Renault enregistre une perte de 10,9 milliards d’euros en 2025, le constructeur chute en Bourse

Le groupe Renault a subi en 2025 une perte nette de 10,9 milliards d’euros, liée à une révision attendue de la valeur de ses parts dans Nissan, mais les ventes ont été dopées par ses voitures électriques. Des résultats qui ont fait chuter le cours de Bourse du constructeur automobile. Vers 11h40 (heure de Paris), le titre perdait 5,48% à 31,37 euros, alors que l’indice CAC 40 reculait de 0,84%. Il souffre notamment de « marges pas bonnes et de projections assez prudentes » pour 2026, relève Andrea Tueni, responsable des activités marchés de Saxo Bank, interrogé par l’AFP. « Nous continuons à pousser dans les véhicules électriques » , a déclaré le PDG de Renault François Provost devant les analystes financiers, en vantant le succès de sa « stratégie à deux jambes, les véhicules électriques et les hybrides » . Un choix aux antipodes de son rival Stellantis, qui vient de décider de freiner dans l’électrique, faute de ventes suffisantes.

Le chiffre d’affaires de Renault a progressé de 3% l’an dernier, à 57,9 milliards d’euros, avec 2,3 millions de véhicules vendus. En revanche sa marge opérationnelle a diminué à 6,3% contre 7,6% en 2024, rognée notamment par la part croissante des voitures électriques, moins rentables que les thermiques. Et son bénéfice net hors impact Nissan a baissé de 74% à 715 millions d’euros. « Actuellement la rentabilité des voitures électriques, qui représentent 14% des ventes du groupe et 20% pour la marque Renault, est inférieure à celle des thermiques: le challenge est d’améliorer cette rentabilité » , a expliqué le directeur financier Duncan Minto lors d’une conférence téléphonique.

Pour 2026, le groupe prévoit une marge opérationnelle de nouveau réduite, à environ 5,5% du chiffre d’affaires, inférieure aux prévisions des analystes, mais qui résiste dans un secteur sous pression en Europe. Il escompte aussi cette année une nouvelle croissance de son chiffre d’affaires, toujours portée par l’international et les véhicules électriques, a indiqué le directeur financier. À moyen terme Renault vise une marge de 5 à 7%, a-t-il précisé, dans un environnement concurrentiel « difficile » sur le niveau des prix.

Réduction des coûts

La lourde perte comptable annuelle, que Renault avait annoncée le 1er juillet dernier, résulte de la fin progressive de l’alliance nouée entre les deux constructeurs depuis 1999, mise à mal par l’arrestation de Carlos Ghosn au Japon fin 2018. La fin de l’alliance a poussé Renault à re-comptabiliser la valeur de sa participation de 35% dans Nissan à l’aune de son cours de Bourse, auxquels s’ajoute le poids des résultats négatifs de Nissan, qui a prévu une perte d’exploitation sur son exercice annuel 2025-2026. Même hors impact de Nissan, la situation est difficile pour Renault, dirigé depuis l’été dernier par François Provost, successeur de Luca de Meo, parti chez Kering.

Renault a vendu 2,34 millions de véhicules dans le monde l’an dernier, soit une hausse de 3,2%, deux fois supérieure à celle du marché mondial (+1,6%). Renault a notamment accru ses ventes de véhicules électriques de 77% et ses ventes d’hybrides de 35% (30% du total de ses ventes). Le constructeur français, quatorzième mondial, a été largement épargné par les difficultés des marchés américains et chinois, où il est peu présent.

La marque Renault a vu ses ventes augmenter de 10% l’an dernier dans les voitures particulières, avec la Renault 5 électrique en tête des ventes des véhicules électriques de segment B en Europe. À l’international, la marque a engrangé une progression des recettes de 11,7%, surtout en Amérique latine, Corée du Sud et Maroc. Les deux autres marques du groupe, Dacia et Alpine sont également en croissance. Le dividende est prévu stable à 2,20 euros par action. Le groupe vise par ailleurs « à long terme » une part de 10% de son capital détenue par ses salariés.

Renault précise avoir réduit ses coûts de plus de 400 euros par véhicule vendu, et veut continuer à les réduire à moyen terme de 400 euros par an et par véhicule, a souligné François Provost. Il veut aussi « développer systématiquement ses nouveaux modèles en moins de deux ans » , comme il vient de le faire pour la Twingo électrique. Le groupe a par ailleurs confirmé être en discussion avec ses partenaires pour racheter la totalité de la société de camionnettes électriques Flexis, créée en 2024 avec le constructeur de camions Volvo et l’armateur CMA CGM, dont il détient 45%.

Source de l’article : Le Figaro

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