Gims, de Sexion d’assaut au sommet des charts
Gims, de son vrai nom Gandhi Alimasi Djuna, naît le 6 mai 1986 à Kinshasa, alors au Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo. Il est le fils de Djanana Djuna, chanteur de plusieurs formations congolaises réputées, dont Chocs Stars puis Viva La Musica, l’orchestre de Papa Wemba. En 1988, la famille qui compte alors quatre enfants s’installe en France, en situation irrégulière et sans logement.
L’enfance de Gandhi Djuna est marquée par une très grande précarité à Paris et en banlieue parisienne, de placement en squats, au rythme des expulsions. Sa scolarité s’en ressent. Au centre de loisirs, il découvre le théâtre, la scène et le répertoire de figures de la variété française comme Charles Aznavour, Édith Piaf ou encore le registre du ténor italien Luciano Pavarotti. Encore à l’école primaire, il participe à des ateliers rap, une musique alors au tout début de son essor en France et que l’un de ses grands frères pratique déjà.
Avec Sexion d’Assaut, de l’underground à la reconnaissance collective
Pour l’adolescent laissé à lui-même, qui passe de nombreuses nuits dans des cages d’escalier, le hip-hop devient à la fois un moyen d’expression personnel et un cadre collectif dans lequel il rencontre les futurs membres de Sexion d’Assaut. Le collectif, protéiforme à l’origine, multiplie mixtapes et street albums diffusés de manière indépendante qui alimentent sa notoriété croissante dans le monde underground du rap parisien. A 18 ans, rejetant le christianisme dans lequel il avait grandi, mais ne se reconnaissait pas, il se convertit à l’islam.
En parallèle de Sexion d’Assaut, Maitre Gims, surnom adopté en référence à l’univers des arts martiaux et des mangas, mais aussi pour sa sonorité américaine, enregistre un tout premier projet personnel en 2006. Intitulé Pour ceux qui dorment les yeux ouverts, il reste distribué informellement.
Au sein du groupe dont les effectifs se sont réduits à un noyau dur (incluant Black M), le rappeur se distingue par la place qu’il accorde au chant dans ses refrains, un élément qui devient central dans son identité artistique. Avec L’École des points vitaux (2010), Sexion d’Assaut prend une tout autre dimension. Certifié triple Disque de platine, cet album lui donne l’occasion d’effectuer une première tournée.
Mais ce statut s’avère fragile quand éclate une polémique sur des propos homophobes tenus dans une interview. En 2012, le groupe se relève avec L’Apogée. La consécration commerciale est au rendez-vous en France et en Belgique. Des concerts sont organisés en Afrique, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire et en Guinée – ce dernier attire tant de monde qu’il est annulé au dernier moment pour raison de sécurité.
Satellisation en solo avec Subliminal et Mon cœur avait raison
En 2013, sans mettre un terme à l’aventure collective qui l’a mené à ce niveau de notoriété et se poursuit sur scène, Gims tente de nouveau une carrière sous son nom. Cette fois, Subliminal concrétise ses espoirs. L’album se vend à plus d’un million d’exemplaires, porté par les singles « J’me tire » et « Bella » . Son frère Dadju, de cinq ans son cadet, intervient sur plusieurs titres.
En mai, l’artiste joue à l’Olympia à Paris. Cette même année, le chanteur-rappeur belge Stromae l’invite sur l’un des titres de son album Racine carrée, en trio avec le rappeur français Orelsan. Il accepte aussi la proposition de duo avec la chanteuse Vitaa sur « Game Over » , à nouveau numéro un des classements de vente.
En conséquence de ces différents choix, le public de Gims s’est élargi au-delà du hip-hop en même temps que son répertoire s’orientait davantage vers une pop urbaine. Son style vocal immédiatement reconnaissable s’appuie sur la puissance et la justesse de sa voix qui peut évoquer celle des chanteurs lyriques.
En 2015, Mon cœur avait raison confirme cette orientation. Le double projet contient plus de vingt-six morceaux répartis en deux sections nommées « pilule bleue » , pour un versant pop urbaine, et « pilule rouge » , plus rap – une « pilule violette » sera ajoutée sur la réédition À contrecœur en 2016. Les anciens de Sexion d’Assaut (Lefa, Barack Adama, JR O Crom, Doomans) sont présents pour de nombreux duos, ainsi que son frère Dadju ou le rappeur Niska.
Plusieurs titres obtiennent des succès majeurs, à l’image d’ « Est-ce que tu m’aimes ? » , « Laissez passer » ou « Sapés comme jamais » , qui est consacré Chanson originale de l’année aux Victoires de la Musique. L’album, en tête des ventes en France et en Belgique, assoit Gims comme l’un des artistes de la décennie les plus diffusés par les radios francophones. Pour rappeler d’où il vient et quel a été son parcours, l’artiste qui ne quitte jamais ses lunettes de soleil, se livre dans une autobiographie parue en 2015 intitulée Vise le soleil.
En 2016, pour répondre à la notoriété grandissante de Gims en Afrique, une tournée d’une dizaine des dates est organisée sur le continent, passant par la République du Congo et la République démocratique du Congo, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso ou encore le Maroc. L’année suivante, il joue au Gabon ainsi qu’en Guinée.
2018 : Ceinture noire
En 2018, il publie Ceinture noire, disque conçu comme un projet de grande envergure. La version originale compte au total une quarantaine de titres et réunit des invités issus de différents univers, dont les chanteurs Vianney et Sofiane, ou encore le rappeur américain Lil Wayne.
Sur le plan commercial, l’accueil confirme la popularité de Gims, tant pour l’album dans sa globalité qui est certifié double Disque de diamant, que les singles « Caméléon » ou « La même » , en tête des ventes et streams.
En 2019, sur le projet rebaptisé Transcendance, de nouveaux titres sont ajoutés qui mettent en avant des collaborations internationales. Pour étendre encore la diffusion du répertoire de Gims hors du seul marché francophone, plusieurs chanteurs ont été conviés : le Britannique Sting, les Colombien J Balvin et Maluma, ce dernier cosignant le tube « Hola Señorita » .
En 2020, son album Le Fléau est annoncé comme un retour à un hip-hop plus direct. Il y partage le micro avec de nombreux rappeurs de plusieurs générations : Kaaris, Heuss L’Enfoiré, Vald, Gazo ou encore les Marseillais SCH et Jul. Avec le chanteur Sofiance, il reprend « Belle » , chanson du Canadien Daniel Lavoie pour la comédie musicale Notre-Dame de Paris montée en 1998.
Fidèle à son habitude, Gims enrichit l’album en 2021 avec deux rééditions successives, Les vestiges du Fléau, puis L’Empire de Méroé, qui font découvrir de de nouveaux morceaux et featurings. C’est notamment le cas de la chanteuse albano-kosovare Dhurata Dora, du Tanzanien Rayvanny ou de l’Égyptien Mohamed Ramadan, qui avait peu de temps auparavant invité Gims pour le duo « Ya Habibi » .
En 2022, le Décennie Tour au cours duquel Gims entend fêter ses dix ans de carrière à travers la France peut enfin débuter, repoussé à plusieurs reprises en raison de la pandémie de Covid-19. L’artiste a aussi enregistré en studio Les Dernières Volontés de Mozart – LDVM, disque orienté vers une écriture résolument très mélodique, dont se distinguent les singles « Loco » et « Seya » . On retrouve aux côtés du chanteur rappeur l’Algérien Soolking, la Française Carla Bruni ou encore l’Hispano-Marocain Morad.
La même année, Gims interprète « Arhbo » avec Ozuna pour la bande originale officielle de la Coupe du monde de football organisée au Qatar, titre également présenté lors de la cérémonie de clôture.
En 2023, Gims retourne jouer en Guinée et se produit pour la première fois à Madagascar et à Maurice. En France, il embarque son frère Dadju pour une tournée commune qui totalise une vingtaine de concerts.
2024, Dernier Tour
En septembre 2024, il revient avec Le Nord se souvient, son premier EP depuis ses débuts. Le projet génère plusieurs succès, dont « Spider » avec le chanteur belgo-marocain Dystinct, « Sois pas timide » et « Ciel » et qui atteignent la première place des ventes en France. Le premier volet de la tournée intitulée Le Dernier Tour démarre en novembre.
En quatre mois, il se produit à une quarantaine de reprises en France, Belgique et Luxembourg, avant de proposer en février 2025 une version augmentée du EP, baptisée L’Odyssée, qui comprend cette fois 17 morceaux dont « Ninao » , « Parisienne » , deux nouveaux succès commerciaux qui permettent à cette réédition enrichie d’être certifiée double disque platine.
Une centaine de concerts supplémentaires s’ajoutent jusqu’à fin 2025 à la tournée Le Dernier Tour, qui le conduit notamment au Canada, en Suisse, au Liban ou encore à Dubaï. Cinq soirs de suite, il remplit la salle de La Défense Arena près de Paris, réunissant au total près de 200 000 spectateurs.
En Afrique, il joue cette année-là à Brazzaville (République du Congo), Lumumbashi et Kinshasa (République démocratique du Congo), à Cotonou (Bénin) et à deux reprises à Abidjan (Côte d’Ivoire). Si ses déclarations sur les réseaux sociaux ou dans les médias suscitent régulièrement des polémiques, il n’en pas moins en tête des ventes et streams en 2025 en France.
Au Maroc, pays dont il est résident depuis une dizaine d’années, il est programmé dans le cadre des festivités qui accompagnent l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football qui s’achève en janvier 2026.
Une nouvelle série de 25 concerts est annoncée, qui le conduit à partir du mois d’avril 2026 sur les routes de France, de Belgique et de Suisse en passant par des festivals tels que le Printemps de Bourges ou Solidays.
Février 2026
Source de l’article : RFI



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