Une molécule issue de l’Aloe vera ouvre une nouvelle piste contre la maladie d’Alzheimer
La recherche contre la maladie d’Alzheimer explore parfois des chemins inattendus. Une récente étude scientifique s’est intéressée à une plante bien connue du grand public, l’Aloe vera, et plus précisément à l’un de ses composés naturels. Grâce à des simulations informatiques avancées, les chercheurs suggèrent que cette molécule pourrait contribuer à ralentir les mécanismes impliqués dans cette forme de démence.
L’Aloe vera est une plante succulente utilisée depuis des siècles dans la médecine traditionnelle. Elle est notamment reconnue pour ses effets sur la peau, la digestion ou encore le système immunitaire, même si toutes ces propriétés ne sont pas encore validées de manière formelle par la science moderne. Cette fois, ce sont ses feuilles qui ont attiré l’attention de scientifiques de l’Université Hassan II de Casablanca, au Maroc.
Une approche basée sur la modélisation numérique
Les chercheurs ont adopté une méthode dite in silico, c’est-à-dire fondée exclusivement sur des modèles informatiques. Aucun test en laboratoire ni essai clinique n’a été mené à ce stade. L’objectif était d’observer comment différents composés présents dans l’Aloe vera pourraient interagir avec certaines enzymes liées à la maladie d’Alzheimer.
Parmi les onze substances analysées, un composé s’est distingué : le bêta-sitostérol. Selon les simulations, cette molécule montre une forte capacité de liaison avec deux enzymes clés, l’acétylcholinestérase (AChE) et la butyrylcholinestérase (BChE).
Pourquoi ces enzymes sont-elles importantes ?
Dans le cerveau, l’acétylcholine joue un rôle essentiel dans la mémoire et l’apprentissage. Or, chez les personnes atteintes d’Alzheimer, le niveau de ce neurotransmetteur est souvent anormalement bas. Les enzymes AChE et BChE sont responsables de sa dégradation.
L’idée n’est donc pas nouvelle : bloquer partiellement ces enzymes pourrait aider à préserver l’acétylcholine plus longtemps dans le cerveau, améliorant ainsi certaines fonctions cognitives. C’est précisément ce que les simulations ont évalué avec les composés issus de l’Aloe vera.
Des résultats prometteurs, mais préliminaires
Le bêta-sitostérol a obtenu les meilleurs scores de liaison avec les deux enzymes ciblées, suggérant une interaction stable et potentiellement efficace. Les chercheurs ont également examiné le comportement théorique de cette molécule dans l’organisme à travers une analyse ADMET, qui évalue l’absorption, la distribution, le métabolisme, l’élimination et la toxicité.
Les résultats indiquent que le bêta-sitostérol, tout comme un autre composé appelé acide succinique, pourrait présenter un profil relativement sûr pour un développement futur sous forme de médicament.
Un long chemin avant une application médicale
Malgré ces données encourageantes, les scientifiques restent prudents. Les simulations informatiques constituent une première étape, mais elles doivent être suivies par des expériences en laboratoire, puis par des essais cliniques sur l’humain avant d’envisager une application thérapeutique.
L’enjeu est considérable : la maladie d’Alzheimer touche actuellement plus de 55 millions de personnes dans le monde, un chiffre qui pourrait atteindre 138 millions d’ici 2050. En l’absence de traitement curatif, chaque nouvelle piste mérite une attention approfondie.
Cette étude, publiée dans Current Pharmaceutical Analysis, n’apporte pas de solution immédiate, mais elle renforce l’idée que la nature pourrait encore receler des molécules capables d’inspirer les traitements de demain.
Source de l’article : Fredzone



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