une lueur révolutionnaire
Né en 1935 à Saint-Nazaire, l’architecte Jean-Louis Avril grandit à Tours, à Toulon et à Rabat, au Maroc. Formé aux Beaux-Arts de Paris où il obtient son diplôme en 1964, il devient trois ans plus tard l’assistant d’Édouard Albert, le concepteur de la célèbre tour Croulebarbe, dressée face au Mobilier national (Paris 13e), où il emménagera ensuite en famille. Entre-temps, le 15 avril 1966, après l’élaboration de ses prototypes, Avril déposait un brevet d’invention pour son mobilier en carton industriel laqué coloré (peinture Sikkens).
Produit jusqu’en 1973 par la société familiale Marty-LAC, vendu monté par les Galeries Lafayette, Roche-Bobois, Mobilier de France ou encore par les boutiques parisiennes Puzzle ou MOU, ce mobilier en carton gagnera les faveurs d’une presse enthousiaste, qui parla de révolution, de style hardi, encourageant « les jeunes ménages aux goûts avancés » à acheter ces meubles légers aussi solides que s’ils étaient en bois. Delphine Seyrig, Helmut Newton ou le peintre Biagio Pancino adouberont cet oukase ; Charlotte Perriand aussi pour la chambre de sa fille Pernette, et Jean-Pierre Melville pour son night-club du Samouraï avec les chaises bicolores, tandis qu’Andrée Putman commandait des colonnes de rangement pour une boutique de mode à Saint-Tropez.
Avril passera ensuite au bois contreplaqué d’okoumé puis, à la charnière des années 2000, au métal avec la collection « Orthogon » . Exposé dans le monde entier, Jean-Louis Avril fut aussi un chercheur, un enseignant passionné et passionnant. Une riche monographie, parue juste avant son décès survenu en septembre 2025, en narre tout le parcours.
À l’origine, tout en carton
Élaboré selon le principe cylindrique industriel du bidon ou baril en carton, « technique nouvelle pour des formes nouvelles » , le mobilier en carton de Jean-Louis Avril était issu du recyclage de cartons, bois et chiffons. Désigné comme « celloderme » , ce matériau de haute densité pouvait être découpé, plié, thermoformé…
Lancée en 1967, la collection fut développée rapidement au fil des années suivantes. Au total, une trentaine de sièges, tables, rangements et accessoires – coffres à jouets, corbeilles, cintres et luminaires – dont deux lampes millésimées 1969 : « Lune » (noire) et « Soleil » (jaune).
Deux astres bien alignés
Monochromes ou bicolores, composées de trois éléments, les lampes « Lune » et « Soleil » furent produites en très petite série, à moins de 50 unités. Après l’entrée de ces luminaires dans les collections du Centre Pompidou et du musée des Arts décoratifs, leur cote en collection, rareté oblige, flirte allègrement avec les 5 000 €.
Une réédition rayonnante
Source de l’article : Beaux Arts



Laisser un commentaire