Comment la Chine utilise le Maroc pour briser les barrières douanières occidentales
Sur l’axe Tanger-Kénitra, les constructeurs français Renault et Stellantis voient arriver une nouvelle concurrence massive. Selon une note de BMI Fitch Solutions publiée par Le Monde, le royaume a attiré 23 des 45 projets d’équipementiers et constructeurs chinois recensés dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord entre 2023 et 2025. Cette dynamique place le Maroc loin devant l’Égypte et l’Algérie.
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Parmi les investissements phares, le géant Gotion High Tech a lancé une giga-usine à Kénitra pour un investissement final prévu de 65 milliards de dirhams. En parallèle, le groupe CNGR Advanced Materials développe à Jorf Lasfar une unité de production de composants de batteries (anodes et cathodes) qui devrait être opérationnelle dès la fin de l’année 2026.
Cette offensive industrielle répond à une stratégie de contournement des barrières douanières. Les véhicules électriques chinois subissent des taxes pouvant atteindre 100 % aux États-Unis et 45 % dans l’Union européenne. En produisant au Maroc, Pékin utilise les accords de libre-échange historiques de Rabat avec Washington et Bruxelles pour accéder aux marchés occidentaux, reproduisant le modèle mis en place au Mexique.
Hub industriel et batteries LFP : le tournant stratégique du Maroc
Pour bénéficier de ces avantages douaniers, les entreprises doivent respecter la convention Pan-Euro-Méditerranéenne (PEM), exigeant que les composants hors zone n’excèdent pas 45 % de la valeur du véhicule. Le Maroc s’appuie sur une main-d’œuvre qualifiée et des infrastructures de classe mondiale, comme le port Tanger Med, pour garantir la fluidité de ces exportations vers l’Europe.
L’atout majeur du Royaume réside également dans son sous-sol, qui détient 70 % des réserves mondiales de phosphate. Ce minerai est indispensable à la fabrication des batteries LFP (lithium, fer, phosphate), une technologie moins coûteuse dont la Chine est le leader mondial. Les experts prévoient que le Maroc deviendra un hub de production mondial pour ces batteries d’ici le milieu des années 2030.
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Face à cette percée, l’Union européenne tente de réagir via son « partenariat vert » et des financements records de la Banque européenne d’investissement, s’élevant à 740 millions d’euros en 2025. Toutefois, le chercheur Ahmed Aboudouh souligne que le rapport de force semble difficile à inverser, la présence chinoise offrant des gains immédiats massifs pour l’économie marocaine.
Source de l’article : Bladi.net



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