Environnement : vers une Alliance marocaine des zones humides

Environnement : vers une Alliance marocaine des zones humides

Plusieurs organisations de la société civile engagées dans la protection des écosystèmes humides souhaitent franchir une nouvelle étape dans leur structuration. Avec l’appui d’un projet financé par l’Union européenne, elles travaillent à la création d’une Alliance marocaine des zones humides dotée d’un cadre juridique et d’une gouvernance formalisée afin de renforcer leur influence et leur action collective en faveur de la conservation de ces milieux fragiles.

La société civile marocaine engagée dans la protection des zones humides franchit une nouvelle étape dans son organisation. Plusieurs associations actives dans ce domaine souhaitent structurer davantage leur coopération et renforcer leur capacité d’action collective à travers la création d’une Alliance Marocaine des zones humides dotée d’un cadre de gouvernance et d’une reconnaissance juridique formelle.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Alliance marocaine des zones humides » , mis en œuvre par l’ONG GREPOM BirdLife Maroc dans le programme AMUSSU et financé par l’Union européenne. Elle s’appuie sur une dynamique de collaboration déjà engagée depuis plusieurs années entre des organisations de la société civile préoccupées par la préservation de ces écosystèmes particulièrement sensibles.

Une nouvelle structuration organisationnelle

Jusqu’à présent, cette coopération s’est principalement structurée autour de la plateforme marocaine pour les zones humides. Ce dispositif a permis de créer un espace de dialogue, de concertation et de plaidoyer en faveur de la conservation et de la gestion durable de ces milieux naturels. Il a également favorisé la mise en réseau d’acteurs associatifs et le développement d’actions collectives reconnues dans le domaine de la protection de la biodiversité. Mais malgré cette dynamique, la plateforme reste dépourvue d’un cadre juridique et institutionnel formel.

Cette absence limite sa capacité à assurer la pérennité de son fonctionnement, à obtenir une reconnaissance officielle et à renforcer l’efficacité de ses mécanismes de coordination interne. Pour surmonter ces limites, les organisations membres envisagent désormais de franchir un cap en se constituant en Alliance des zones humides. Cette évolution vise à renforcer la crédibilité du réseau, à structurer ses modalités de gouvernance et à accroître son influence dans le débat public et dans l’élaboration des politiques liées à la protection des écosystèmes aquatiques.

Les acteurs associatifs souhaitent également instaurer un fonctionnement plus clair et plus transparent fondé sur des règles de gestion partagées et participatives. Une telle structuration doit permettre de consolider la coopération entre organisations, de faciliter la mobilisation de ressources et de renforcer l’efficacité des initiatives menées à l’échelle nationale.

À ce stade toutefois, l’Alliance ne dispose pas encore des instruments juridiques nécessaires à son enregistrement officiel. Les documents fondateurs tels que les statuts et le règlement intérieur restent à élaborer, tandis que les mécanismes de gouvernance et les procédures de fonctionnement doivent être précisés. Ces lacunes constituent un obstacle au développement du réseau et à la mise en œuvre d’actions collectives sur le moyen et le long terme. Elles limitent également la capacité des organisations membres à parler d’une seule voix et à peser davantage dans les politiques publiques relatives à la protection de l’environnement.

Pour accompagner ce processus de structuration, le projet prévoit le recours à un consultant chargé d’appuyer la future Alliance dans la mise en place de son cadre de gouvernance et dans sa formalisation juridique conformément à la législation marocaine.

L’objectif est également de renforcer les capacités des associations membres en matière de gouvernance associative et de gestion de réseau. La mission, qui devrait s’étendre sur une période d’environ six mois, devra aboutir à plusieurs résultats concrets. Il s’agit notamment de l’élaboration d’un diagnostic juridique et institutionnel, de la rédaction des statuts et du règlement intérieur de l’Alliance, ainsi que de la mise en place d’un manuel de procédures définissant les modalités de fonctionnement du réseau.

Le processus inclura également l’organisation d’un atelier de concertation et de validation réunissant les organisations membres afin d’aboutir à un cadre partagé. Des supports de formation seront par ailleurs développés afin de renforcer les compétences des acteurs associatifs en matière de gouvernance et de travail en réseau.

En se dotant d’une alliance structurée et reconnue, les organisations espèrent ainsi renforcer leur capacité de plaidoyer et contribuer plus efficacement à la protection durable de ces espaces naturels stratégiques.

Maryem Ouazzani / Les Inspirations ÉCO

Source de l’article : LesEco.ma

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