Inondations à Ksar El-Kebir : un désastre économique immédiat
Les récentes inondations à Ksar El-Kebir et dans la région du Gharb ont provoqué d’importants dégâts matériels et économiques. Selon l’économiste Mohammed Jadri, si l’impact sur l’économie locale est lourd à court terme, les prochaines années pourraient paradoxalement bénéficier de ces pluies exceptionnelles, notamment pour l’agriculture et la gestion des ressources hydriques.
Un impact économique immédiat lourd pour la région
Mohammed Jadri souligne que, dans l’immédiat, l’économie locale subit un choc important. « Ksar El-Kebir est devenue une ville fantôme après les inondations. Cette ville, qui générait richesse, emplois et valeur ajoutée, est aujourd’hui paralysée » , explique l’économiste. L’agriculture et le commerce sont directement touchés, avec des pertes considérables pour les exploitants locaux et les habitants des zones inondées.
Cependant, Jadri précise que ces effets restent limités à l’échelle nationale : « L’impact sur l’économie marocaine dans son ensemble est minime, car notre économie est aujourd’hui diversifiée et solide. » Des effets positifs à moyen et long terme
Au-delà des pertes immédiates, l’expert estime que ces inondations pourraient avoir un effet bénéfique dans les prochaines années. Les niveaux d’eau atteints dépassent ceux de 2015, avec près de 12 à 13 milliards de mètres cubes actuellement stockés, soit environ 80 % de la capacité du barrage. « Cela garantit l’approvisionnement en eau potable et en irrigation pour les deux à trois prochaines années » , explique Jadri. Il ajoute que la nappe phréatique et l’humidité des sols devraient se renforcer, offrant un soutien naturel à l’agriculture dans le Gharb et au-delà pour les années 2027 à 2029.
Réviser la stratégie nationale face aux catastrophes naturelles
Pour Jadri, la véritable leçon de ces événements est la nécessité d’une nouvelle approche pour cohabiter avec les changements climatiques, qui rendent les catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes. Il identifie trois axes prioritaires :
Accélérer la mise en œuvre des plateformes de réserve stratégique, avec un budget de 7 milliards de dirhams inauguré récemment par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Réformer le cadre juridique et financier des fonds de lutte contre les catastrophes naturelles, afin que le financement ne repose pas uniquement sur les assurés, mais inclue tous les citoyens via des taxes adaptées.
Développer et promouvoir les produits d’assurance pour couvrir les risques naturels, à l’instar des systèmes européens et américains, afin de soulager l’État et d’assurer un soutien rapide aux sinistrés.
Jadri conclut : « En trois à quatre ans, le Maroc a déjà connu plusieurs catastrophes majeures : le séisme d’Al Hoceima, les inondations du Sud-Est, celles d’El Jadida et d’Asfi, et aujourd’hui Ksar El-Kebir. Il est urgent d’adopter une stratégie globale et durable pour protéger nos citoyens et notre économie locale. »
Source de l’article : Industrie du Maroc



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