L’AFRICOM livre sa lecture sécuritaire des différentes sous-régions africaines

Washington (© 2026 Afriquinfos)- Le Général Dagvin R.M. Anderson, commandant de l’US Africa Command (AFRICOM) depuis août 2025, et le sergent-major Garric Banfield, sous-officier supérieur de commandement de l’AFRICOM ont étalé leurs différentes opérations ménées, pour lutter contre les menaces transnationales ou régionales sur le continent. C’était lors d’un point de presse numérique, tenu le 4 février dernier. Le premier d’ailleurs de l’année 2026.

Selon M. Anderson, l’Africom mène diverses actions qui visent à lutter contre les menaces transnationales ou régionales sur le continent, où tous leurs exercices sont axés sur le multilatéralisme. Ces opérations rassemblent plusieurs pays, non seulement d’Afrique, mais aussi d’Europe, d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et même de certains pays de la zone indopacifique. Cette méthode ambitionne ‘’de lutter contre ces menaces, en particulier la menace terroriste, mais aussi la menace croissante liée au trafic de stupéfiants et à la contrebande qui est d’un intérêt commun’’, selon ses explications.

‘’En Afrique du nord, le plus grand exercice de l’Africom, se déroule au Maroc et s’appelle African Lion. Il est prévu pour le mois de mai. Nous sommes ravis qu’à l’approche du 250e anniversaire des États-Unis, le Maroc nous ait accompagnés à chaque étape en tant que premier pays ayant reconnu officiellement notre nation. Je pense donc qu’il est important de pouvoir organiser cet exercice ici et de continuer d’y apporter nos innovations’’, a renseigné le général Dagvin Anderson, septième commandant de l’US Africa Command.

L’exercice African Lion réunit 19 pays africains, six pays européens et quelques pays d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient. Il se déroule en trois volets. Nous avons un volet en Tunisie, un autre au Ghana et un autre au Sénégal. Encore une fois, nous nous intéressons à la composante régionale, et pas seulement à un seul pays. Par ailleurs, précise la même source, le Maroc et la Tunisie ont été de très bons partenaires.

‘’Nous avons fait beaucoup de progrès là-bas. Les deux pays envisagent de créer des centres d’excellence afin de poursuivre leurs efforts de lutte contre le terrorisme et fournir – devenir un multiplicateur de force dans notre lutte commune contre cette menace. Ainsi, à mesure que nous investissons dans ces centres d’excellence, ils peuvent continuer à aider à former les pays partenaires’’, a appuyé dans cette même veine le sergent-major Garric Banfield.

L’Africom a mis en place une série d’exercices Cutlass Express, qui se déroule précisément au Mozambique, avec 14 pays, dont cinq pays européens, deux pays de la région indopacifique, et qui rassemble huit centres d’opérations maritimes d’Afrique de l’Est. ‘’Mon commandant adjoint se trouve actuellement à Maurice dans le cadre de la série Cutlass Express, où il participe à l’exercice’’, a par ailleurs rassuré le commandant de l’US Africa’’.

En Afrique de l’Est, où le Général vient d’effectuer un déplacement, l’Africom dispose également de l’exercice Justified Accord qui a lieu, cette année, au Kenya. Cinq pays africains et trois pays européens y participent, avec des pôles opérationnels en Tanzanie et à Djibouti.

L’exercice Flintlock pour lutter contre le terrorisme

S’agissant de l’Afrique de l’Ouest, l’exercice des forces spéciales qui sera basé, cette année, en Côte d’Ivoire, avec une antenne en Libye est dénommé : Flintlock. Il réunira 26 pays africains, 15 partenaires européens, deux partenaires de la zone indopacifique et un partenaire sud-américain. Il s’agira d’un exercice multinational axé sur la lutte contre le terrorisme. Une particularité de cette année est le pôle situé en Libye, qui sera dirigé par des mentors italiens, selon les explications

Pour un apprentissage mutuel, l’Africom compte réunir sur le terrain les Libyens de l’Est et de l’Ouest. ‘’L’un des éléments les plus précieux que nous tirons de ces opérations multinationales est l’apprentissage mutuel. Les opérations multinationales sont extrêmement complexes, comme nous l’avons constaté au cours des 20 dernières années. Nous devons nous y exercer régulièrement afin de renforcer l’interopérabilité entre les partenaires’’, a souligné le sergent-major Garric Banfield.

L’Africom envisage de travailler en Afrique de l’Ouest avec le Nigeria. M. Anderson a d’ailleurs affirmé en ce sens avoir participé au processus d’Aqaba, à Rome, à la fin de l’année dernière, organisé par le Premier ministre italien et le roi de Jordanie, qui portait spécifiquement sur la menace terroriste en Afrique de l’Ouest.

‘’Et durant cette réunion, j’ai pu rencontrer le président Tinubu. Nous avons pu échanger nos points de vue et sommes convenus de la nécessité de collaborer pour trouver une solution dans la région. Cela a conduit à une collaboration accrue entre nos deux pays, notamment la participation d’une petite équipe américaine qui apporte des compétences uniques des États-Unis afin de renforcer les efforts déployés par le Nigeria depuis plusieurs années. Nous avons réalisé des progrès très positifs dans ce domaine. Mon adjoint s’est rendu là-bas très récemment avec une délégation de haut niveau du département d’État, dirigée par Allison Hooker, afin d’examiner les possibilités de continuer à avancer ensemble’’, a-t-il laissé entendre.

Malgré ces défis sécuritaires, l’Africom a affirmé être exposé, exposée aux opportunités sur le continent. ‘’J’ai aussi abordé la convergence entre l’économie et la sécurité, et ce que nous pouvons apporter au développement économique. Nous examinons les opportunités commerciales qui ont une incidence sur la sécurité ou des implications en matière de sécurité, mais aussi les manières de partager des informations et des connaissances et faire face ensemble à ces menaces. Parce que la sécurité conduit à la stabilité ; cette stabilité crée des possibilités d’investissement ; et cet investissement crée la prospérité tant pour les partenaires africains que pour les États-Unis’’, a fait observer le Général.

Le numéro 1 de l’Africom tenait cette session d’informations à l’endroit des médias, alors même qu’il venait de rentrer d’un déplacement en Afrique de l’Est, notamment en Éthiopie, au Kenya et à Djibouti avec le sous-secrétaire d’État Christopher Landau. Jusqu’à présent, le Général s’est rendu dans 11 pays du continent.

Dans ces pays, ‘’ j’y suis retourné à plusieurs reprises et j’ai eu l’occasion de dialoguer avec nos partenaires et d’écouter ce qu’ils avaient à dire, et d’identifier les domaines où notre coopération serait la plus efficace pour répondre à cette menace commune. Et, très clairement, quand on se penche sur ce sujet, compte tenu de l’évolution de la nature de la guerre, sur la façon d’apporter de l’innovation sur le continent, la manière d’utiliser les technologies émergentes pour faire face à ces menaces – je pense que c’est un domaine où les États-Unis excellent et qu’ils peuvent aider à développer’’, a-t-il conclu.

Source de l’article : Afriquinfos

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