Top 10 des voitures les plus fréquemment volées en France en 2025
Le GIE Argos (groupement d’assureurs français) publie son rapport annuel sur les véhicules les plus volés dans l’Hexagone en 2025. Modèles les plus convoités, méthodes utilisées, régions les plus touchées… voici le bilan complet de cette étude entièrement consacrée à la délinquance automobile.
Créé en 1984, le groupement d’intérêt économique Argos fédère la majorité des compagnies d’assurances intervenant en France. Ces dernières lui communiquent les chiffres et données relatives aux vols de voitures déclarés par leur assurés. Une mine d’informations qui donne lieu à une étude annuelle publiée par cet organisme professionnel à but non lucratif dont la mission est également de rechercher, identifier et récupérer les véhicules dérobés. En 2025, sur les 125 200 soustractions frauduleuses de véhicules enregistrées en France par les forces de l’ordre, l’Argos a recensé 64 088 vols déclarés aux assurances, soit un recul de 9 % par rapport à l’année précédente. Les voitures particulières demeurent les plus touchées avec 44 104 sinistres identifiés, soit une diminution de 6 % comparé à 2024. Si les modèles tricolores sont les plus dérobés en nombre, des japonaises attirent davantage les convoitises si l’on considère le nombre d’exemplaires en circulation sur nos routes.
Un Top 10 franco-asiatique
Cette année, le GIE Argos a établi son classement des modèles les plus volés en 2025 en tenant compte de la fréquence des vols et non de leur nombre absolu. Ce Top 10 est donc réalisé en tenant compte du taux de sinistralité, soit le ratio entre le nombre de vols et celui des immatriculations enregistrées pour chaque modèle sur notre territoire. Seuls les véhicules âgés de moins de 10 ans totalisant au moins 4 000 unités en France sont pris en considération. Si sept modèles français figurent parmi les plus souvent volés, les trois autos les plus prisées sont asiatiques. Comme en 2024, le Toyota RAV 4 V lancé en 2018 s’impose comme la voiture la plus couramment volée au regard du nombre d’exemplaires en circulation. Le SUV japonais est suivi du Hyundai Tucson IV dont la deuxième génération occupait la 15e place l’année précédente. Le Toyota C-HR connaît lui aussi un net regain d’intérêt chez les voleurs, passant de la 5e à la 3e place.
La voiture française la plus fréquemment volée est la Renault Mégane IV qui pointe à la 4e position. La compacte qui a tiré sa révérence sur notre marché en 2024 progresse de trois rangs et semble de plus en plus attirer les malfrats. Alors qu’elle n’a pas connu le succès commercial escompté durant ses sept ans de carrière (2015-2022), la Renault Talisman se classe 5e modèle préféré des voleurs alors qu’elle occupait la dernière place de ce Top 10 en 2024. La Peugeot 508 II, sa concurrente sochalienne, arrive 6e devant la deuxième génération de 5008. Son petit frère 3008 II, diffusé à près de 1,4 million d’exemplaires est quant à lui 9e, derrière le DS7 Crossback, seul modèle premium de ce classement, les autos haut de gamme bénéficiant d’un niveau de sécurisation souvent supérieur. La Clio IV, modèle neuf le plus vendu en France de 2013 à 2017, ferme la marche de ce Top 10 dont les voitures électriques sont les grandes absentes. Un phénomène qui s’explique par les difficultés de revente dans de nombreux pays où les infrastructures de recharge sont encore inexistantes ou peu développées.
L’utilitaire le plus volé en France est italien
En 2025, le véhicule utilitaire le plus volé est le Fiat Ducato III apparu en 2006 puis restylé en 2014 et en 2023. Le modèle transalpin est suivi par les Peugeot Boxer et Citroën Jumper de troisième génération, ses deux cousins techniques du groupe Stellantis. Lancé en 2014 et mis à jour cinq ans plus tard, l’Iveco Daily III hérite de la 4e place. Le Renault Master III, troisième utilitaire le plus vendu en occasion sur notre marché, pointe pour sa part à la 5e position.
Classement des utilitaires les plus volées en fonction du nombre de véhicules en circulation1.Fiat Ducato III2.Peugeot Boxer III3.Citroën Jumper III4.Iveco Daily III5.Renault Master III
Des modes opératoires très élaborés
C’est un fait, les vols d’opportunité, commis sans préparation ou presque, s’effacent au profit des faits perpétrés par des réseaux organisés. Les méthodes utilisées pour pénétrer dans les véhicules et les démarrer avant de repartir à leur volant sont ainsi de plus en plus sophistiquées. Dans 70 % des cas, le véhicule est dérobé sans effraction visible, une particularité observée pour moins d’un vol sur cinq en 2010. Les délinquants ne s’attaquent plus aux vitres et aux portières des véhicules avec un pied de biche pour se les approprier. Ils font désormais usage de procédés électroniques ou de moyens ne laissant aucune trace de leur forfait. Deux types de techniques sont principalement employés :
l’ouverture de la portière en ayant recours à un coussin d’air, à un outil pour ouvrir la serrure, ou encore à un brouilleur empêchant la fermeture de la porte ;
le déverrouillage du véhicule avec une clé universelle « bump key » , ou en utilisant le « relay attack » qui consiste à copier le signal de la clé.
Une fois dans l’habitacle, les voleurs s’affranchissent facilement des garde-fous électroniques mis en place par les constructeurs. Ils procèdent au démarrage en se connectant à la prise OBD du véhicule au moyen d’un outil de diagnostic détourné ou d’un boîtier de démarrage dédié. Une autre méthode consiste, depuis l’extérieur du véhicule, à se brancher sur le faisceau multiplexé appelé Bus CAN. Le matériel spécifique pour y parvenir passe inaperçu puisqu’il a souvent l’apparence d’un objet détourné de sa finalité : une enceinte portative ou un faux téléphone portable. Selon l’Argos, un tiers des véhicules ainsi subtilisés sont retrouvés dans un délai d’une semaine tandis que deux tiers le sont au cours du premier mois suivant le vol.
Des territoires particulièrement à risque
Les vols de véhicules sont majoritairement commis dans des zones géographiques marquées par l’implantation de réseaux criminels structurés et/ou offrant des conditions logistiques favorables à la revente dans d’autres pays (proximité de ports, de grands axes autoroutiers ou de frontières). Trois départements concentrent à eux seuls 18 % des vols perpétrés en France en 2025. Avec 4 289 faits, soit 7,6 % des sinistres, les Bouches-du-Rhône est de loin le territoire le plus touché. Il devance le Nord et ses 3 381 vols représentant 6 % de cette délinquance automobile. Le Rhône complète ce triste podium avec quelques 2 524 appropriations frauduleuses déplorées l’an passé (4,5 % des vols). Les huit départements qui composent la région parisienne figurent quant à eux parmi les quatorze qui totalisent plus de la moitié des vols de véhicules commis dans l’Hexagone.
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Source de l’article : L'Argus



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