Accès des femmes à la justice : Abdellatif Ouahbi réunit institutions et société civile à Rabat
Abdellatif Ouabi, ministre de la Justice lors du séminaire organisé mardi 10 mars à Rabat consacré à l’accès des femmes à la justice. Crédit : Ministère de la Justice
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le ministère de la Justice a organisé mardi 10 mars à Rabat un séminaire national consacré à l’accès des femmes à la justice, réunissant acteurs institutionnels, professionnels du droit et représentants de la société civile dans une démarche participative visant à consolider les acquis et à accompagner les réformes législatives en cours.
Placée sous le thème « L’accès des femmes à la justice : acquis, défis et perspectives » , cette rencontre s’est tenue en partenariat avec le Conseil de l’Europe dans le cadre du programme MA-JUST : Vers une justice plus protectrice, accessible et efficace au Maroc. Les travaux ont été présidés par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, en présence de responsables gouvernementaux et judiciaires, de représentants d’institutions constitutionnelles et nationales, d’experts, d’universitaires ainsi que de professionnels des métiers juridiques. Près d’une centaine d’organisations de la société civile actives dans les domaines des droits humains, de la justice et des droits des femmes ont également pris part aux échanges.
Ce séminaire a constitué un espace de dialogue et de concertation autour des moyens de renforcer l’accès des femmes à la justice et d’améliorer les garanties juridiques et institutionnelles destinées à protéger leurs droits. Les discussions ont notamment permis d’évaluer les avancées enregistrées par le Maroc au cours des dernières décennies tout en examinant les perspectives des réformes législatives en cours, aussi bien dans les domaines civil que pénal.
Dans son intervention, Abdellatif Ouahbi a souligné que la célébration de la Journée internationale des droits des femmes constitue une occasion de mesurer le chemin parcouru par le Royaume dans la promotion des droits des femmes et de relancer la réflexion sur les actions nécessaires pour consolider l’égalité effective entre les femmes et les hommes. « La défense des droits des femmes n’est pas un slogan que l’on brandit lors des commémorations, mais un combat quotidien pour la dignité, la justice et l’égalité. Il ne peut y avoir de justice véritable ni de société démocratique moderne si les femmes ne peuvent accéder à la justice librement et efficacement, et si elles ne disposent pas d’un cadre juridique solide les protégeant contre toutes les formes de violence et de discrimination » , a-t-il déclaré.
Le ministre a rappelé que le Maroc a enregistré des avancées significatives en matière de promotion des droits des femmes sur les plans constitutionnel, législatif et institutionnel. Il a notamment évoqué la réforme du Code de la famille en 2004, qui a marqué une étape importante dans le renforcement des droits des femmes au sein de la famille et de la société, ainsi que les dispositions de la Constitution de 2011, qui ont consacré les principes d’égalité et de non-discrimination tout en renforçant l’engagement du Royaume en faveur des conventions internationales relatives aux droits humains.
Les réformes législatives actuellement engagées s’inscrivent, selon lui, dans une vision réformatrice globale portée par le Roi Mohammed VI, visant à moderniser l’arsenal juridique national afin de renforcer la protection des droits et des libertés et d’accompagner les transformations sociales que connaît la société marocaine. Dans ce cadre, la réforme du Code de la famille constitue l’un des chantiers majeurs actuellement à l’étude, mené selon une approche participative associant institutions constitutionnelles, instances de défense des droits humains et organisations de la société civile afin de renforcer la protection des droits des femmes et des enfants.
Le ministre a également mis en avant les évolutions introduites par les projets de réforme du Code de procédure pénale et du Code de procédure civile, qui visent à renforcer les garanties du procès équitable et à améliorer les mécanismes de protection des victimes, notamment les femmes victimes de violence. Ces réformes prévoient notamment le développement des dispositifs de prise en charge au sein des tribunaux, le renforcement du rôle des cellules dédiées à l’accueil des femmes et des enfants victimes de violence ainsi que la consolidation des mesures de lutte contre les violences, les agressions sexuelles et la traite des êtres humains.
Le ministère de la Justice a par ailleurs mis en avant ses efforts pour institutionnaliser l’approche genre au sein du système judiciaire, notamment à travers la création de l’Observatoire de la justice sensible au genre, chargé de suivre et d’évaluer les politiques publiques dans ce domaine et de promouvoir un accès plus équitable à la justice pour les femmes, les enfants et les catégories vulnérables.
À l’issue des travaux, les organisateurs ont annoncé le lancement d’une session de formation du programme HELP (Human Rights Education for Legal Professionals) consacrée au thème « Approche genre et accès des femmes à la justice » . Destiné aux professionnels du droit, ce programme vise à renforcer leurs compétences et à intégrer davantage l’approche genre dans la pratique judiciaire quotidienne afin de promouvoir une justice plus équitable et inclusive. Les participants ont enfin souligné l’importance de renforcer le partenariat avec la société civile, considérée comme un acteur essentiel dans la défense des droits des femmes et dans l’accompagnement des politiques publiques destinées à garantir un accès effectif et équitable des femmes à la justice.
Source de l’article : Le Desk



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