À Madrid, le Maroc affirme son leadership africain en cybersécurité et justice numérique
[DIGITAL Business Africa] – À l’occasion du Sommet pré-ministériel consacré à la piraterie, à la cybersécurité et à la justice, qui s’est tenu le 25 février à Madrid en Espagne, le Royaume a déroulé, avec assurance, les grandes lignes de sa stratégie numérique. Un message clair : la transformation digitale du pays n’est plus une promesse, mais un chantier structuré, assumé et déjà visible dans les indicateurs internationaux.
Invitée d’honneur, l’ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Benyaich, a replacé cette dynamique dans la vision portée par Mohammed VI : construire une transition numérique « sécurisée, inclusive et centrée sur l’humain » . Devant des magistrats, des régulateurs et des responsables institutionnels venus d’Europe et d’Amérique latine, elle a insisté sur la cohérence des réformes engagées ces dernières années.
Derrière les discours, des avancées concrètes. Modernisation des infrastructures technologiques, mise en œuvre de stratégies nationales de cybersécurité, renforcement du cadre réglementaire : ces efforts ont permis au Maroc d’atteindre la 34ᵉ place mondiale dans le Global Cybersecurity Index publié par l’Union internationale des télécommunications (UIT). Un classement qui ne relève pas du simple symbole, mais traduit un positionnement stratégique solide à l’échelle régionale.
Au-delà des chiffres, Rabat joue une carte essentielle : la confiance. Dans un monde où les cyberattaques se multiplient et où l’intelligence artificielle redéfinit les équilibres économiques, la sécurité numérique devient un facteur déterminant pour attirer les investisseurs. Le message envoyé à Madrid est limpide : le Maroc veut offrir un environnement digital stable, prévisible et juridiquement sécurisé.
Cette ambition numérique s’inscrit dans un écosystème industriel déjà dynamique. Le Royaume figure parmi les principaux producteurs automobiles du continent et occupe une place stratégique dans l’aéronautique, ainsi que dans certaines industries de défense. Premier investisseur en Afrique subsaharienne et deuxième à l’échelle continentale, le Maroc articule désormais sa politique industrielle avec une stratégie digitale assumée, où cybersécurité et compétitivité vont de pair.
La question judiciaire, elle aussi, était centrale. Mohamed Redouane, vice-président de l’Union internationale des magistrats, a rappelé que la justice ne peut rester à l’écart des mutations technologiques. Face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées, il devient urgent d’accélérer la modernisation des procédures, de renforcer l’indépendance des magistrats et de réduire les délais de traitement. Car sans sécurité juridique, il ne peut y avoir de véritable économie numérique.
Conscient que les cybermenaces ignorent les frontières, le Maroc plaide également pour une coopération internationale renforcée. L’État, selon l’ambassadrice, a un rôle déterminant pour encadrer ces mutations et garantir une utilisation éthique et responsable de l’intelligence artificielle.
La participation marocaine s’est conclue par la remise d’une distinction à l’ambassadrice, saluant l’engagement constant du Royaume en matière de transformation digitale et de cybersécurité. Un geste symbolique, certes, mais révélateur d’une ambition plus large : faire du numérique un levier d’influence, de croissance et de leadership africain.
Source de l’article : Digital Business Africa



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