une fausse polémique entretenue autour du Maroc
À l’approche de la Coupe du monde 2030, certains médias étrangers accusent le Maroc de mener des abattages massifs de chiens errants pour préparer l’événement. Ces récits, souvent illustrés d’images décontextualisées, , donnent une impression d’urgence et de scandale. Sur le terrain, pourtant, les collectivités poursuivent des initiatives destinées à encadrer la gestion des animaux errants et à répondre à un enjeu réel de santé publique.
À intervalles réguliers, des articles ou des publications sur les réseaux sociaux font état d’une prétendue campagne d’élimination massive des chiens errants au Maroc à l’approche de la Coupe du monde. Ceux-ci s’appuient sur des chiffres extravagants et des images prétendument probantes d’une politique nationale d’élimination canine à grande échelle. Ces accusations contrastent toutefois avec la réalité sur le terrain. La gestion des animaux errants repose avant tout sur des programmes de régulation, incluant capture, stérilisation et vaccination, plutôt que sur une politique d’élimination systématique.
La gestion des chiens errants reste en fait un enjeu majeur dans les villes marocaines. Outre la sécurité des habitants, le risque sanitaire, notamment lié aux morsures et à la rage qui peut en résulter, impose de prendre des mesures concrètes : chaque année, plusieurs dizaines de milliers de personnes reçoivent un traitement préventif après avoir été mordues.
Pour faire face à cette problématique et assurer la prise en charge des animaux errants, certaines collectivités ont mis en place des structures d’encadrement. Dans la province de Tinghir par exemple , une convention de partenariat a été signée récemment afin de créer un centre dédié à la collecte et à l’hébergement des animaux. Cet accord associe le ministère de l’Intérieur, la province, le conseil provincial, ainsi que les groupements territoriaux « Préservation de la santé Todgha » et « Préservation de la santé Dadès » .
Le projet prévoit la construction et l’équipement d’une structure spécialisée pour un budget total de 10 millions de dirhams : 6,5 millions pour les travaux et études techniques et 3,5 millions pour les équipements. L’objectif est d’organiser la prise en charge des animaux errants tout en réduisant les risques pour les habitants et en améliorant les conditions sanitaires.
D’après le Conseil provincial de Tinghir, ce centre a pour objectif de mieux encadrer la population d’animaux errants dans la province. Le projet vise notamment à renforcer la sécurité sanitaire des habitants et à protéger enfants et passants des risques liés à la présence de chiens dans l’espace public.
Au‑delà de l’aspect sanitaire, cette initiative s’inscrit dans une démarche d’amélioration du cadre urbain et environnemental de la province, précise la même source.
Les travaux devraient débuter dans les prochains jours sous la supervision des autorités locales, dans le cadre des efforts visant à améliorer la gestion sanitaire et environnementale sur le territoire.
Plusieurs autres villes ont lancé des projets similaires, combinant refuges, dispensaires vétérinaires et programmes de stérilisation. À Agadir, par exemple, des structures sont en préparation pour accueillir et soigner les chiens et chats errants, tandis que Tétouan et Tanger ont déjà mis en place des refuges équipés de cliniques vétérinaires. Casablanca développe également un dispensaire dédié aux animaux errants de la métropole. Ces initiatives, soutenues par les collectivités locales et le ministère de l’Intérieur, s’inscrivent dans une dynamique nationale visant à réguler la population canine et féline, protéger la santé publique et améliorer le cadre urbain.
Nous sommes donc très loin de la fiction d’un « massacre de chiens » . Il s’agit plutôt d’un travail de terrain patient et coûteux visant à gérer une problématique que connaissent d’ailleurs de nombreux pays.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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