Safran au Maroc, marqueur d’une nouvelle étape industrielle
Le 13 février dernier, à Nouaceur, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé la cérémonie de lancement d’un nouveau projet industriel du groupe Safran consacré à la production de trains d’atterrissage. Quelques mois plus tôt, en octobre 2025, le Souverain avait déjà donné le coup d’envoi du complexe industriel dédié aux moteurs LEAP, un programme de 3,4 milliards de dirhams comprenant des activités d’assemblage, de maintenance et de réparation, avec plusieurs centaines d’emplois qualifiés à la clé.
Ces annonces ne relèvent pas d’une succession d’investissements isolés. Elles traduisent une dynamique d’ancrage industriel de long terme. Présent au Maroc depuis plus de vingt-cinq ans, le groupe Safran y compte aujourd’hui plus de 5 000 collaborateurs répartis sur une dizaine de sites. Le développement de nouvelles activités critiques, au cœur des systèmes aéronautiques, marque une étape supplémentaire dans la relation de confiance entre l’industriel et le Royaume.
Au-delà du cas Safran, les chiffres confirment l’ampleur du mouvement. Selon le dernier baromètre de l’industrie nationale, l’investissement industriel a atteint près de 90 milliards de dirhams en 2024, en progression de 30 %. Le chiffre d’affaires du secteur s’élève à près de 900 milliards de dirhams, tandis que la production a dépassé 840 milliards.
L’emploi industriel dépasse désormais le million de postes et la part des activités à moyenne et haute technologie représente plus de la moitié du tissu productif.
Cette montée en puissance n’est pas le fruit du hasard. Elle s’inscrit dans une orientation stratégique portée sur la durée par la Vision Royale. Depuis deux décennies, les fondations ont été posées avec constance. Développement des infrastructures logistiques et portuaires, création de zones industrielles intégrées, structuration d’écosystèmes sectoriels, formation des compétences et mise en place d’un cadre d’investissement plus lisible ont progressivement construit un environnement industriel crédible et compétitif.
Le résultat est aujourd’hui visible. Le Maroc n’est plus seulement une plateforme d’accueil pour des activités d’assemblage. Il s’insère progressivement dans les segments les plus exigeants des chaînes de valeur mondiales, là où se concentrent la technologie, l’ingénierie et la valeur.
Mais la séquence qui s’ouvre marque un changement de nature. L’enjeu n’est plus uniquement d’attirer des projets. Il est désormais de consolider leur présence, d’augmenter l’intégration locale et de diffuser leurs effets vers l’ensemble du tissu productif. La densification des fournisseurs nationaux, le développement des compétences techniques et la maîtrise des exigences environnementales deviennent des facteurs décisifs.
Dans un contexte international marqué par la recomposition des chaînes de valeur, la pression sur la décarbonation et la recherche de bases industrielles fiables, la crédibilité se mesure désormais à la capacité d’exécution et de continuité.
Les projets annoncés ces derniers mois dans l’aéronautique, l’automobile, les batteries ou les technologies liées à la transition énergétique confirment la solidité de la trajectoire engagée. Ils témoignent surtout d’un niveau d’attente plus élevé à l’égard du Maroc.
L’industrie nationale a franchi le cap de la visibilité. La phase qui s’ouvre est celle de l’ancrage et de la maturité.
C’est à cette condition que l’élan impulsé par la Vision Royale continuera de transformer les investissements d’aujourd’hui en positions industrielles durables pour demain.
Source de l’article : Industrie du Maroc



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