Espace Schengen: des files d’attente de 4 heures à prévoir cet été !
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Aéroports européens et compagnies aériennes alertent à nouveau mercredi sur les risques de « graves perturbations » du trafic cet été en raison de la mise en place du nouveau système d’entrée/sortie (EES) dans l’espace Schengen, et réclament une « révision immédiate » . « En l’absence de mesures immédiates visant à apporter une flexibilité suffisante, de graves perturbations pendant les mois de pointe estivaux sont à prévoir, avec des files d’attente pouvant atteindre 4 heures, voire davantage » , indiquent dans un communiqué conjoint la branche européenne du Conseil international des aéroports (ACI Europe), l’association Airlines for Europe (A4E) et l’association internationale du transport aérien (IATA).
Les trois organisations affirment avoir écrit à Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, pour lui signaler des « temps d’attente excessifs » , pouvant aller « jusqu’à deux heures » déjà observés dans l’état actuel du déploiement du nouveau système.
Dans leur lettre au commissaire européen, les trois organisations expliquent avoir pointé notamment « un sous-effectif chronique » des services de contrôles aux frontières, ainsi que des « problèmes technologiques non résolus » en matière d’automatisation. Elles exhortent donc la Commission « à confirmer » que les Etats membres de Schengen « conserveront la possibilité de suspendre partiellement ou totalement l’EES jusqu’à fin octobre 2026.
Quelle est la procédure ?
D’après les explications publiées par le ministère français de l’Intérieur, deux cas de figure sont possibles :
-si le voyageur n’a jamais fait l’objet d’un enregistrement dans EES (il franchit une frontière extérieure de l’espace Schengen pour la première fois depuis l’entrée en service d’EES), il doit fournir l’ensemble de ses données à caractère personnel lors du passage devant les agents chargés du contrôle aux frontières qui relèveront ses empreintes digitales et photographieront son visage avant d’enregistrer le lieu, l’heure et la date du franchissement de la frontière. Ces informations sont conservées dans un dossier numérique individuel qui lui est créé ;
-si le voyageur a déjà fait l’objet d’un enregistrement dans EES (il a déjà franchi une frontière extérieure de l’espace Schengen depuis l’entrée en service d’EES), ses données personnelles figurent déjà dans le système. Les agents chargés du contrôle aux frontières recueillent uniquement ses empreintes digitales ou sa photographie pour vérifier son identité et alimente son dossier individuel avec des fiches d’entrée ou de sortie qui font apparaître la date, le lieu, l’heure du franchissement de la frontière et la durée restante du séjour autorisé. ces contrôles sont donc plus rapides que lors d’une première entrée.
Qu’est-ce qui changera concrètement aux frontières extérieures ?
À partir du 12 octobre 2025, les États membres de l’espace Schengen ont débuté progressivement la collecte des données des voyageurs pour les enregistrer dans EES, d’abord à certains points de passage frontaliers seulement, puis sur leur ensemble à compter du 10 avril 2026.
-Mise en place de dispositif de pré-enregistrement : afin de pouvoir réaliser le pré-enregistrement des données nécessaires à la création de leur dossier EES et ainsi diminuer le nombre de formalités à réaliser par les agents en charge du contrôle frontière, les voyageurs pourront utiliser des bornes en libre-service ou des tablettes (dans les ports). Ces dispositifs facultatifs et gratuits sont installés sur les 25 principaux aéroports, ports et gares ferroviaires du territoire français. Ces dispositifs de fluidification permettent un franchissement plus rapide de la frontière. Le dossier EES sera validé par un garde-frontière au poste de contrôle.
-Fin du tampon sur les passeports : à partir du 10 avril 2026, date à laquelle l’EES sera pleinement opérationnel sur l’ensemble des frontières extérieures de l’espace Schengen, le système EES remplacera le tampon manuel apposé sur les passeports par les autorités en charge du contrôle aux frontières.
Source de l’article : Challenge.ma



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