Leonardo DiCaprio, une histoire de champagne et de fin du monde

Leonardo DiCaprio, une histoire de champagne et de fin du monde

Jamais il ne poste une traître photo de bouteille. Sur le compte Instagram de Leonardo DiCaprio, suivi par 60 millions de personnes, on trouvera davantage des glaciers qui s’effondrent, des diables de Tasmanie menacés, des forêts primaires en feu, mais jamais la moindre coupette. C’est pourtant l’homme qui, en février 2022, est entré au capital de la Maison Telmont, qui affiche plus d’un siècle d’histoire, et quatre générations de vignerons basées à Damery, près d’Épernay. Actionnaire minoritaire aux côtés du groupe Rémy Cointreau, du président Ludovic du Plessis et du chef de cave Bertrand Lhôpital, il n’en est ni l’ambassadeur officiel ni l’égérie, mais un investisseur à part entière. La nuance est capitale, et dit tout de l’opération.

Car Leonardo DiCaprio investit uniquement dans des entreprises à mission environnementale. Beyond Meat, Allbirds, Mosa Meat, Polestar : le portefeuille du fondateur de Re:wild et messager de la Paix de l’ONU pour le climat ressemble en tous points à un véritable programme politique. Et celui de Telmont a de quoi le séduire, avec le lancement en 2021 du projet « Au Nom de la Terre » : conversion intégrale du vignoble en bio d’ici 2031, suppression de tous les coffrets cadeaux, abandon des bouteilles transparentes au profit de verre recyclé, électricité 100 % renouvelable, interdiction totale du fret aérien.

Un dégustateur redoutable, amateur de « Happy wines » Lorsque Ludovic du Plessis, à 45 ans, décide de tout quitter pour racheter une maison de champagne, il visite une trentaine de propriétés avec quatre critères : un siècle d’histoire, une structure familiale, des vins de qualité, une conversion bio déjà amorcée. Telmont coche les quatre cases. Il convainc Rémy Cointreau en 2020, puis convainc son ami d’Hollywood dans la foulée. « Je n’aurais proposé à personne d’autre de rejoindre l’aventure, martèle le directeur, même si j’ai beaucoup d’admiration pour l’engagement d’une star telle que Gwyneth Paltrow ! » . La dégustation inaugurale a lieu en plein confinement, en visioconférence, chacun chez soi, les bouteilles expédiées à Los Angeles. Quelques mois après avoir signé, l’acteur vient en personne à Damery : « Sa connaissance du vin est remarquable, et son engagement absolu.

À la dégustation, il a reconnu qu’il s’agissait là d’un vin lumineux, qu’il n’a pas hésité à qualifier de » Happy wine « » , s’enthousiasme Ludovic du Plessis. Car Leonardo DiCaprio n’est pas du genre à faire l’impasse sur ses révisions, et de grandes pointures du monde de la sommellerie ayant eu l’occasion de le servir à table reconnaissent en lui un redoutable dégustateur : « Un soir, au Crillon, il m’a soutenu que je faisais une erreur sur la description de l’assemblage… et il avait raison ! » se souvient en riant Xavier Thuizat, ex-directeur de la sommellerie du palace parisien.

Depuis, Telmont, dont 70 % des vignerons sont aujourd’hui certifiés en bio, a franchi un cap symbolique. Le 16 octobre 2025, 11 088 bouteilles ont traversé l’Atlantique à bord du Neoliner Origin, cargo à voiles de 5 300 tonnes construit par l’armateur nantais Neoline – 80 % d’émissions de CO₂ en moins. Le baptême s’est fait au Balthazar (douze litres) de Telmont brisé sur la coque. « Au Nom de la Terre… et de la Mer ! » a conclu du Plessis, fidèle au slogan maison. Aujourd’hui, la star et la maison champenoise apparaissent plus liées que jamais. La coupe est ainsi pleine, et pour de bonnes raisons.

Source de l’article : parismatch.com

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