Les États-Unis confirment le nouveau processus sur le Sahara lancé à Madrid et l’ONU indique qu’elle communiquera dès qu’il y aura des résultats clairs

L’engagement américain, pivot du nouvel équilibre des pouvoirs

Madrid, une réunion discrète sous forte tutelle américaine

Un projet d’autonomie élargi pour centrer le processus

Une nouvelle étape décisive dans le processus de résolution du conflit du Sahara marocain est en cours après la réunion de Madrid, avec la décision stratégique prise de proposer une véritable autonomie pour le Sahara sous souveraineté marocaine comme base de négociation, avec un document technique qui reprend la version élargie du plan d’autonomie présenté par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

La mission des États-Unis auprès des Nations unies a fait état de la tenue, à Madrid, de pourparlers qui ont réuni des délégations américaines et de haut rang avec le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, dont l’objet principal était l’application de la résolution 2797 du Conseil de sécurité relative au Sahara.

À New York, Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, a donné la première réponse officielle concernant la réunion de Madrid sur la question du Sahara marocain. Lors de la conférence de presse quotidienne, il a déclaré que « lorsque ces consultations aboutiront à des résultats clairs et annonçables, ils seront communiqués en temps voulu en toute transparence » .

Dans un message diffusé sur le réseau X par la mission américaine, il est indiqué que « la mission des États-Unis auprès des Nations unies a facilité, à Madrid, en Espagne, les discussions entre les délégations de haut niveau des États-Unis et des Nations unies, qui réunissent le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie » .

La même source précise que ces discussions ont été organisées sous les auspices conjoints de Washington et du secrétariat général des Nations unies, dans un cadre multilatéral associant toutes les parties prenantes, et « ont porté sur la mise en œuvre de la résolution 2797 du Conseil international de sécurité relative au Sahara occidental » .

Adoptée en octobre 2025, cette déclaration reconnaît pour la première fois le plan d’autonomie de Rabat comme principale référence pour la recherche d’une solution au conflit du Sahara et prolonge le mandat de la Mission des Nations unies. La mission américaine n’a pas donné plus de détails sur le calendrier des prochaines consultations.

Cette réunion à Madrid marque un tournant politique significatif, consacrant l’abandon de facto des négociations bilatérales défendues par l’Algérie au profit du format des tables rondes soutenu par Rabat. Sous les auspices directs des États-Unis, désormais clairement engagés dans cette affaire, l’initiative marocaine d’autonomie s’impose plus que jamais comme l’axe central, voire exclusif, de toute perspective de règlement.

Cet événement engage plusieurs cycles de discussions qui pourraient durer plusieurs mois, mais il représente néanmoins une avancée politique importante pour le Maroc.

Depuis 2022, l’Algérie n’a cessé de plaider en faveur d’une « reprise des négociations directes entre les deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, en vue d’un accord politique juste et durable » . Cependant, cette approche bilatérale, désormais privée de tout soutien effectif, semble aujourd’hui obsolète.

Le Maroc a obtenu l’adhésion explicite des États-Unis à la formule des « tables rondes » , appelée à réunir le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. Cette configuration multilatérale, défendue depuis longtemps par Rabat, repose sur un principe déterminant : les discussions doivent « s’appuyer sur l’initiative marocaine d’autonomie, dans le cadre de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du Maroc » , ce qui réduit considérablement la marge de manœuvre de la diplomatie algérienne.

Selon des sources américaines, plusieurs réunions sont prévues, celle de dimanche étant la session inaugurale d’un processus qui devrait aboutir cette année à la signature d’un accord politique définitif.

L’engagement américain, pivot du nouvel équilibre des pouvoirs

La participation active des États-Unis à la résolution du différend du Sahara est manifeste, engagée et s’impose comme un fait politique incontournable. L’administration Donald Trump a clairement affiché sa volonté de parvenir rapidement à un accord, évoquant même, à l’automne 2025, la perspective d’un « accord de paix entre l’Algérie et le Maroc dans un délai de soixante jours » , selon les déclarations prononcées fin octobre par Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain pour le Moyen-Orient.

Cette déclaration a marqué un tournant notable dans la position américaine, qui reflète une volonté assumée d’influencer directement les équilibres régionaux, de sortir le dossier du Sahara de l’inertie diplomatique qui le paralysait et, surtout, de ramener le régime algérien à la table des négociations.

Madrid, une réunion discrète sous forte tutelle américaine

La réunion à huis clos de Madrid n’a donné lieu à aucun progrès substantiel, selon des sources espagnoles et américaines, mais elle a permis aux participants de se rencontrer en face à face et de définir la procédure et les bases de négociation dans le cadre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui considère une véritable autonomie pour le Sahara comme la base de négociation la plus réaliste, la plus faisable et la plus durable pour toutes les parties.

Les États-Unis sont à l’origine de cette nouvelle séquence de négociations, destinée à tester les dispositions réelles des différentes parties – le Front Polisario, le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie – avec des délégations de haut niveau réunies sous la supervision de Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique, et Michael Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, et de Staffan de Mistural, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara.

Si le contenu précis des discussions est resté confidentiel, la diplomatie américaine, qui s’implique pour la première fois de manière aussi directe dans ce conflit, a fait savoir qu’elle considérait cette question comme une « priorité absolue » .

La participation à Madrid aux réunions des délégations implique déjà l’acceptation du processus, après les démarches intenses et claires de Massad Boulos, envoyé du président Trump pour l’Afrique, à Alger où il a imposé l’ordre du jour de la réunion basé sur l’application de la résolution 2797 de l’ONU avec la proposition d’autonomie marocaine comme référence de base pour les négociations, comme « la seule qui puisse permettre une solution définitive et juste » .

Un projet d’autonomie élargi pour centrer le processus

Source de l’article : Atalayar

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