Midparc Nouaceur accueille l’usine de trains d’atterrissage de Safran : Un saut technologique pour la base aéronautique marocaine

Le Maroc se positionne ainsi sur un segment où la barrière technologique est élevée, un marqueur classique des plateformes industrielles arrivées à maturité.

Montée en gamme : Avec la future usine de trains d’atterrissage à Nouaceur, le Royaume consolide son positionnement dans les segments les plus critiques de la chaîne aéronautique mondiale. Un projet structurant qui marque une nouvelle étape dans la stratégie d’intégration industrielle.

Le lancement, vendredi à Casablanca, du projet d’usine de production de trains d’atterrissage du groupe Safran à Nouaceur ne constitue pas seulement une nouvelle implantation industrielle. Il s’agit d’un signal fort de montée en gamme de la plateforme aéronautique marocaine. Présidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette cérémonie consacre l’entrée du Maroc dans un segment particulièrement sensible de l’industrie aéronautique, celui des systèmes critiques de vol où les exigences technologiques, de certification et de fiabilité figurent parmi les plus élevées au monde. Implanté au cœur de Midparc sur plus de sept hectares, ce futur site, doté d’un investissement de plus de 280 millions d’euros, sera dédié à la production de trains d’atterrissage pour la famille Airbus A320, l’un des programmes aéronautiques les plus demandés au monde. Jusqu’ici, l’écosystème aéronautique national s’est surtout distingué dans les métiers de câblage, de composites, de maintenance et d’assemblage. Avec ce projet, le Royaume franchit un palier supplémentaire vers les métiers de très haute précision mécanique. Les trains d’atterrissage figurent en effet parmi les équipements les plus critiques d’un avion. Leur fabrication mobilise des procédés d’usinage de très haute précision, des traitements de surface complexes ainsi que des phases d’essais et de certification particulièrement rigoureuses. Le Maroc se positionne ainsi sur un segment où la barrière technologique est élevée, un marqueur classique des plateformes industrielles arrivées à maturité.

Ce nouveau projet s’inscrit dans une trajectoire sectorielle déjà bien établie. En l’espace de deux décennies, l’aéronautique marocaine a connu une montée en puissance remarquable, portée par l’installation progressive de plus de 140 entreprises et la constitution d’un vivier d’environ 25.000 emplois qualifiés. Le secteur affiche aujourd’hui un taux d’intégration locale dépassant 40 % et figure parmi les branches industrielles les plus dynamiques à l’export, aux côtés de l’automobile. La présence historique du groupe Safran, partenaire du Royaume depuis plus d’un quart de siècle, a largement contribué à cette structuration progressive de la filière. Le choix de Midparc pour accueillir cette nouvelle usine confirme par ailleurs le rôle central de la plateforme de Nouaceur dans l’écosystème aéronautique national. Grâce à sa proximité avec l’aéroport Mohammed V, à la qualité de ses infrastructures logistiques et à la concentration de compétences spécialisées, cette zone s’est imposée comme le principal hub du secteur. L’arrivée d’un site de cette envergure devrait produire un effet d’entraînement sur la supply chain locale et favoriser l’émergence de nouveaux fournisseurs marocains dans les métiers de précision. Au-delà du projet lui-même, cette implantation intervient dans un contexte international marqué par la recomposition des chaînes de valeur industrielles.

L’industrie aéronautique mondiale est engagée dans une phase de montée en cadence des programmes moyen-courrier tout en recherchant des schémas industriels plus résilients et géographiquement optimisés. Dans ce contexte, la future usine de Nouaceur, qui sera alimentée à 100% en énergie décarbonée, s’inscrit pleinement dans les nouvelles exigences environnementales et industrielles du secteur. Au fond, le message dépasse le seul investissement de Safran. Dans un environnement mondial marqué par les stratégies de relocalisation et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, un projet industriel de cette ampleur constitue un signal de confiance fort envers la plateforme marocaine. Il confirme surtout une évolution de perception : le Royaume n’est plus seulement considéré comme une base de production compétitive, mais de plus en plus comme une plateforme industrielle intégrée capable d’absorber des technologies critiques. Et c’est précisément sur ce terrain que se joue désormais la prochaine phase de l’industrialisation nationale.

Source de l’article : Aujourd'hui le Maroc

Laisser un commentaire