Fès-Meknès : les deux-roues et les piétons représentent 70% des victimes de la route
La mortalité routière s’aggrave à Fès-Meknès, où les deux-roues représentent désormais 44% des tués. Ce constat alarmant a dominé la Journée nationale de la sécurité routière, organisée à l’IFMLT. Réunis par l’OFPPT, les responsables régionaux de la NARSA et du ministère du Transport ont dévoilé une stratégie d’urgence alliant formation rigoureuse et contrôles technologiques.
Avec une mortalité touchant près de la moitié des usagers de deux-roues, la région Fès-Meknès fait face à une mutation inquiétante de son accidentologie. Ce constat a dominé les échanges lors de la troisième édition de la Journée nationale de la sécurité routière, accueillie mardi dernier par l’Institut spécialisé de formation dans les métiers du transport et de la logistique de Fès (IFMLT).
Face à cette urgence locale, la Direction régionale de l’OFPPT, l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) et la Direction du transport et logistique unissent leurs efforts pour déployer une stratégie offensive mêlant formation et dispositifs de contrôle accrus.
44% des décès : une vulnérabilité régionale ciblée sur les motocyclistes
L’analyse des indicateurs de sécurité routière pour la région Fès-Meknès révèle une dégradation de la situation des usagers vulnérables.
Driss Nachit, chef du service des Affaires administratives à la Direction régionale de la NARSA, a mis en exergue l’évolution rapide de la typologie des accidents. Il a souligné que si l’année 2015 servait de référence, avec environ 20% de tués parmi les motocyclistes, 2024 affiche un taux alarmant de 44%. Les projections pour 2025 laissent craindre que la barre des 50% ne soit atteinte. En y ajoutant la catégorie des piétons, ces usagers sans protection représentent désormais plus de 70% des victimes régionales.
Nachit a précisé que la prudence est de mise et que le travail se concentrera prioritairement sur cette catégorie. Les données par préfecture confirment cette urgence, Meknès et Fès enregistrant respectivement 107 et 94 décès en 2024. Cette situation locale fait écho à la thématique nationale, avec 2.300 tués parmi les usagers de deux-roues, imposant une révision des actions de prévention.
18.505 véhicules professionnels : la formation comme levier de responsabilité
Le directeur régional de l’OFPPT Fès-Meknès, Kandoussi Rachid, a insisté sur la dimension humaine de la sécurité au sein d’un secteur stratégique pour le développement économique. Il a rappelé que l’IFMLT constitue un établissement de référence où la responsabilité professionnelle reste indissociable de la protection de la vie humaine.
L’objectif est de préparer des professionnels qualifiés, conscients des exigences de sécurité et de civisme. Kandoussi a encouragé les stagiaires à faire preuve d’exemplarité dans leur comportement durant leur parcours de formation et leur future carrière.
La région compte un parc important nécessitant cette rigueur, avec 13.846 véhicules de transport de marchandises pour compte d’autrui et 4.659 pour compte propre. La formation dispensée par l’institut vise ainsi à bâtir une route plus sûre par le biais d’une montée en compétence des conducteurs et une sensibilisation accrue aux risques du métier.
1.192 retraits de documents : le bilan opérationnel du contrôle
Hadri Soumaia, chef du service de la Coordination de transport au ministère du Transport et de la Logistique, a détaillé l’action des brigades de contrôle sur le terrain. Elle a présenté un bilan des opérations pour l’année 2025, faisant état de 1.628 véhicules contrôlés dans la région. Ces interventions ont abouti au retrait des documents de transport pour 1.192 véhicules et à la mise en fourrière de 52 unités.
L’analyse des infractions relevées par les services du ministère met en lumière des défaillances spécifiques. Hadri a indiqué que le non-respect des temps de repos et de conduite représente une part significative des infractions, avec 189 cas enregistrés.
Les brigades ont également relevé 40 infractions liées aux dispositifs de limitation de vitesse et aux chronotachygraphes. Ces actions visent à garantir une concurrence loyale entre les opérateurs tout en réduisant les facteurs de risque liés à la fatigue et à la vitesse excessive.
La technologie au service de la région
Pour appuyer l’action humaine, la région Fès-Meknès a bénéficié du déploiement de nouvelles technologies de surveillance. Dans le cadre d’un marché national portant sur l’acquisition de 15 unités par la NARSA, la région a été dotée d’un véhicule équipé d’un radar embarqué. Opérationnel depuis le 4 mars 2024, ce dispositif permet de détecter les excès de vitesse dans les deux sens de la circulation, y compris lorsque le véhicule de contrôle est en mouvement.
Cet outil technologique complète le dispositif existant, composé de radars fixes et de brigades mobiles. Il vise à dissuader les comportements dangereux sur les axes les plus accidentogènes du territoire, notamment les excès de vitesse qui demeurent la cause principale de mortalité. L’intégration de ces moyens modernes répond à la nécessité d’inverser la courbe des accidents et de se rapprocher des objectifs de la Stratégie nationale de sécurité routière.
Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



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