« Idarati électronique » : une méta-application pour réinventer l’administration publique
Ce mardi 10 février, le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration lance un chantier emblématique de la digitalisation des services publics, avec la signature de conventions autour de la méta-application « Idarati électronique » . Un tournant majeur pour l’accès aux services administratifs au Maroc.
Fini la dispersion, les longues files d’attente et les démarches en papier. Avec la méta-application « Idarati électronique » , lancée aujourd’hui par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, le gouvernement vise à offrir aux citoyens un guichet numérique unifié, où tous les services administratifs seraient accessibles en quelques clics.
Ce projet, présenté comme un accélérateur de la transformation numérique, entend simplifier, accélérer et sécuriser les interactions entre les usagers et les institutions publiques. Soulignons que la digitalisation de l’administration au Maroc n’est pas un chantier naissant. Depuis plusieurs années, le Royaume a amorcé une modernisation progressive de ses services publics.
Selon les données officielles, plus de 600 services publics ont déjà été digitalisés, parmi lesquels des portails emblématiques comme Idarati.ma, Rokhas.ma pour les autorisations d’urbanisme, ou encore moncompteursocial.gov.ma pour le suivi social.
Pourtant, l’utilisateur se retrouve souvent confronté à une expérience dispersée, avec une multitude d’interfaces, d’identifiants, de processus peu harmonisés, et des niveaux d’accessibilité très variables selon les régions et les administrations. La méta-application vise à répondre à cette fragmentation. Elle ambitionne d’intégrer tous les services en ligne existants et futurs dans une seule et même interface, adaptée aux besoins des citoyens et des entreprises.
L’utilisateur pourra se connecter via une authentification unique, consulter ses dossiers en cours, suivre en temps réel l’évolution de ses demandes, recevoir des notifications, et accéder à ses documents administratifs numériques. L’interconnexion entre ministères, services territoriaux, et institutions partenaires est présentée comme l’ossature technique de ce nouvel écosystème.
Des conventions stratégiques pour une mise en œuvre concertée
La rencontre du 10 février matérialise cette ambition par la signature de conventions entre le ministère porteur du projet et différents partenaires institutionnels et technologiques. Parmi les parties prenantes figurent les agences publiques chargées des systèmes d’information, les opérateurs de sécurité informatique, ainsi que des acteurs de la formation et de la certification numérique. Ces conventions s’articulent autour de plusieurs axes fondamentaux.
D’abord, l’interopérabilité des plateformes publiques, condition sine qua non pour que la méta-application fonctionne comme un espace unifié. Ensuite, la protection des données personnelles et la cybersécurité, deux piliers de la confiance des citoyens dans les services numériques.
Enfin, une attention particulière est accordée à l’expérience utilisateur et à la formation des agents publics, afin de garantir que la transition numérique soit effective tant du côté de l’usager que de celui de l’administration. Cette approche concertée vise à éviter les écueils d’une digitalisation déconnectée du terrain et à assurer un déploiement progressif mais solide du projet.
Entre volonté politiquenet défis techniques
Malgré les promesses, plusieurs défis structurels sont à prendre en compte. L’harmonisation des systèmes d’information entre administrations reste un chantier complexe, notamment en raison des héritages techniques, de l’absence de normes communes et des enjeux de gouvernance entre entités publiques.
De plus, la fracture numérique géographique et sociale est un obstacle récurrent. Dans de nombreuses zones rurales, l’accès à Internet reste limité, tandis que la maîtrise des outils numériques n’est pas encore répandue parmi toutes les tranches de la population.
Vers un État-plateforme ?
Ce que propose « Idarati électronique » , au-delà d’un nouvel outil technique, est une transformation profonde de la manière dont l’administration publique interagit avec les citoyens. Il s’agit de passer d’une logique de guichets et de formulaires papier à celle d’une administration proactive, centrée sur l’usager, capable d’offrir des services personnalisés, accessibles à distance, transparents et efficac
es. Cette ambition s’inscrit dans la stratégie « Maroc Digital 2030 » , qui entend positionner le pays comme un hub numérique régional. Le succès du projet reposera sur la capacité à opérer une convergence entre volonté politique, excellence technique, et adhésion citoyenne.
H.K. / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



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