Crédit du Maroc : 864 MDH de bénéfice en 2025 et une croissance des crédits de 11%
Croissance offensive mais maîtrisée, rentabilité en nette amélioration et discipline prudentielle renforcée : Crédit du Maroc boucle l’exercice 2025 sur un exercice de consolidation stratégique
L’exercice 2025 marque un tournant pour Crédit du Maroc. Réuni le 12 février 2026 sous la présidence de Mohamed Hassan Bensalah, le Conseil de surveillance a arrêté des comptes qui traduisent un net renforcement des fondamentaux. Présentant les résultats le lendemain, Ali Benkirane, président du directoire, a mis en avant une croissance qu’il qualifie d’équilibrée, portée simultanément par les métiers historiques et par les nouveaux relais de développement.
Les chiffres confirment cette trajectoire : les encours de crédits progressent de 11 %, le produit net bancaire augmente de 8 % pour atteindre 3 568 millions de dirhams (MDH) et le résultat net part du groupe s’établit à 864 MDH, en hausse de 16,5 %. Selon Ali Benkirane, cette dynamique s’est opérée dans un cadre de risque maîtrisé, tandis que la collecte est restée solide tout au long de l’exercice.
Une dynamique commerciale soutenue, tirée par l’investissement
Moncef Alaoui, membre du directoire en charge de la Banque commerciale, a détaillé la trajectoire suivie depuis deux ans. Il rappelle qu’après une progression de 10 % des crédits entre 2023 et 2024, la banque enregistre une nouvelle hausse de 11 % en 2025, soit près de 11 milliards de dirhams (MMDH) supplémentaires injectés dans l’économie. Cette continuité, souligne-t-il, reflète la constance de l’action commerciale et l’engagement durable de la banque dans le financement de l’économie marocaine, en lien avec la stratégie du groupe Holmarcom.
À fin décembre 2025, les encours atteignent 62 863 MDH. Le segment entreprises affiche une progression de 12,2 %, à 37 382 MDH. Les crédits à l’équipement et les financements aux promoteurs immobiliers augmentent chacun de 16,6 %, prolongeant une dynamique déjà vigoureuse l’année précédente.
L’activité leasing confirme également sa montée en puissance, avec 3,5 MMDH d’encours en 2025 contre 1,5 milliard en 2021. Pour Moncef Alaoui, l’accompagnement des clients corporate, notamment dans le financement de l’investissement, constitue un axe stratégique central. Les évolutions observées sur le court terme restent cohérentes avec la volonté d’accompagner les besoins en fonds de roulement des entreprises.
Une progression mesurée sur le segment des ménages
Sur le marché des particuliers, la croissance demeure maîtrisée. Les encours atteignent 22 284 MDH, en hausse de 4,8 %.
Moncef Alaoui indique que le développement du crédit habitat s’inscrit dans la dynamique globale du secteur. Les encours passent de 16,6 MMDH en 2023 à 17,8 MMDH en 2025. Cette évolution s’inscrit dans la stratégie de banque de la famille revendiquée par le management.
Les crédits à la consommation enregistrent une progression plus soutenue, +11,2 % en 2025, confirmant la tendance déjà observée l’année précédente.
Une collecte robuste, dominée par les dépôts à vue
Les ressources consolidées atteignent 61 228 MDH, en hausse de 7,4 %. Moncef Alaoui souligne que la collecte globale progresse de 7,8 % entre 2024 et 2025, après une évolution de 10,2 % l’année précédente, portée principalement par les ressources de bilan. L’objectif affiché reste l’élargissement du portefeuille clients et le renforcement de la base clientèle.
Les dépôts à vue constituent le principal moteur, avec 44 500 MDH d’encours, en hausse de 11,6 %. Les comptes d’épargne atteignent 10 096 MDH et les dépôts à terme un montant de 5 081 MDH.
La collecte hors bilan affiche également de bonnes performances : les encours OPCVM s’élèvent à 11,7 MMDH, tandis que l’assurance-vie connaît une accélération en 2025, portée par les synergies avec la filiale d’assurance du groupe.
Un nouveau seuil franchi en matière de performance financière
Hanane Laala, directrice du pôle Finance, estime que 2025 marque un franchissement de seuil en matière de performance. Elle souligne que la croissance du produit net bancaire, en hausse de 8 %, est portée à la fois par la banque et par ses filiales.
La marge nette d’intérêt progresse de 10,4 % à 2 681 MDH, soutenue par la dynamique commerciale, l’optimisation du coût de la ressource et la contribution accrue de Crédit du Maroc Leasing et Factoring. La résilience de la structure bilancielle face aux fluctuations de taux a également joué un rôle déterminant.
La marge sur commissions atteint 494 MDH (+7,3 %), reflétant la montée en puissance des métiers filialisés, notamment Crédit du Maroc Patrimoine et CDM Capital Bourse, ainsi que la bonne tenue des activités spécialisées telles que le commerce international et la bancassurance.
Le résultat des opérations de marché s’établit à 499 MDH, soutenu par la dynamique sur le change. Hanane Laala souligne que ce niveau, proche de 500 MDH pour la deuxième année consécutive, traduit une performance solide malgré un environnement de taux contraint.
Discipline des coûts et efficacité renforcée
Les charges générales d’exploitation s’élèvent à 1 652 MDH, en hausse limitée à 3 %. Hanane Laala précise que la politique de rationalisation des coûts engagée depuis plus de trois ans continue de produire ses effets, les principales augmentations étant liées aux amortissements des projets d’investissement.
Le résultat brut d’exploitation atteint 1 916 MDH, en progression de 12,8 %. Le coefficient d’exploitation s’améliore de 228 points de base pour s’établir à 46,3 %, traduisant une amélioration tangible de l’efficacité opérationnelle.
La banque a investi 248 MDH en 2025, principalement dans la transformation technologique et le renforcement de ses capacités internes.
Un risque maîtrisé dans une approche prudente
Le coût du risque recule à 383 MDH, soit 61 points de base, en baisse de 9 points de base. Hanane Laala met en avant une gestion prudente et anticipative. Le taux de créances douteuses et litigieuses s’améliore à 6,6 %, tandis que le taux de couverture progresse à 89,5 %, en hausse de plus de 200 points de base.
Ali Benkirane insiste sur le fait que la diminution du coût du risque ne remet pas en cause le renforcement continu du dispositif de gestion, conçu pour résister à d’éventuels cycles économiques moins favorables. Il anticipe un environnement macroéconomique globalement porteur pour 2026, tout en affirmant le maintien de standards élevés en matière d’octroi et de provisionnement.
Une rentabilité en forte hausse et des ratios confortables
Le résultat net part du groupe atteint 864 MDH (+16,5 %). Les fonds propres progressent de 13,5 % à 8,3 MMDH.
Hanane Laala souligne que les ratios prudentiels demeurent largement supérieurs aux exigences réglementaires : le ratio Tier 1 s’établit à 12,16 % et le ratio de solvabilité globale à 14,85 %, au-dessus du minimum réglementaire fixé à 12 %.
Le Directoire proposera à l’Assemblée générale la distribution d’un dividende brut de 48 dirhams par action. En octobre 2025, la banque a également réalisé une émission obligataire subordonnée de 1 milliard de dirhams afin de soutenir la croissance de son activité.
Transformation accélérée : CDM Pay et gouvernance renforcée
L’année 2025 a été marquée par le lancement de CDM Pay, filiale dédiée aux solutions de paiement électronique. Ali Benkirane explique que ce projet, accéléré dans un contexte sectoriel favorable et sous l’impulsion des autorités de concurrence, a permis de structurer rapidement une équipe dédiée et d’activer un dispositif commercial couvrant commerçants et TPME, clients et non-clients. Les premières performances font état de parts de marché supérieures à 7 % en volume et en flux.
Concernant le chantier SREP, Ali Benkirane le présente comme un projet structurant de gouvernance, dépassant le simple cadre du reporting réglementaire. Piloté au plus haut niveau, il mobilise l’ensemble des métiers et des fonctions risques. Les évaluations sont jugées parmi les meilleures du marché, tout en laissant place à des axes d’amélioration. L’ambition affichée est de renforcer encore les dispositifs de pilotage financier, de contrôle interne et de gestion des risques, y compris cyber et climatiques.
2025, validation d’un modèle
L’exercice 2025 confirme la cohérence du modèle Crédit du Maroc. La croissance des crédits, assumée et offensive, s’appuie sur une collecte à vue dynamique qui protège la marge. La diversification des revenus réduit la dépendance au seul spread. L’efficacité opérationnelle s’améliore malgré des investissements soutenus. Le risque recule tout en étant mieux couvert. La solvabilité demeure solide.
À travers cette performance, le management adresse un message clair au marché : la croissance n’est pas recherchée à n’importe quel prix. Elle est construite pour durer, sous réserve du maintien d’une discipline stricte en matière de coûts, de collecte et de pilotage des risques.
Source de l’article : Le Desk



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