Idarati X.0: un nouveau puzzle dans la brique de l’administration en ligne

Idarati X.0: un nouveau puzzle dans la brique de l’administration en ligne

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Lancée en février 2026, le projet ‘’Idarati X.0’’, porté par le ministère de la Transition numérique, vise à rapprocher l’administration des citoyens en regroupant plusieurs services via l’identité numérique. Cette nouvelle architecture des services publics en ligne intègre les nouvelles technologies, telles le ‘’Privacy by design’’, le ‘’Security by design’’ et l’IA, pour une gestion interopérable et proactive.

Dans le cadre de la stratégie nationale de transformation numérique ‘’Maroc Digital 2030’’, le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration (MTNRA), avait initié depuis plusieurs mois, un projet de mise en place d’une plateforme qui devrait permettre aux citoyens d’effectuer la plupart de leurs démarches administratives via leurs smartphones. Objectif, réduire les déplacements physiques au minimum et simplifier les procédures administratives au maximum, dans l’espoir de rapprocher l’administration du citoyen. Cette démarche répond également aux recommandations formulées lors des Assises nationales de l’intelligence artificielle (IA), tenues à Rabat en juillet 2025, où experts, chercheurs et décideurs avaient insisté sur la nécessité d’un cadre réglementaire clair pour encadrer l’IA et la donnée publique.

Ce chantier structurant a été initié par la proposition, en octobre 2025, d’une nouvelle loi-cadre baptisée ‘’Digital X.0’’, actuellement à l’examen au Secrétariat général du gouvernement. Une loi destinée à encadrer et structurer les usages de l’IA, la gouvernance des données, l’identité numérique et l’interopérabilité entre administrations et acteurs privés. Cette initiative marque une volonté claire de doter le Royaume d’un cadre juridique et stratégique cohérent, capable d’accompagner l’essor rapide des technologies émergentes tout en garantissant la sécurité, la transparence et la souveraineté des données nationales.

Le 9 février, la Ministre déléguée chargée de la transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni a officiellement lancé l’ambitieux chantier ‘’Idarati X.0’’, une méta-application qui vise une refonte en profondeur des services publics numériques et appelée surtout à devenir la porte d’entrée intelligente vers les services publics. Porté par ce ministère, en coordination avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), le projet ambitionne de structurer un véritable écosystème autour d’un ‘’Wallet numérique national’’. Cette brique centrale permettra aux citoyens d’accéder, via une interface unique, à plusieurs services administratifs en s’appuyant sur la Carte nationale d’identité électronique (CNIE) fournie par la DGSN. Concrètement, Idarati X.0 ne se limitera pas à rediriger l’usager vers différentes plateformes administratives, elle ambitionne de créer une architecture unifiée et intelligente, capable d’orchestrer les services publics autour d’une identité numérique robuste comme socle d’authentification.

Conçu comme un outil évolutif, Idarati X.0 a pour ambition de dépasser une logique d’applications dispersées pour instaurer un point d’entrée unifié, capable de fluidifier les interactions entre citoyens et administration. Plus encore, Idarati X.0 est une application intelligente qui va être capable d’interagir et de dialoguer avec les citoyens. En plus de pouvoir mener ses démarches administratives quotidiennes via l’application, le citoyen pourra également stocker dans son portefeuille numérique ses cartes, ses attestations, ses documents officiels. Et pour les personnes non connectées ou peu portées sur le numérique, des guichets traditionnels resteront maintenus.

Le projet s’appuie sur les travaux menés en 2024 par la CNDP autour de la protection des données personnelles et du concept de ‘’Wallet numérique’’. Il adopte dès sa conception les principes de ‘’Privacy by Design’’ et de ‘’Security by Design’’, garantissant l’intégration native des exigences de protection des données. Dans cet esprit, le Président de la CNDP, Omar Seghrouchni, a rappelé que « La protection des données ne relevait pas uniquement d’un cadre réglementaire, mais reposait avant tout sur des choix d’architecture » . Il a notamment mis en avant la nécessité de limiter la centralisation des informations sensibles et de privilégier des mécanismes de cloisonnement destinés à réduire les risques en cas de cyberattaque. La séparation entre données d’authentification et données d’usage constitue, selon lui, « une garantie essentielle pour préserver la vie privée des citoyens et instaurer un climat de confiance autour des services numériques » .

L’opérationnalisation du projet Idarati X.0 a été actée par la signature, le 10 février 2026 à Rabat, de huit conventions entre le MTNRA et la CNDP, d’une part, et plusieurs partenaires publics et entreprises technologiques, d’autre part. Il s’agit notamment du Ministère du Transport et de la Logistique, du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication soucieuse de promouvoir son ‘’Pass Jeunes’’ , de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ainsi que l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA).

Trois entreprises spécialisées, SHAREID, iDAKTO et La Marocaine électronique des E-Services, ont également été associées à ce projet afin d’en accompagner le développement technique. « La signature de ces huit conventions est une étape qui consacre la mise en place d’un cadre de coopération associant régulateur, administrations sectorielles et partenaires technologiques autour d’une architecture commune » , précisa la Ministre déléguée A.F. Seghrouchni.

Avec le lancement de cette plateforme, l’administration marocaine franchit un nouveau cap après avoir déjà mis en ligne plus de 660 services via le portail national des démarches administratives. Pour la ministre déléguée « La transition numérique dépasse la simple digitalisation des procédures existantes. Elle implique une transformation en profondeur de la manière dont l’administration conçoit, délivre et gouverne les services publics » .

Source de l’article : Challenge.ma

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