Crédit du Maroc : Terrain balisé pour une nouvelle phase d’accélération

Ali Benkirane, président du Directoire, a replacé l’exercice dans la trajectoire fixée depuis l’arrivée de l’actionnaire de référence. « Depuis l’entrée du groupe Holmarcom au capital, nous avons fixé un cap clair à l’horizon 2028. Aujourd’hui, nous estimons avoir réalisé près des deux tiers de cette trajectoire, ce qui confirme la pertinence de notre feuille de route et la solidité de notre modèle » , a-t-il déclaré. Le dirigeant a également insisté sur la nature de la dynamique. « Cette performance n’est pas conjoncturelle. Elle est le fruit d’un travail engagé depuis trois ans et d’une croissance équilibrée, portée par l’ensemble de nos métiers » .

Sur le plan commercial, la banque fait état d’une progression des crédits de 11% à fin décembre 2025, à 62,86 Mds de DH. Les financements accordés aux entreprises atteignent 37,38 Mds de DH, en hausse de 12,2%, portés principalement par la bonne dynamique des crédits à l’équipement et des crédits aux promoteurs, tous deux en progression de +16,6%. En parallèle, la banque indique poursuivre le soutien au financement des ménages, avec une croissance globale des encours de 4,8% à 22,28 Mds de DH, tirée par l’augmentation des crédits à la consommation (+11,2%) et des crédits à l’habitat (+3,3%).

Lors de la présentation, Moncef Alaoui, membre du Directoire en charge de la Banque commerciale, a rappelé que le crédit à la clientèle a progressé de 10% entre 2023 et 2024, puis de 11% entre 2024 et 2025, une évolution qu’il relie à la constance de l’action commerciale et à l’élargissement de la base client. Sur les particuliers, il a souligné la continuité du financement de l’habitat dans le cadre de la stratégie « banque de la famille » , avec des encours qui passent, selon ses indications, de 16,6 milliards à 17,2 milliards et une évolution de 3,3% entre 2024 et 2025. Sur le crédit à la consommation, il a mis en avant une progression soutenue des encours sur les deux dernières années, tandis que sur la collecte, il a relevé la progression des comptes à vue, de 39 milliards en 2024 à 44,5 milliards en 2025 (+11,6%), ainsi qu’une hausse des encours OPCVM à 11,7 milliards.

Sur l’activité et la rentabilité, le groupe annonce un produit net bancaire consolidé en croissance de 8,0% à 3,56 Mds de DH, porté par l’ensemble des activités. La marge nette d’intérêt progresse de 10,4% à 2,68 Mds de DH, portée par la dynamique commerciale, l’optimisation du coût de la ressource et la contribution positive de Crédit du Maroc Leasing et Factoring. La marge sur commissions atteint 494 MDH (+7,3%), soutenue notamment par le développement des filiales, dont Crédit du Maroc Patrimoine et CDM Capital Bourse, ainsi que par la bonne orientation des filières spécialisées, en particulier le commerce international et la bancassurance. Le résultat des opérations de marché s’établit à 499 MDH, profitant de la dynamique commerciale sur le change. La contribution des filiales au PNB progresse de 28,2%, avec un chiffre d’affaires global de l’ordre de 259 MDH.

La progression du PNB et la maîtrise des charges se traduisent par un résultat brut d’exploitation de 1,91 Md de DH, en hausse de 12,8%. Le coefficient d’exploitation s’améliore de 228 points de base à 46,3%. Sur l’exercice, la banque indique avoir engagé 248 MDH d’investissements, principalement dédiés à la transformation technologique et au renforcement des capacités opérationnelles.

Le management a présenté 2025 comme un exercice structurant. « 2025 a été une année de consolidation et de confirmation. Nous avons travaillé sur nos fondamentaux, renforcé nos équipes et stabilisé nos dispositifs » , a déclaré Ali Benkirane.

Sur le volet risques, Crédit du Maroc indique poursuivre une politique « anticipative et prudente » . Le coût du risque ressort à 383 MDH, en baisse de 3,8%. Le taux de couverture des créances en souffrance s’établit à 89,5%, en amélioration de 206 points de base par rapport à 2024. L’encours des créances en souffrance est de 4,43 Mds de DH et le taux des créances douteuses et litigieuses s’améliore de 38 points de base. Dans sa déclaration, le président du Directoire a résumé l’équilibre recherché, « nous ne faisons pas le choix entre la croissance et la maîtrise des risques. Les deux avancent ensemble, avec une discipline de gestion des risques profondément ancrée dans notre ADN et un provisionnement prudent » .

Au terme de l’exercice, le résultat net part du groupe progresse de 16,5% à 864 MDH. Sur le plan prudentiel, Hanane Laala, directrice du Pôle Finances, a indiqué des ratios supérieurs aux seuils réglementaires, avec un ratio Tier 1 à 12,16% et un ratio de solvabilité globale à 14,85%. Les fonds propres consolidés s’apprécient à 8,39 Mds de DH, en hausse de 13,5%.

Le Directoire proposera à l’Assemblée générale ordinaire la distribution d’un dividende brut de 48 dirhams par action (en hausse de 15% par rapport à 2024) soit un payout de 65%.

Pour la suite, Ali Benkirane a présenté les axes prioritaires comme une montée en puissance de l’exécution et de la qualité de service. « Notre priorité, c’est d’accélérer. Nous avons installé les fondations (gouvernance, dispositifs RH, modèle opérationnel, socle technologique) et nous devons désormais transformer l’avance réalisée en performance durable, en renforçant notre offre, en simplifiant nos processus et en élevant encore l’expérience client » .

Source de l’article : Boursenews.ma