Le film de la semaine : « Rue Malaga » de Maryam Touzani
Maryam Touzani a reçu le premier Prix Croire au cinéma pour son premier film, le bien-nommé Adam, sorti en 2020. Un choix que le jury avait fait à l’unanimité, pour « sa grâce et sa délicatesse » ; ce qui est devenu depuis la marque de fabrique de cette réalisatrice. Dans tous ses films, il y a une douceur et une esthétique de l’image exceptionnelles.
Rue Malaga
Son nouveau film s’intitule Rue Malaga. Elle a tourné à Tanger, après avoir situé ses deux autres films à Casablanca puis à Rabat. C’est une sorte de trilogie où chaque ville a son importance. Tanger, c’est la ville-monde, un lieu très cosmopolite et l’endroit où Maryam Touzani est née ! C’est donc le film le plus autobiographique des trois. Elle nous raconte l’histoire d’une femme très inspirée de la vie de sa grand-mère, une espagnole, arrivée au Maroc, enfant et qui s’attacha profondément à ce pays d’adoption tout en gardant l’amour de sa culture. Dans le film, elle s’appelle Maria-Angeles, elle a 79 ans et sa fille, Clara, arrive de Madrid où elle vit, avec l’intention de vendre l’appartement familial et de récupérer l’argent qui lui revient.
Une envie de liberté
La vieille femme commence par accepter, par soucis financier pour sa fille puis le film prend une tout autre direction. Elle vit seule dans cet appartement et partir peut sembler dans l’ordre des choses. C’est finalement en le quittant qu’elle réalise l’attachement qui la lie à ses lieux et qu’elle retrouve une envie de liberté. On assiste alors à une forme de renaissance pour Maria-Angeles, une soif joyeuse d’indépendance qui la mènera même jusqu’à retrouver l’amour et le désir sexuel. Un thème presque transgressif : la sexualité des personnes âgées et en tous cas peu traité au cinéma mais que la réalisatrice filme ici avec beaucoup de pudeur et de tendresse.
Elle abordait déjà dans ses précédents films d’autres thèmes tabous dans son pays, comme celui des mères célibataires encore passibles de prison au Maroc aujourd’hui.
Des scènes amusantes
Source de l’article : RCF Radio



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