidence qui prend des allures de dictature avec l’écrasante hégémonie du film qui prend la première place avec ses 333 points et ses 41 citations.

Mais ce qui amuse le plus dans le haut de ce palmarès, c’est le triomphe du cynisme et de la noirceur sur les bons sentiments hollywoodiens. Une prédominance qui en dit long sur notre admiration, face à une Amérique qui n’a pas peur de regarder ses démons en face.

Le classement laisse évidemment de la place aux grands classiques hollywoodiens récompensés comme Autant en emporte le vent, Casablanca ou Ben-Hur, mais il ouvre également sa porte à des films très récents comme Oppenheimer ou encore Parasite, qui s’offre même le luxe d’intégrer le top 10.

On sourira, peut-être, de voir quelques films et/ou bluettes souvent considérées par la critique comme les pires lauréats, parvenir à se hisser dans ce top 50 devant des œuvres iconiques. Enfin, ayons une pensée pour Platoon qui reste à la porte de ce classement, en 51e position ou pour la fierté tricolore qui en prend un coup, reléguant The Artist à la… 59e place.

Top 50 à 41

50. Dans la chaleur de la nuit, de Norman Jewison (1968)

Sacré meilleur film sous le nez de Bonnie et Clyde, de Devine qui vient dîner ce soir ? et du Lauréat, le film antiraciste de Norman Jewison offre le premier rôle à Sidney Poitier, qui incarne ici un policier du nord des États-Unis, impliqué dans une enquête au sein d’une petite ville du sud. Le succès est tel que ce film donnera naissance à une série.

49. Moonlight, de Barry Jenkins (2017)

Adapté de la pièce de théâtre In Moonlight Black Boys Look Blue de Tarell Alvin McCraney, le film de Barry Jenkins (Mufasa : Le Roi Lion) revient sur l’odyssée poignante d’un jeune Afro-Américain qui se bat pour vivre son homosexualité. Ce soir-là, le film La La Land est annoncé vainqueur avant que le remettant Warren Beatty ne vienne expliquer cette erreur.

48. Le Dernier Empereur, de Bernardo Bertolucci (1988)

De Liaison fatale d’Adrian Lyne à Empire du soleil de Steven Spielberg, en passant par Hope and Glory de John Boorman, ils sont nombreux les films à être repartis bredouilles cette année-là. Oubliez les drames intimistes, Bernardo Bertolucci a sorti le rouleau compresseur avec Le Dernier Empereur : 9 nominations, 9 statuettes.

47. La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro (2018)

Onze ans après Le labyrinthe de Pan, Guillermo del Toro voit son film récompensé aux Oscars devant Call Me by Your Name de Luca Guadagnino, Dunkerque de Christopher Nolan ou Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance de Martin McDonagh. Le film obtint aussi le Lion d’or à Venise et rassembla plus de 1,3 million de spectateurs en France.

46. Le Pont de la rivière Kwaï, de David Lean (1958)

Adapté du roman de Pierre Boulle, le film de David Lean obtient sept oscars, dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour Alec Guinness.

45. Collision, de Paul Haggis (2006)

Le film choral de Paul Haggis – à qui l’on doit aussi le scénario de Million Dollar Baby – avec, entre autres, Sandra Bullock, Don Cheadle, Matt Dillon et Terrence Howard – obtient, contre toute attente, la statuette du meilleur film face au Secret de Brokeback Mountain, d’Ang Lee, et à Munich, de Spielberg.

44. La Mélodie du bonheur, de Robert Wise (1966)

Robert Wise, souvent considéré à tort comme un tâcheron de Hollywood, touche le public et les votants des Oscars (Le Docteur Jivago est nommé la même année) avec cette comédie musicale, née à Broadway, portée par une Julie Andrews en plein essor deux ans après Mary Poppins.

43. L’Arnaque, de George Roy Hill (1974)

Ce grand succès au box-office de Hollywood rassemble Robert Redford et Paul Newman devant la caméra de George Roy Hill. Ajoutez-y un thème musical immédiatement identifiable et le film rafle la statuette sous le nez d’American Graffiti, de George Lucas, et de L’Exorciste, de William Friedkin.

42. La Garçonnière, de Billy Wilder (1961)

Le film rafle cinq récompenses cette année-là, dont celle du meilleur réalisateur et du meilleur scénario original (dix ans après Boulevard du Crépuscule) pour Billy Wilder. Pas de statuette en revanche pour Shirley MacLaine, ni pour Jack Lemmon.

41. Green Book, de Peter Farrelly (2019)

Hollywood rejoue un peu la carte de Miss Daisy et son chauffeur avecGreen Book : sur les routes du Sud, qui est préféré par les Oscars à Black Panther, de Kevin Feig, ou BlacKkKlansman : j’ai infiltré le Ku Klux Klan, de Spike Lee.

Top 40 à 31

40. Argo, de Ben Affleck (2013)

Ce thriller politique retrace le sauvetage en 1979 à Téhéran de six des otages de l’ambassade américaine durant la Révolution iranienne. Ben Affleck n’obtiendra pas la statuette du meilleur réalisateur au profit d’Ang Lee pour L’Odyssée de Pi.

39. Kramer contre Kramer, de Robert Benton (1980)

Apocalypse Now et Coppola devront s’incliner face au film de Robert Benton, par ailleurs scénariste sur Bonnie and Clyde et le Superman de Richard Donner, qui offre une partition en or à Meryl Streep et Dustin Hoffman, dans le rôle d’un couple confronté à un divorce compliqué.

38. Birdman, d’Alejandro G. Iñárritu (2015)

Ce film, présenté sous forme d’un plan séquence, revient sur l’adaptation théâtrale de la nouvelle Parlez-moi d’amour, de Raymond Carver, en 1981. Il obtient la statuette, devant Whiplash de Damien Chazelle, American Sniper de Clint Eastwood ou The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson. La consécration pour Iñárritu !

37. Sur les quais, d’Elia Kazan (1955)

Elia Kazan signe l’un de ses plus beaux films en se plongeant dans la rébellion des dockers de New York. Autour d’un Marlon Brando qui, à 30 ans, crève l’écran, oscar à la clé, on retrouve Karl Malden et la frêle Eva Marie Saint, elle aussi récompensée de l’Oscar du meilleur second rôle.

36. Shakespeare in Love, de John Madden (1999)

Cette année-là, on aurait bien vu La Ligne rouge, de Terrence Malick,Il faut sauver le soldat Ryan, de Steven Spielberg, ou même La vie est belle, de Roberto Begnini, repartir avec la statuette… Mais finalement, c’est ce film de John Madden, qui imagine la vie amoureuse de Shakespeare, qui sera récompensé.

35. Démineurs, de Kathryn Bigelow (2010)

Le film de Kathryn Bigelow, qui suit une équipe américaine de déminage ayant pour mission de désamorcer les engins explosifs en Irak, récolte six Oscars. Dont celui du meilleur film et de la meilleure réalisation, devant Avatar, de James Cameron.

34. French Connection, de William Friedkin (1972)

Premier grand succès de William Friedkin, le film oscarisé devant Orange mécanique, de Kubrick, est récompensé par 5 oscars, dont celui du meilleur acteur pour Gene Hackman. Célèbre pour sa course-poursuite en voiture sous le métro aérien de Brooklyn, le film aura une suite en 1975, dirigée par John Frankenheimer.

33. Le Patient anglais, d’Anthony Minghella (1997)

Récompensé par 9 oscars, ce mélo flamboyant a marqué le public français grâce, notamment, à la performance de Juliette Binoche, qui recevra l’Oscar du meilleur second rôle. Le regretté Anthony Minghella obtiendra, lui, la statuette pour son travail de metteur en scène, à la barbe des frères Cohen nommés pour Fargo et de Milos Forman pour Larry Flint.

32. American Beauty, de Sam Mendes (2000)

Cette crise de la quarantaine, version Sam Mendes et scénarisée par Alan Ball (futur auteur de la série Six Feet Under), barrera la route à La Ligne verte, de Frank Darabont, et totalisera plus de trois millions d’entrées en France.

31. Ben-Hur, de William Wyler (1960)

Avec ses 11 oscars, ce péplum mythique restera très longtemps détenteur du record du plus grand nombre de statuettes obtenues. Une course de char entrée dans la légende, qui nécessita plus de deux mois et demi de prises de vues, un Charlton Heston aussi charismatique que naïf sur les doubles sens du scénario… Le film de William Wyler aurait mérité mieux dans ce classement.

Top 30 à 21

30. Rain Man, de Barry Levinson (1989)

Il faut déjà se souvenir que parler de l’autisme et en faire un film qui va casser la baraque, relève, en 1988, de l’exploit. Dustin Hoffman prouve une fois de plus qu’aucun défi ne lui fait peur. Le film, qui a peut-être un peu vieilli, passait devant Les Liaisons dangereuses, de Stephen Frears, Mississippi Burning, d’Alan Parker, ou encore Working Girl, de Mike Nichols.

29. Million Dollar Baby, de Clint Eastwood (2005)

Dix ans après le triomphe d’Impitoyable, Clint Eastwood bat Martin Scorsese et son Aviator. Du jour au lendemain, Hilary Swank, remarquable dans le rôle de la boxeuse Maggie Fitzgerald devient une star à Hollywood.

28. Rebecca, d’Alfred Hitchcock (1941)

Le roman de Daphné du Maurier datait de 1938, Hitchcock l’adapte deux ans plus tard et oppose la douce Joan Fontaine au ténébreux Laurence Olivier. Le maître du suspense ne verra pas sa réalisation récompensée (au profit de John Ford pour Les Raisins de la colère) mais comme il sait faire rimer épaisseur du mystère et jeux de lumières, l’Oscar de la meilleure photographie reviendra à son chef opérateur, George Barnes.

27. Rocky, de John G. Avildsen (1977)

Rocky, c’est le rêve américain version gants de boxe. Le film, écrit et interprété par Sylvester Stallone, s’attache au destin de Rocky Balboa, un boxeur amateur qui doit mener le combat de sa vie. Résultat : un carton au box-office, trois oscars et plusieurs suites… bien moins intéressantes.

26. Eve, de Joseph L. Mankiewicz (1951)

Peut-être le meilleur film de Mankiewicz, qui s’amuse ici à décortiquer le monde du cinéma, ses coups retors maquillés et ses hypocrisies de cours. Un petit bijou qui redonne à Bette Davis l’occasion de faire la preuve de son talent… 14 nominations et 6 oscars à la clé.

25. Le Seigneur des anneaux : le retour du roi, de Peter Jackson (2004)

Le dernier épisode de la trilogie adaptée de Tolkien, remporte en 2005 pas moins de onze oscars (essentiellement techniques). Mais Peter Jackson devient aussi le meilleur réalisateur de l’année. De quoi faire mentir la légende qui veut que les blockbusters à grand spectacle ne soient jamais récompensés.

24. Slumdog Millionaire, de Danny Boyle (2009)

Conte moderne venu des bidonvilles de Mumbai, Slumdog Millionaire a électrisé Hollywood. Lors de la cérémonie des Oscars 2009, le film de Danny Boyle rafle huit statuettes, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. Une razzia qui propulse ce récit d’ascension improbable d’un jeune garçon devenu star d’un jeu télévisé, au rang de phénomène mondial.

23. West Side Story, de Jerome Robbins & Robert Wise (1962) « I want to live in America » , clamait Rita Moreno dans l’une des chansons phares de cette comédie musicale, née à Broadway et menée de main de maître, pour le grand écran, par Robert Wise et Jerome Robbins. L’Amérique est conquise, qui lui offre dix statuettes.

22. Out of Africa, de Sydney Pollack (1986)

Avec Out of Africa, Sydney Pollack offre au 7e art un nouveau couple iconique – Robert Redford et Meryl Streep – et une scène mythique bien plus efficace que n’importe quel spot de pub pour un shampooing. Dans la course à l’oscar, le film coiffe au poteau La Couleur pourpre, de Spielberg, Witness, de Peter Weir, Le Baiser de la femme araignée, d’Héctor Babenco, et L’Honneur des Prizzi, de John Huston.

21. Danse avec les loups, de Kevin Costner (1991)

Et s’il s’agissait du premier film écolo de Hollywood ? Quoi qu’il en soit, cette somptueuse fresque redore le blason du western en lui donnant de nouvelles couleurs. Le tenace Kevin Costner entre dans la cour des grands, en s’imposant devant Le Parrain, troisième partie, de Coppola, et Les Affranchis, de Scorsese, avec un film devenu une référence, auréolé au total de sept oscars.

Top 20 à 11

20. Le Discours d’un roi, de Tom Hooper (2011)

Le film passe devant Black Swan, de Darren Aronofsky, pourtant parti favori dans la course à la statuette. La prestation de Colin Firth, dans le rôle du futur George VI contraint de corriger son bégaiement, est elle aussi récompensée.

19. Oppenheimer, de Christopher Nolan (2024)

Avec Oppenheimer, Christopher Nolan dynamite les codes du biopic. Le père de la bombe atomique, Julius Robert Oppenheimer, prend les traits de Cillian Murphy (oscarisé également) dans cette fresque de trois heures qui, sur la scène des Oscars du moins, remportera sa bataille contre l’autre bombe de l’année, Barbie.

18. Impitoyable, de Clint Eastwood (1993)

Avec Impitoyable, Clint Eastwood plante à nouveau la bannière du western à Hollywood. Lors de cette 65e cérémonie, le film remporte quatre statuettes, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur (devant Robert Altman pour The Player). Dans la course au meilleur film, il devance The Crying Game, de Neil Jordan, Des hommes d’honneur, de Rob Reiner, Retour à Howards End, de James Ivory, et Le Temps d’un week-end, de Martin Brest. cette année-là, Régis Warnier reçoit l’oscar du meilleur film étranger pour Indochine.

17. Autant en emporte le vent, de Victor Fleming (1940)

Huit oscars au total – dont le premier décerné à une actrice noire, Hattie McDaniel – pour un film qui entra dans la légende dès sa phase préparatoire. Les décors de King Kong brûlés pour donner vie à l’incendie d’Atlanta, les yeux verts de la Britannique Vivien Leigh et la moustache frémissante de Clark Gable feront le reste. Une foule d’anecdotes de tournage, de ragots et de polémiques plus tard, le film reste un pur produit culte de la MGM.

16. Annie Hall, de Woody Allen (1978)

Plus fort que Star Wars ! La comédie romantique de Woody Allen bouleverse les codes hollywoodiens et remporte quatre statuettes (pour cinq nominations) : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleure actrice pour Diane Keaton. Un triomphe inattendu face à La Guerre des étoiles de George Lucas. Spielberg, nommé comme meilleur réalisateur pour Rencontres du troisième type, devra aussi s’incliner. Rappelons que cette année-là, le prix du meilleur film étranger est remis à La vie devant soi, de Moshé Mizrahi.

15. Lawrence d’Arabie, de David Lean (1963)

Cinq après Le Pont de la rivière Kwaï et trois ans avant Le Docteur Jivago, David Lean décrochait sept oscars avec ce portrait de l’espion britannique T.E. Lawrence, une véritable fresque historique et romanesque, qui allait devenir sa marque de fabrique. Un chef-d’œuvre préféré au Jour le plus long, le bébé de Daryl Zanuck et à Du silence et des ombres, adaptation par Alan J. Pakula du célèbre To Kill a Mockingbird.

14. Les Infiltrés, de Martin Scorsese (2007)

Les puristes regretteront que ce Scorsese-ci ait reçu l’oscar du meilleur film (face notamment à The Queen de Stephen Frears) alors qu’il est, à leurs yeux, loin d’être le plus réussi du génial metteur en scène. Pour autant, ce film de commande, un remake du long-métrage hongkongais Infernal Affairs, signé Andrew Lau et Alan Mak, n’a rien de honteux. Et récoltera 4 statuettes au total.

13. Le Parrain, 2e partie, de Francis Ford Coppola (1975)

Opposé à Chinatown, de Roman Polanski, à La Tour infernale, de John Guillermin et Irwin Allen, à Lenny, de Bob Fosse, et à Conversation secrète, de Coppola, cette suite magistrale s’impose comme un cas rare dans l’histoire de Hollywood. Le film remporte six statuettes, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. Un exploit pour une suite, qui sera réitéré quelques années plus tard par Le Retour du roi, troisième partie du Seigneur des anneaux.

12. Forrest Gump, de Robert Zemeckis (1995)

En concurrence avec Pulp Fiction, de Tarantino, ou Quatre mariages et un enterrement, de Mike Newell, cette fable sur l’Amérique décroche la statuette du meilleur film, mais aussi du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour Tom Hanks, déjà récompensé l’année précédente pour sa prestation dans le film Philadelphia, de Jonathan Demme.

11. Gladiator, de Ridley Scott (2001)

La jupette revient en force aux Oscars. Le péplum de Ridley Scott remporte cinq statuettes (sur 12 nominations), dont celles du meilleur film et du meilleur acteur pour Russell Crowe. Face à lui dans la course au meilleur film figuraient Chocolat, de Lasse Hallström, Tigre et Dragon, d’Ang Lee, et deux Steven Soderbergh, Erin Brockovich, seule contre tous et Traffic.

Top 10 à 04

10. Casablanca, de Michael Curtiz (1944) « De tous les bars, de toutes les villes dans le monde, il fallait qu’elle entrât dans le mien ! » Rick Blaine (Humphrey Bogart), propriétaire du Rick’s Café Américain à Casablanca, et Ilsa Lund (Ingrid Bergman), engagée auprès de son résistant de mari, restent à jamais ces amants maudits dont l’union doit être sacrifiée pour la lutte contre les nazis. Si ni Bogart ni Bergman ne seront récompensés, le film de Michael Curtiz n’a pas vieilli et reste encore une référence en matière de romantisme sur pellicule.

9. Titanic, de James Cameron (1998)

Onze oscars au total, c’est ce que récoltera cette fresque romanesque et dramatique, patiemment mise en chantier par un ambitieux James Cameron. Une œuvre monumentale, aussi intime que spectaculaire, élevée au rang de film culte, qui reste à ce jour, le quatrième plus gros succès cinématographique de tous les temps.

8. Amadeus, de Milos Forman (1985)

Quand Mozart fait trembler Hollywood. Lors de la 57e cérémonie, cette épopée biographique remporte huit statuettes, dont celles du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour F. Murray Abraham (préféré à Tom Hulce/Amadeus), qui incarne Salieri, le rival jaloux. Face à lui dans la course au meilleur film figuraient La Déchirure, de Roland Joffé, La Route des Indes, de David Lean, Les Saisons du cœur, de Robert Benton, et A Soldier’s Story, de Norman Jewison.

7. La Liste de Schindler, de Steven Spielberg (1994)

À la 66e cérémonie des Oscars en 1994, la fresque de Spielberg sur la Shoah, tant décriée à l’époque pour certaines de ses audaces, remporte sept statuettes, dont le meilleur film – face à Au nom du père, de Jim Sheridan, La Leçon de piano, de Jane Campion, Les vestiges du jour, de James Ivory, et Le Fugitif, d’Andrew Davis – le meilleur réalisateur et le meilleur scénario adapté. Pendant la cérémonie, le réalisateur, ému, dédie son prix aux survivants et aux victimes de l’Holocauste.

6. Parasite, de Bong Joon-ho (2020)

Ce thriller social corrosif venu de Corée du Sud crée l’événement à Hollywood, en remportant, exploit historique, quatre statuettes majeures, dont meilleur film et meilleur réalisateur. Une première pour une œuvre non anglophone. Un sacre inattendu qui rappelle le choc provoqué par Slumdog Millionaire quelques années plus tôt.

5. Voyage au bout de l’enfer, de Michael Cimino (1979)

On vous parle d’une époque où Meryl Streep n’est encore nommée que pour un oscar du meilleur second rôle – qu’elle n’obtient pas. L’épopée de Michael Cimino sur les ravages psychologiques de la guerre du Vietnam remporte cinq statuettes, dont celles du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur dans un second rôle pour Christopher Walken.

4. Le Silence des agneaux, de Jonathan Demme (1992)

Au JFK d’Oliver Stone, Hollywood préfère ici un thriller pur jus des années 1990. Un thriller psychologique, sanglant, déroutant et malaisant, qui offre à Anthony Hopkins (Hannibal Lecter), outre un oscar, une renommée internationale immédiate. Tandis que Jodie Foster, elle aussi récompensée, dévoilait une nouvelle facette de son talent dans le rôle de l’enquêtrice Clarisse Starling, coiffant au poteau Geena Davis et Susan Sarandon, nommées pour Thelma et Louise.

Le Top 3

3. No Country for Old Men, de Joel & Ethan Coen (2008)

Dans la course au meilleur film, il devance There Will Be Blood, de Paul Thomas Anderson, Michael Clayton de Tony Gilroy, Reviens-moi, de Joe Wright, et Juno, de Jason Reitman. No Country for Old Men repart avec quatre statuettes majeures, dont le meilleur film, le meilleur réalisateur et le meilleur scénario adapté, transformant cette adaptation sombre et tendue de Cormac McCarthy en phénomène critique et public.

2. Vol au-dessus d’un nid de coucou, de Milos Forman (1976)

Barry Lyndon et Kubrick se sont inclinés. Les Dents de la mer ont grincé et Sidney Lumet a réellement vécu Un après-midi de chien… Car cette année-là, c’est bien le film de Milos Forman qui a squatté la cérémonie. Cette peinture brutale du milieu hospitalier psychiatrique repart avec 5 statuettes, dont celles du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur pour Jack Nicholson et meilleure actrice pour Louise Fletcher (incroyable infirmière Ratched), qui, en récupérant sa récompense, remerciera la salle de l’avoir détestée.

1. Le Parrain, de Francis Ford Coppola (1973)

Source de l’article : Le Point

Laisser un commentaire